Barrages. Les réserves s’érodent de 1,46 milliard de m³ depuis mai
Malgré une baisse de 1,46 milliard de m³ depuis la mi-mai, les barrages marocains affichent encore 11,51 milliards de m³ de réserves, soit un taux de remplissage de 67,5%.

Sous l’effet combiné de la forte chaleur estivale, des évaporations intenses et du soutien massif aux périmètres irrigués, les retenues des barrages ont enregistré un recul d'environ 1,46 milliard de mètres cubes depuis la mi-mai. Malgré ce repli saisonnier, les réserves demeurent à un niveau historiquement élevé par rapport aux exercices précédents.

Après une période de reconstitution particulièrement favorable au printemps, qui avait permis aux barrages marocains de frôler les 13 milliards de mètres cubes à la mi-mai, la saison estivale a entraîné un recul progressif des volumes stockés.Entre la mi-mai et le début du mois de septembre 2026, les réserves ont ainsi diminué d’environ 1,46 milliard de mètres cubes, passant de près de 12,97 milliards de m³ à environ 11,51 milliards de m³. Dans le même temps, le taux de remplissage global est revenu d'environ 76 % à 67,5 %, soit une baisse de près de 8,5 points.La baisse des réserves s'explique d'abord par l'augmentation de la consommation en eau potable, particulièrement lors des épisodes de fortes chaleurs. À cette pression s'ajoutent les volumes mobilisés pour l'irrigation des périmètres agricoles, un besoin particulièrement important durant la période estivale.L'évaporation constitue également un facteur déterminant. Sous l'effet des températures élevées, les retenues perdent naturellement une partie de leurs volumes, avec un phénomène particulièrement marqué dans les régions les plus chaudes du pays.Ainsi, le recul enregistré depuis mai ne traduit pas nécessairement une dégradation brutale de la situation hydrique, mais davantage le fonctionnement normal d'un système soumis aux arbitrages permanents entre consommation domestique, besoins agricoles et préservation des stocks.Malgré ce déstockage estival, le Maroc aborde la rentrée avec un niveau de réserves dépassant toujours les 11 milliards de mètres cubes. Un volume qui offre une situation plus favorable que celle observée au cours de plusieurs exercices précédents, marqués par plusieurs années de stress hydrique et de faibles précipitations.Derrière la moyenne nationale, la réalité demeure toutefois contrastée d'un bassin hydraulique à l'autre. Les bassins du Nord et du Sebou continuent d'afficher des niveaux de remplissage relativement élevés, assurant une meilleure sécurité hydrique pour plusieurs régions et grands centres urbains.À l'inverse, les bassins du Sud et du Sud-Est, notamment dans les zones du Drâa-Oued Noun et du Ziz-Ghéris, restent confrontés à une situation plus fragile, avec des taux de remplissage nettement inférieurs à la moyenne nationale et pouvant évoluer sous la barre des 35 % à 40 % de leurs capacités.