Le cinéma africain féminin se donne rendez-vous à Abidjan

Du 1er au 3 octobre 2026, Abidjan sera au cœur de l’actualité cinématographique africaine avec la 6e édition du Salon du cinéma O’Féminin (SCF).

Porté par la promotrice Rita Ambeu, ce rendez-vous dédié au 7e art entend une nouvelle fois mettre en lumière les femmes et les jeunes talents et contribuer à leur meilleure intégration dans l’industrie cinématographique ivoirienne et africaine francophone.

Les grandes lignes de cette nouvelle édition ont été dévoilées mercredi 23 septembre 2026, lors d’une conférence de presse organisée à Abidjan. Au centre des échanges, une problématique majeure pour les créateurs africains : «Distribution et découvrabilité des œuvres cinématographiques en Afrique francophone : difficultés et solutions possibles».

À travers ce thème, le SCF souhaite ouvrir le débat sur les mécanismes permettant d’améliorer la circulation et la visibilité des productions africaines, particulièrement celles réalisées ou produites par des femmes.

Miser sur la formation, le mentorat et le réseautage

Depuis sa création, le Salon du cinéma O’Féminin se positionne comme une plateforme de formation, de mentorat et de réseautage. L’objectif affiché est de renforcer les compétences des femmes, tout en favorisant la transmission entre les professionnels expérimentés et une nouvelle génération de cinéastes.

Pour Rita Ambeu, le SCF ambitionne ainsi de dépasser le cadre d’un simple rendez-vous annuel. L’initiative cherche à contribuer à la structuration durable de l’écosystème cinématographique ivoirien en rapprochant créateurs, producteurs, distributeurs et acteurs institutionnels ou privés.

Cette dynamique vise également à favoriser la création d’une communauté professionnelle capable de développer des collaborations aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’international.

À plus long terme, la promotrice souhaite notamment mettre en place un circuit de projection itinérant dans plusieurs régions de Côte d’Ivoire et favoriser l’émergence d’un véritable marché du court-métrage porté par les jeunes femmes.

Des activités entre création et insertion professionnelle

Pour cette 6e édition, le SCF mise sur un programme combinant formation, rencontres professionnelles et célébration du cinéma.

Parmi les temps forts figure un atelier gratuit consacré aux stratégies de circulation des œuvres africaines, ainsi qu’une formation payante d’initiation au mixage sonore.

Le concours « Pitch O’Féminin » constituera également l’un des rendez-vous majeurs du salon. Cinq jeunes cinéastes seront sélectionnés et bénéficieront d’un accompagnement comprenant notamment mentorat, stages et opportunités de participation à des festivals.

Autre nouveauté mise en avant : l’Espace Carrière, conçu comme un lieu d’information et d’insertion professionnelle. Il réunira masterclass, projections, expositions artistiques et différents modules destinés à accompagner les jeunes dans leur parcours professionnel.

Odo Marie, invitée d’honneur

La 6e édition réunira plusieurs experts et professionnels du secteur. L’actrice, réalisatrice et entrepreneure culturelle Odo Marie sera l’invitée d’honneur de cette édition.

Le salon s’achèvera le 3 octobre par une soirée tapis rouge, qui viendra clôturer trois jours consacrés à la création, à la formation, au partage d’expériences et aux rencontres professionnelles.

Depuis son lancement en 2021, le Salon du cinéma O’Féminin revendique une progression constante. L’initiative compte aujourd’hui 3176 participants enregistrés, plus de 389 personnes formées et 48 jeunes femmes accompagnées.

Le programme a également contribué à la structuration de 10 projets et à la production de six courts-métrages.

Trois de ces productions ont déjà commencé à circuler sur la scène internationale, avec à leur actif plus de 22 sélections et cinq trophées. Les trois autres films seront présentés en exclusivité au public lors de la clôture du salon, le 3 octobre.

Du rayonnement ivoirien à la scène internationale

Le développement du SCF s’inscrit désormais dans une dynamique de coopération internationale. Grâce à un partenariat avec l’Ambassade de France, le Salon du cinéma O’Féminin représentera officiellement la Côte d’Ivoire en 2027 au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand.

Le salon renforce également ses liens avec le Festival du film africain de Bruxelles, qui délocalisera cette année sa 11e édition à Abidjan.

Ces collaborations illustrent la volonté du SCF de faire d’Abidjan un espace de rencontres, de circulation des œuvres et de développement des talents cinématographiques africains.

À travers cette 6e édition, le Salon du cinéma O’Féminin entend donc poursuivre son pari : donner davantage de visibilité aux femmes, accompagner la relève et contribuer à construire des passerelles durables entre les différents acteurs de l’industrie du cinéma en Afrique francophone.**related_articles[23185-À Tétouan, le cinéma méditerranéen se réinvente entre création, transmission et coopération]**