Installée au Maroc, l’artiste congolaise Yémèyi franchit une nouvelle étape avec « La Femme-Homme », un premier EP de six titres où le slam rencontre la musique. Une œuvre intime et engagée qui explore la maternité, l’identité, les blessures, l’amour et le désir de liberté. Une soirée de lancement est prévue le vendredi 9 octobre à Rabat, en présence de l’artiste.
Elle a choisi les mots pour dire ce qui résiste, ce qui blesse et ce qui renaît. Poétesse slameuse, comédienne, performeuse et coach slam, Yémèyi dévoile le 9 octobre « La Femme-Homme », son premier EP composé de six titres.Installée au Maroc, l’artiste congolaise poursuit avec ce projet un parcours commencé au Congo en 2009, lorsqu’elle découvre le slam à l’Institut français du Congo. Depuis, la scène est devenue son espace d’expression privilégié, celui où elle fait dialoguer l’intime et l’universel.
L'artiste congolaise Yémèyiv sort son premier EP La Femme Homme, un mix de slam, d'intime et de liberté.
Avec « La Femme-Homme », Yémèyi ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre. Ses textes rencontrent la musique de Marc Bizzini, alias TARKO, pour donner naissance à une œuvre située à la croisée du slam et de la musique.Une parole qui transforme les blessures en création« Six titres pour transformer les blessures en matière, les questionnements en mots et les mots en musique. Mon monde s’ouvre à vous. »Cette phrase résume l’esprit de l’EP. Pour donner forme au projet, Yémèyi s’est retirée dans son « officine », son espace de création, afin de façonner une œuvre nourrie par ses expériences, ses questionnements et son regard sur le monde.« La Femme-Homme » est d’abord une histoire de réappropriation. Celle d’une femme qui reprend possession de sa parole, de son corps et de son récit. Celle d’une mère confrontée aux bouleversements de la maternité. Celle d’une femme qui cherche la liberté, traverse ses blessures et se donne la possibilité d’aimer à nouveau.Mais cette parole personnelle dépasse l’expérience individuelle. Elle interroge également les injonctions sociales, les contradictions de notre époque, les fractures du monde et notre capacité à préserver l’espoir et l’humanité.Six titres, six histoiresLe morceau éponyme, « La Femme-Homme », questionne une société qui cherche à enfermer les individus dans des catégories. Yémèyi y revendique le droit d’être multiple, complexe et contradictoire.Avec « Alchimiste », la parole devient un instrument de transformation. Les mots, les images et les rimes transforment le quotidien en matière poétique, sur une musique aux influences métissées.« Par les temps qui courent » élargit la perspective aux bouleversements du monde contemporain. Face aux guerres et au tumulte, la voix de Yémèyi cherche ce qui demeure : l’amour, l’espoir et l’humanité.Dans « Post-partum », l’artiste aborde sans détour les réalités parfois silencieuses de la maternité. Le titre donne une voix aux bouleversements vécus par certaines mères et se veut une parole de soutien, sans jugement.« Libunga » explore la trahison et les choix auxquels une femme, mère et épouse, peut être confrontée. Entre désir de vengeance, volonté de partir et poids des injonctions sociales et familiales, le morceau met en scène un conflit profondément humain.Enfin, « Kaké » ouvre une autre porte, celle de l’amour. Surgissant de manière inattendue, il vient ébranler les certitudes et les défenses construites au fil du temps.Une rencontre musicale avec TARKOPour accompagner ses textes, Yémèyi s’est associée à Marc Bizzini, alias TARKO, pianiste, accordéoniste, compositeur, arrangeur et beatmaker.Son parcours musical traverse de nombreux univers, de la musique classique au jazz, en passant par la chanson, les musiques latino américaines et d’Europe de l’Est, le hip hop et l’électro. Cette diversité nourrit une approche ouverte de la création et offre aux textes de Yémèyi un écrin musical à la fois riche et singulier.Depuis 2024, les deux artistes collaborent également dans le cadre du projet YOKA. Avec « La Femme-Homme », leur complicité artistique prend une nouvelle dimension.De Brazzaville à Rabat, un parcours marqué par la scèneYémèyi découvre le slam en 2009 à l’Institut français du Congo. Cette rencontre marque le début d’un parcours artistique qui la conduit notamment à participer à Étonnants Voyageurs en 2013, à la cérémonie de clôture des Jeux africains en 2015 et au festival Mantsina sur scène.Au Maroc, elle présente notamment « Le Silence déraillé » à l’Institut français de Rabat. En 2026, elle obtient le deuxième prix du Tournoi Slam Rabat.Au fil des années, son écriture s’est construite autour de la quête d’identité, de la liberté, de la résilience et des paradoxes du monde contemporain. Avec « La Femme-Homme », elle choisit aujourd’hui de prolonger cette démarche par la musique.Une soirée de lancement à RabatLa sortie de « La Femme-Homme » sera accompagnée d’une release party le vendredi 9 octobre 2026 à 19 h à Rabat.Cette soirée permettra au public de découvrir l’univers de l’EP et de rencontrer une artiste dont la parole, portée par le slam et la musique, cherche moins à donner des réponses qu’à ouvrir des espaces de réflexion et d’émotion.