L’économie sénégalaise a accéléré en 2025. Selon les comptes nationaux provisoires publiés le 18 septembre par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 6,5 %, contre 6,3 % en 2024.
Cette performance est principalement portée par le secteur secondaire, dopé par la montée en puissance des activités extractives, dans un contexte marqué par la première année complète de production pétrolière du champ de Sangomar et le démarrage de la production gazière du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Mais derrière cette forte croissance globale, les chiffres révèlent une dynamique plus contrastée. Le PIB hors hydrocarbures n’a progressé que de 2,4 %, contre 3,3 % en 2024. Hors agriculture et hydrocarbures, la croissance ralentit encore davantage, à 2,0 %, contre 4,0 % un an plus tôt.
Le secteur secondaire en première ligne
Le secteur secondaire s’est imposé comme le principal moteur de l’activité économique en 2025. Sa valeur ajoutée a augmenté de 15,9 %, contribuant à hauteur de 4,1 points à la croissance du PIB.
Les activités extractives ont bondi de 62,5 %, tandis que le raffinage et la cokéfaction ont enregistré une progression de 49,4%. Cette envolée traduit notamment l’impact de la montée en puissance de la production d’hydrocarbures.
Le secteur primaire affiche également une progression de 5,5 %. L’agriculture a augmenté de 7,4 %, l’élevage de 5,3 % et la pêche et l’aquaculture de 2,8 %. La sylviculture constitue toutefois une exception, avec un recul de 2,6 %.
Les services ralentissent nettement
Le secteur tertiaire a, en revanche, marqué le pas. Sa croissance est passée de 6,1 % en 2024 à 2,8 % en 2025.
Les activités spécialisées, scientifiques et techniques ont notamment reculé de 17,5 %. L’hébergement et la restauration ont enregistré une hausse limitée à 0,5 %, tandis que l’information et la communication n’ont progressé que de 0,2 %.
Les exportations s'envolent, l’investissement décroche
Du côté de la demande, les exportations de biens et services ont fortement progressé, avec une hausse de 30,7 %, principalement grâce aux exportations d’hydrocarbures. Les exportations de biens ont bondi de 36,5 %, contre 6,8 % pour les services.
La consommation finale a également augmenté de 4,2 %, portée par une progression de 4,0 % de la consommation des ménages et de 4,9 % de celle des administrations publiques.
Le principal point de rupture concerne toutefois l’investissement. La formation brute de capital fixe (FBCF) a chuté de 13,0 % en 2025. L’investissement public a reculé de 36,9 %, tandis que l’investissement privé a diminué de 6,5 %.
Un PIB de 25 767 milliards de FCFA
En valeur courante, le PIB sénégalais a atteint 25 767,3 milliards de FCFA en 2025. Les exportations de biens et services se sont établies à 7 081,3 milliards de FCFA, contre 8 414,5 milliards de FCFA pour les importations.
Les chiffres de l’ANSD dessinent ainsi une économie sénégalaise en pleine transformation : la croissance accélère grâce au pétrole, au gaz et aux activités extractives, tandis que les secteurs hors hydrocarbures progressent plus lentement et que l’investissement recule fortement.
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