La Mauritanie s’apprête à renforcer la protection des mineurs sur les réseaux sociaux. Le gouvernement prépare un cadre national qui fixerait aux plateformes sociales. La mesure, adoptée par le Conseil des ministres la semaine dernière, prévoit également plusieurs restrictions visant à limiter l’exposition des enfants aux risques numériques.
Parmi les dispositions envisagées figure la désactivation des algorithmes de recommandation pour les mineurs, ainsi que la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique des contenus. Le dispositif prévoit également l’interdiction du ciblage publicitaire des mineurs et le blocage des messages provenant d’utilisateurs inconnus.
Les autorités envisagent par ailleurs d’encadrer les diffusions en direct et l’accès aux plateformes durant la nuit. À ces mesures s'ajouteront un programme de sensibilisation aux risques numériques ainsi qu’un mécanisme de signalement et d’accompagnement destiné aux enfants exposés à des contenus ou comportements dangereux en ligne.
Plusieurs pays africains renforcent leur arsenal
La Mauritanie n’est pas le seul pays africain à envisager des restrictions sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
Au Gabon, une ordonnance adoptée en février 2026 a fixé à 16 ans la majorité numérique. Elle interdit aux moins de 16 ans de créer des comptes sur les réseaux sociaux et certaines autres plateformes numériques, avec des exceptions notamment pour les services éducatifs, culturels et scientifiques. Les plateformes disposent par ailleurs de douze mois pour mettre en place des mécanismes de vérification de l’âge lors des nouvelles inscriptions.
D’autres initiatives sont en cours sur le continent. Le Rwanda travaille sur un dispositif ciblant également les moins de 16 ans, tandis que le Sénégal et le Nigeria étudient différentes mesures portant notamment sur la limitation d’âge, la vérification de l’identité et la responsabilité des plateformes numériques.
L’Union africaine pousse à une meilleure protection des enfants en ligne
Ces initiatives nationales s’inscrivent dans une dynamique continentale plus large. En 2024, l’Union africaine a adopté sa Child Online Safety and Empowerment Policy, un cadre destiné à accompagner les États membres dans le renforcement de la protection des enfants dans l’environnement numérique.
Cette politique ne se limite pas à la question de l’âge d’accès aux plateformes. Elle préconise également le renforcement des législations, une meilleure protection des données et de l’identité des enfants, une plus grande responsabilité des entreprises technologiques, le développement de l’éducation numérique ainsi que la mise en place de mécanismes de signalement et d’accompagnement.
L’enjeu est d’autant plus important que l’exposition des enfants aux risques numériques progresse. Une étude du programme Disrupting Harm, menée dans 13 pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, a indiqué que jusqu’à 20 % des 12-17 ans interrogés avaient été victimes d’une forme d’abus sexuel en ligne au cours des douze mois précédant l’enquête. Ce chiffre ne constitue toutefois pas une moyenne continentale, les résultats variant selon les pays étudiés.
En Mauritanie, le dispositif doit encore passer de l’annonce à la mise en œuvre. Une commission réunissant plusieurs départements ministériels ainsi que les organismes chargés de l’état civil et de la protection des données doit notamment définir les modalités techniques et juridiques du contrôle de l’âge et des autres mesures prévues.
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