Casablanca se met à l’heure du flamenco : la scène espagnole en mouvement
Du 6 au 26 octobre 2026, Casablanca accueille plusieurs rendez vous du Congrès Mondial du Flamenco. Entre la voix de Lourdes Pastor, la danse de Marco Flores et trois documentaires consacrés aux grandes figures et aux traditions du flamenco, l’Institut Cervantes et l’Ambassade d’Espagne proposent un voyage artistique entre mémoire, création et liberté.
Le flamenco prend possession de Casablanca. Dans le cadre du Congrès Mondial du Flamenco 2026, l’Institut Cervantes de Casablanca et l’Ambassade d’Espagne au Maroc proposent une programmation qui explore les multiples visages de cet art espagnol.Pendant près de trois semaines, musique, poésie, danse et cinéma se succéderont à l’American Arts Center et au Théâtre Studio des Arts Vivants. Une programmation à la fois accessible et exigeante, pensée comme une invitation à découvrir un flamenco vivant, nourri par son histoire mais résolument tourné vers le présent.Lourdes Pastor, entre musique et poésieLe premier rendez vous est fixé au mardi 6 octobre à 20 heures à l’American Arts Center. Lourdes Pastor y présentera À la lumière du 27. De Lorca à Clara Campoamor, une création qui mêle flamenco, chant folklorique et poésie.L’artiste cordouane rend hommage aux grandes figures du Siècle d’argent de la culture espagnole. Son spectacle fait dialoguer la musique et les mots dans une approche où la tradition devient matière à réflexion et à création.Interprète, sociologue et militante des droits humains, Lourdes Pastor s’est imposée comme une voix singulière du flamenco contemporain. Elle sera accompagnée par le guitariste Ángel Dobao Corpas, reconnu pour son travail auprès des chanteurs et danseurs de flamenco.L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles.Marco Flores, la liberté comme langageLe mardi 20 octobre, à 20 heures, le Théâtre Studio des Arts Vivants accueillera Rayuela, une création du danseur et chorégraphe Marco Flores.Le spectacle puise son inspiration dans deux univers réunis par un même nom : le jeu de la marelle et le célèbre roman de Julio Cortázar. Entre ces deux références se dessine une réflexion sur la liberté artistique, l’identité et la quête de soi.Sur scène, Marco Flores sera accompagné par José Manuel Astarida Delgado à la voix et José Tomás Jiménez Villalta à la guitare.Lauréat du Prix National de Flamenco, Marco Flores développe depuis plus de vingt cinq ans une écriture chorégraphique personnelle. Son travail s’inscrit dans le présent tout en conservant un lien profond avec les formes et les codes du flamenco.Les billets sont disponibles sur events.ma et à l’Institut Cervantes de Casablanca.Le flamenco raconté par le cinémaLe mois d’octobre se poursuivra à l’American Arts Center avec un cycle de trois documentaires consacrés au flamenco. Les projections auront lieu les lundis 12, 19 et 26 octobre à 19 heures, en version originale espagnole sous titrée en anglais.Le cycle s’ouvrira avec La Singla de Paloma Zapata. Sorti en 2023, le film revient sur le destin d’Antonia Singla, danseuse née sourde qui apprend à danser sans entendre la musique. À seulement 17 ans, elle connaît une renommée internationale avant de disparaître de la scène quelques années plus tard.Le 19 octobre, Fandango, réalisé par Remedios Malvárez et Arturo Andújar en 2024, emmènera les spectateurs sur les routes de la péninsule Ibérique. Ce road movie musical explore l’histoire et les multiples expressions du fandango, l’une des traditions musicales populaires les plus anciennes d’Espagne.Le cycle s’achèvera le 26 octobre avec Serás Farruquito, signé Santi Aguado et Reuben Atlas. Le documentaire retrace le parcours de Juan Manuel Fernández Montoya, dit Farruquito, entre ascension, épreuves et renaissance. Il revient également sur l’histoire d’une des grandes dynasties gitanes du flamenco.Une scène ouverte sur le flamenco contemporainÀ travers cette programmation, Casablanca accueille un flamenco qui dépasse les frontières de la tradition. La musique y rencontre la poésie, la danse dialogue avec la littérature et le cinéma devient un espace de mémoire.De Lourdes Pastor à Marco Flores, d’Antonia Singla à Farruquito, ces différents rendez vous racontent des trajectoires d’artistes, des héritages et des formes qui continuent d’évoluer.Pendant tout le mois d’octobre, le public casablancais pourra ainsi découvrir un flamenco pluriel, à la fois enraciné et libre, où chaque geste, chaque note et chaque mot devient une manière de raconter l’Espagne autrement.