Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan : Triomphe du film tunisien « Exile »
Le film tunisien Exile de Mehdi Hmili remporte le Grand Prix Tamouda et le Prix de la critique Mustapha Mesnaoui. Festival de Cinéma de Tétouan 2026.

Le rideau est tombé sur la 31e édition du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan, clôturée samedi 10 octobre après huit jours de projections, de rencontres et d’échanges autour des cinématographies du bassin méditerranéen. Le film tunisien Exile, de Mehdi Hmili, a remporté le Grand Prix Tamouda et le Prix de la critique Mustapha Mesnaoui, tandis qu’Omar Lotfi et Safaa Khatimi ont été récompensés pour leurs interprétations dans Mira, de Nour-Eddine Lakhmari.

La 31e édition du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan a consacré Exile, du réalisateur tunisien Mehdi Hmili, en lui attribuant le Grand Prix de la Ville de Tétouan, Tamouda, ainsi que le Prix de la critique Mustapha Mesnaoui. Cette double distinction confirme la place du film au sein d’une compétition marquée par la diversité des regards et des sensibilités cinématographiques.Le jury officiel, présidé par l’actrice espagnole Mónica López, a également distingué Les Survivants du Che, de Christophe Dimitri Réveille, qui a reçu le Prix spécial du jury Mohamed Reggab. Le Prix de la première œuvre Azzeddine Meddour est revenu à Ô mon cœur, de l’Italienne Margherita Spampinato.
Omar Lotfi remporte le Prix d’interprétation masculine pour Mira de Nour-Eddine Lakhmari. Festival de Cinéma de Tétouan 2026.
Le cinéma marocain s’est illustré grâce à Mira, de Nour-Eddine Lakhmari. Omar Lotfi a remporté le Prix d’interprétation masculine, tandis que Safaa Khatimi a décroché celui de la meilleure interprétation féminine. Deux distinctions qui soulignent la contribution des comédiens à cette œuvre.Le jury a par ailleurs accordé des mentions spéciales à Qui est encore en vie, de Nicolas Wadimoff, et à Sucia, de Bàrbara Mestanza et Marc Pujolar. Le jury de la critique a également attribué une mention spéciale à ce dernier film.Un festival ancré dans le dialogue méditerranéenAu-delà de son palmarès, cette édition a réaffirmé la vocation du festival : faire du cinéma un espace de rencontre entre les cultures et les sociétés du bassin méditerranéen.Depuis plus de quarante ans, le rendez-vous de Tétouan contribue à la découverte de cinéastes et d’œuvres parfois peu représentés dans les circuits commerciaux. Dans une ville marquée par une longue tradition cinéphile, il favorise la circulation des films et le dialogue entre les professionnels, tout en renforçant les liens entre le cinéma marocain et les autres cinématographies de la région.
Omar Lotfi et Safaa Khatimi remportent les Prix d’interprétation pour Mira de Nour-Eddine Lakhmari. Festival de Cinéma de Tétouan 2026.
Réalisateurs, acteurs, producteurs, critiques et professionnels venus de plusieurs pays ont ainsi participé à huit jours de projections et de débats, confirmant le rôle du festival comme plateforme de diffusion, de réflexion et de coopération culturelle.Accompagner les nouveaux talentsLa transmission et le soutien à la création ont également occupé une place importante dans cette 31e édition. La quatrième édition des Ateliers de Tétouan a accompagné dix projets de longs métrages, de fiction et de documentaire, portés par onze cinéastes issus de plusieurs pays méditerranéens.Les participants ont bénéficié d’un accompagnement professionnel consacré notamment à l’écriture, à la présentation et au développement de leurs projets. À l’issue des ateliers, trois réalisations ont été récompensées. Le premier prix est revenu à Tabâa, projet de fiction d’Oussama Oussous. Le deuxième prix a distingué le documentaire 26 Love Letters, de Zineb Chafchaouni Moussouaoui, tandis que le troisième a été attribué à Bérénice et moi, documentaire de Ghina Daou.Ces distinctions visent à soutenir la maturation des projets et à faciliter leur recherche de partenaires et de financements, dans un contexte où l’accompagnement des jeunes auteurs constitue un enjeu majeur pour le renouvellement du cinéma méditerranéen.Le programme Talents en Court a, de son côté, réuni des étudiants d’écoles de cinéma et d’art autour des différentes étapes de création d’un court métrage. Le festival a également poursuivi son ouverture à des publics diversifiés grâce à des projections gratuites à la place Feddan, des séances de films d’animation pour les enfants au Cinéma espagnol et des projections accompagnées d’un atelier d’expression artistique à la prison civile de Tétouan.Les colloques organisés en marge des projections ont permis aux cinéastes, auteurs, chercheurs et critiques d’échanger sur les mutations qui traversent le secteur cinématographique.Tétouan et Matera renforcent leur coopérationLa coopération méditerranéenne a constitué un autre temps fort de cette édition, notamment à travers le rapprochement entre le Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan et le Matera Film Festival. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la désignation de Tétouan et de Matera comme Capitales méditerranéennes de la Culture et du Dialogue 2026.Organisée le 4 octobre à Tétouan avec Cinecittà et plusieurs institutions marocaines et italiennes, la rencontre « Route vers Matera » a réuni des producteurs et des professionnels des deux pays autour des perspectives de coproduction, de distribution et de développement de projets.Cette collaboration doit se poursuivre en novembre en Italie dans le cadre de Focus Med. Après avoir accueilli à Tétouan une sélection de films italiens en présence de leurs auteurs et producteurs, le Matera Film Festival recevra une sélection de films marocains proposée par le FCMT, accompagnée d’une délégation marocaine.Une clôture tournée vers l’avenirAvec un palmarès qui distingue des œuvres tunisiennes, marocaines, italiennes et françaises, des ateliers dédiés aux nouvelles générations et des partenariats internationaux appelés à se développer, la 31e édition aura illustré les différentes dimensions du festival : célébrer la création, accompagner les talents et favoriser les échanges entre les deux rives de la Méditerranée.À Tétouan, le cinéma ne se limite pas à la projection des œuvres. Il devient également un outil de dialogue culturel et de coopération professionnelle, au service d’une scène méditerranéenne riche de ses différences et de ses ambitions communes.