À Tétouan, le cinéma méditerranéen se réinvente entre création, transmission et coopération
Du 3 au 10 octobre 2026, la 31e édition du Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan entend faire bien plus que célébrer les films. Ateliers d’écriture, formation de jeunes talents, débats sur les nouveaux modèles du cinéma et dialogue avec Matera : pendant une semaine, cinéastes, producteurs, auteurs et chercheurs se retrouveront pour penser le cinéma méditerranéen, accompagner ses nouvelles voix et imaginer ses prochaines collaborations.
À Tétouan, le cinéma méditerranéen s’apprête à vivre une semaine placée sous le signe de la création et du dialogue. Du 3 au 10 octobre 2026, la 31e édition du Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan proposera, au-delà de ses projections et de ses compétitions, un programme consacré à celles et ceux qui écrivent, produisent, transmettent et pensent le cinéma.Pour cette nouvelle édition, le festival met l’accent sur trois dimensions : faire émerger de nouvelles écritures, transmettre les savoir-faire et renforcer les échanges entre les cinématographies méditerranéennes.Les Ateliers de Tétouan font émerger de nouvelles voixParmi les rendez-vous majeurs de cette édition, les Ateliers de Tétouan reviennent pour la quatrième année. Ce programme accompagne le développement de scénarios de films en cours d’écriture et offre aux jeunes cinéastes un cadre destiné à faire mûrir leurs projets.Pour cette édition, dix projets portés par onze cinéastes venus de Turquie, de Syrie, du Liban, de Tunisie, de France et du Maroc ont été retenus. Fiction et documentaire y dialogueront autour d’univers et d’écritures issus de différents territoires de la Méditerranée.Côté documentaire, les projets sont portés par Otman Salil et Julia Le Noël, coréalisateurs, ainsi que par Faïçal Benaghrou, Zineb Chafchaouni Moussouaoui et Ghina Daou.La sélection fiction réunit Beril Tan, Lina Arious, Oussama Oussous, Reda Lahmouid, Yassine El Idrissi et Siba Younes.Les projets seront soumis à un jury composé du producteur Karim Aitouna, du journaliste senior basé en Angleterre Mohamed Reda, de l’écrivain et analyste politique marocain Bachir Edkhil et de l’actrice et productrice italienne Pilar Saavedra Perrotta.Les participants bénéficieront d’un soutien financier consacré au développement de leur écriture, mais également d’un accompagnement autour de la préparation du pitch et de rencontres avec des professionnels du cinéma.Former les talents de demainLe festival consacrera également une place importante à la transmission avec Talents en Court – « De l’écrit à l’écran, partage d’expérience ».Cette formation de trois jours s’adresse aux étudiants issus de différentes écoles de cinéma et d’art au Maroc. De l’écriture du scénario à la réalisation, les participants seront invités à explorer les principales étapes de fabrication d’un court métrage à travers des ateliers pratiques, des échanges d’expériences et des rencontres avec des professionnels.Le programme sera coordonné par les cinéastes Mohamed Chrif Tribak et Nasser Abdelrahman.L’ambition est de permettre aux jeunes participants de passer de la théorie à la pratique et de mieux comprendre les différentes étapes qui transforment une idée en film.Deux colloques pour prendre le pouls du cinéma méditerranéenLe festival sera également un espace de réflexion sur les profondes mutations que traverse aujourd’hui le secteur.Le premier colloque, « Les nouvelles économies du cinéma en Méditerranée », s’intéressera aux transformations des modèles de production, de financement et de diffusion.À l’heure où les plateformes numériques, l’évolution des marchés et les nouvelles pratiques de consommation bouleversent l’industrie cinématographique, les échanges porteront notamment sur les coproductions, la circulation des œuvres et les possibilités de coopération entre les deux rives de la Méditerranée.Saïd Hamich, Hala Lotfy, Peter Marcias et Caroline Locardi Laraki participeront à cette rencontre, modérée par Khalid Zaïri.Le deuxième colloque, « Films-cinémas : enjeux de réception », s’intéressera au rapport entre les œuvres et leurs publics. Il questionnera notamment la manière dont les films construisent des mémoires, nourrissent les imaginaires et prennent place dans les récits personnels et collectifs.La rencontre réunira la poétesse et scénariste Soukaina Habiballah, l’écrivain Abdelkader Chaoui, le poète et critique d’art Hassan Najmi ainsi que l’écrivain et philosophe Abderrahim Zaid, sous la modération de Zohra Lhioui.De Tétouan à Matera, un cinéma qui rapproche les deux rivesLe dialogue méditerranéen trouvera une autre illustration avec la carte blanche accordée au Matera Film Festival.Cette programmation s’inscrit dans le cadre de la coopération entre Tétouan et Matera, ainsi que de l’initiative Matera, Capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue 2026.En collaboration avec Cinecittà et avec le soutien de plusieurs institutions italiennes, le programme réunira professionnels marocains et italiens autour des perspectives de coopération entre les deux pays.Une conférence institutionnelle permettra de présenter les initiatives développées à Matera en 2026. Un panel consacré aux « Producteurs italiens et marocains : nouvelles perspectives de coproduction » ouvrira ensuite la discussion sur la production, la coproduction, la distribution et le développement de projets communs.Le producteur italien Mario Mazzarotto participera notamment à cette rencontre aux côtés de professionnels marocains.Le public pourra également découvrir une sélection de quatre films du Matera Film Festival, en présence d’une délégation italienne.Cette coopération se poursuivra en novembre 2026 à Matera, où une délégation du Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan prendra part à plusieurs activités aux côtés de personnalités du cinéma marocain.Tétouan, laboratoire du cinéma méditerranéenAvec cette programmation, le Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan entend inscrire sa 31e édition dans une dynamique qui dépasse la seule diffusion des œuvres.Créer, transmettre, réfléchir et coopérer : quatre verbes qui résument l’esprit d’une édition tournée vers les mutations du cinéma et l’émergence de nouvelles générations de cinéastes.Pendant une semaine, Tétouan se transformera ainsi en espace de rencontres entre les différentes cultures cinématographiques de la Méditerranée, avec une attention particulière portée aux nouvelles écritures, aux jeunes talents et aux collaborations internationales.Un rendez-vous où le cinéma ne sera pas seulement projeté à l’écran, mais aussi écrit, discuté, transmis et construit collectivement.