France. Les lycéens ne décolèrent pas (vidéo)
Ph. AFP

Aux dernières nouvelles, un lycéen a eu la main arrachée ce lundi 5 octobre en ramassant une grenade de désencerclement. Ce drame pourrait attiser davantage la colère de ses camarades.

La mobilisation lycéenne en France entre dans une semaine à haut risque. Lundi 5 octobre, l’AFP a signalé qu’un lycéen avait eu la main arrachée en ramassant une grenade de désencerclement, selon les autorités et une source syndicale policière. Cette blessure pourrait envenimer un conflit déjà marqué par des accusations de répression disproportionnée et renforcer la défiance envers l’exécutif.

«La première des violences, c’est celle des politiques qui sont menées contre la jeunesse», affirme en ce début de semaine Eloïse Lefebvre-Milon. La secrétaire générale de l’Union dit «comprendre» les violences commises par les jeunes, «même si nous on n’y appelle pas».Elle demande au gouvernement des mesures concrètes pour mettre fin au mouvement. Ses déclarations ramènent au premier plan les revendications que les affrontements tendent à éclipser : bâtiments insalubres, classes surchargées, absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Parti de la région parisienne le 17 septembre, le mouvement s’est progressivement étendu, avant de s’enflammer jeudi dans plusieurs villes. Lundi en fin de matinée, 413 établissements avaient connu ou connaissaient des actions ou des perturbations, selon les autorités, citées par l’AFP. Ce chiffre, en baisse de 27 % par rapport à vendredi à la même heure, ne suffit pas à dissiper les craintes d’un embrasement.

Le bilan officiel de la semaine dernière fait état de 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, de 24 établissements incendiés ou saccagés et de 78 personnels de l’Éducation nationale blessés. Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours. La Ligue des droits de l’Homme dénonce une «dérive globale par rapport à l’Etat de droit». Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, défend au contraire la proportionnalité des interventions et accuse LFI de «souffler sur les braises».

Mardi, une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale appelle à rejoindre les mobilisations. La CGT entend aussi encadrer les manifestations pour protéger les lycéens. Sur les réseaux sociaux, les appels à une «semaine noire» de blocages quotidiens se multiplient.

Face à cette colère, l’exécutif promet de premières décisions avant la fin du mois, tout en accélérant le projet de loi «casseurs-payeurs», attendu au Sénat le 27 octobre. Cette réponse, entre annonces différées et durcissement, risque de jeter de l’huile sur un feu déjà crépitant.

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