Colère lycéenne en France. Lourd bilan et flagrantes atteintes aux droits humains
Plus de 6 000 interpellations et plus de 5 000 gardes à vue concernant essentiellement des mineurs, des centaines de blessés, un adolescent à la main arrachée et un autre ayant perdu l’usage d’un œil. Ce lourd bilan de la répression des manifestations lycéennes en France montre ce que valent vraiment les droits humains dans ce pays qui ne cesse de donner des leçons en la matière au reste du monde. La nouvelle mobilisation de ce mardi 6 octobre risque d’aggraver la situation.
Le bilan s’alourdit à mesure que la contestation s’étend. Depuis le 28 septembre, 6 059 interpellations ont été effectuées et plus de 5 000 personnes, essentiellement des mineurs, placées en garde à vue, selon les chiffres du ministère français de l’Intérieur. Parti le 17 septembre de la région parisienne, le mouvement a gagné plusieurs villes et s’élargit désormais avec le soutien des principaux syndicats de l’éducation.Le coût humain est considérable : 215 élèves blessés depuis le début de la mobilisation, selon Matignon, ainsi que 715 policiers ou gendarmes et près d’une centaine de personnels de l’éducation, d’après les chiffres officiels. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage. À Lens, lundi, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade policière.Au fil des manifestations, les accusations de violences policières se multiplient. Dix enquêtes ont été ouvertes par la police française de police.Les dégâts matériels atteindraient environ 20 millions d’euros, selon une première estimation de Régions de France. Lundi, 589 lycées étaient perturbés, contre près de 800 vendredi.Ce mardi, quelque 2 000 policiers et gendarmes doivent encadrer le cortège parisien. Soutenus par les syndicats et rejoints par des étudiants, les lycéens réclament davantage de moyens face aux classes surchargées, aux bâtiments insalubres et aux enseignants non remplacés.**related_articles[23267-France. Les lycéens ne décolèrent pas (vidéo)]**