Ghana : Accra prépare sa candidature pour intégrer les BRICS

Le Ghana veut rejoindre les BRICS. Accra a annoncé mardi 6 octobre son intention de déposer officiellement une candidature pour intégrer le groupe, dans le cadre d’une stratégie visant à diversifier ses partenariats économiques et diplomatiques.

L’annonce a été faite à Accra par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar.«Le Conseil des ministres du président John Dramani Mahama a décidé que le Ghana rejoindra les BRICS », a déclaré le chef de la diplomatie ghanéenne. Il a toutefois précisé que le pays doit encore formaliser sa demande, obtenir des soutiens et franchir le processus d’admission.La présence du ministre indien des Affaires extérieures à Accra intervient alors que le Ghana cherche à obtenir le soutien de New Delhi, membre fondateur des BRICS, pour accompagner sa candidature.Les relations économiques entre les deux pays connaissent par ailleurs une forte progression. Selon Samuel Okudzeto Ablakwa, leurs échanges commerciaux sont passés d’environ 3 milliards de dollars en 2024 à près de 7 milliards aujourd’hui.Accra et New Delhi ont également signé deux protocoles d’accord portant sur l’agriculture ainsi que les sciences et technologies. Les deux pays souhaitent également renforcer leur coopération dans les secteurs du ferroviaire, de la pharmacie, des technologies de l’information et de la défense.Subrahmanyam Jaishankar a exprimé son soutien aux ambitions du Ghana, tout en rappelant que l'adhésion aux BRICS relève d'une décision collective des pays membres.Pour le gouvernement ghanéen, cette démarche s’inscrit dans la stratégie économique de John Dramani Mahama, baptisée « New Economy ». Celle-ci repose sur sept piliers et vise notamment à favoriser la croissance, la création d’emplois et l’industrialisation du pays.Accra entend également renforcer sa maîtrise de ses ressources naturelles et réduire sa dépendance à l’exportation de matières premières.«Nous ne voulons pas continuer à exporter des matières premières», a souligné Samuel Okudzeto Ablakwa, défendant une politique davantage axée sur la transformation locale et des relations fondées, selon lui, sur un principe de partenariat entre égaux.Le ministre a toutefois insisté sur le fait que le Ghana n’entend pas rompre avec ses partenaires traditionnels. Le pays reste notamment membre des institutions de Bretton Woods et reconnaît le rôle joué par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui lui a apporté environ 700 millions de dollars durant la crise financière de 2023-2024.Six pays africains dans l’orbite des BRICSCréés par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, les BRICS ont accueilli l’Afrique du Sud en 2010. Le groupe s’est ensuite élargi avec l’arrivée de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Iran, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis en 2024, puis de l’Indonésie.Les BRICS distinguent désormais les membres de plein droit des pays partenaires, un statut instauré lors du sommet de Kazan en octobre 2024.L’Afrique compte actuellement six pays dans l’orbite du groupe : l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie comme membres de plein droit, ainsi que le Nigeria, l’Ouganda et l’Algérie comme pays partenaires.Pour l’heure, Accra n’a pas précisé la date à laquelle sa candidature sera officiellement déposée ni le statut recherché. Son admission dépend d’un accord des membres du groupe, les pays fondateurs disposant d’un rôle déterminant dans le processus.Avec cette démarche, le Ghana affiche ainsi son ambition de diversifier ses alliances économiques et diplomatiques tout en conservant ses partenariats traditionnels.**related_articles[23258-Ghana : l’économie rebondi ]**