Confiance des ménages. Le coût de la vie pèse lourd sur le moral
L’indice de confiance des ménages s’est établi à 59,2 points au troisième trimestre de 2026, en recul par rapport au trimestre précédent, mais en progression sur un an, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). La hausse persistante des prix alimentaires, les inquiétudes liées au chômage et les faibles perspectives d’épargne continuent de peser sur les perceptions des ménages.
La confiance des ménages marocains marque un léger repli au troisième trimestre de 2026. Selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 59,2 points, contre 60,1 points au trimestre précédent. Il demeure toutefois supérieur à son niveau du troisième trimestre de 2025, où il s’était situé à 53,6 points.Les prix alimentaires, principale source d’inquiétudeLa perception de l’évolution des prix alimentaires reste particulièrement défavorable. Au troisième trimestre de 2026, 95,9 % des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des douze derniers mois. Seuls 0,4 % estiment qu’ils ont diminué.Le solde d’opinion associé à cet indicateur s’établit à -95,5 points. Il s’améliore légèrement par rapport au trimestre précédent, où il atteignait -97 points, mais reste identique à celui enregistré un an auparavant.Les anticipations demeurent également orientées à la hausse. Pour les douze prochains mois, 77,9 % des ménages s’attendent à une nouvelle augmentation des prix alimentaires, contre 21,1 % qui anticipent une stabilité et 1 % une baisse. Le solde d’opinion ressort à -76,9 points, contre -75,2 points au trimestre précédent et -81,4 points un an plus tôt.Le niveau de vie reste sous pressionLe sentiment d’une dégradation du niveau de vie demeure largement répandu. Au cours des douze derniers mois, 76,3 % des ménages estiment que leur niveau de vie s’est détérioré, tandis que 18,5 % font état d’une stabilité et 5,2 % d’une amélioration. Le solde d’opinion correspondant s’établit à -71,1 points. Il s’améliore par rapport au trimestre précédent (-73,1 points) et au troisième trimestre de 2025 (-72,9 points).Les perspectives pour les douze prochains mois restent, elles aussi, négatives. Plus de la moitié des ménages, soit 51,7 %, anticipent une nouvelle dégradation de leur niveau de vie. À l’inverse, 39,6 % tablent sur une stabilité et 8,7 % espèrent une amélioration. Le solde d’opinion ressort à -43 points, contre -41,7 points un trimestre auparavant et -44,3 points un an plus tôt.Malgré une évolution plus favorable qu’en 2025 sur certains indicateurs, les ménages restent donc majoritairement pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de vie.Le chômage suscite davantage d’inquiétudesLes anticipations relatives au marché du travail se détériorent également par rapport au trimestre précédent. Au troisième trimestre de 2026, 61,3 % des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des douze prochains mois, contre 17,3 % qui prévoient une baisse.Le solde d’opinion atteint -44 points, contre -38,8 points au trimestre précédent. Il reste néanmoins moins négatif que celui enregistré à la même période de l’année précédente, qui s’élevait à -56,4 points.Cette évolution traduit une dégradation des anticipations à court terme, malgré une perception moins défavorable qu’un an auparavant.Les achats importants reportésLes dépenses en biens durables continuent, elles aussi, de faire l’objet de réserves. Au troisième trimestre de 2026, 63,8 % des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer ce type d’achat, contre 14,5 % qui estiment le contraire.Le solde d’opinion s’établit à -49,3 points. Il s’améliore légèrement par rapport au trimestre précédent (-50,6 points) et plus nettement sur un an, puisqu’il atteignait -57,7 points au troisième trimestre de 2025.Les ménages restent ainsi peu enclins à engager des dépenses importantes, même si leur perception de cette opportunité s’est améliorée sur un an.Une épargne difficileAu troisième trimestre de 2026, 58,2 % déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses. En revanche, 39 % indiquent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne, tandis que seuls 2,8 % affirment pouvoir mettre une partie de leurs revenus de côté.Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle ressort à -36,2 points, un niveau quasiment inchangé par rapport au trimestre précédent (-36,1 points) et à la même période de 2025 (-36,4 points). Concernant l’évolution de leur situation financière au cours des douze derniers mois, 44,9 % des ménages font état d’une dégradation, contre 4,7 % qui signalent une amélioration. Le solde d’opinion s’établit à -40,2 points, contre -38,9 points au trimestre précédent et -46,8 points un an auparavant.Pour les douze prochains mois, les anticipations sont plus partagées : 65,1 % des ménages prévoient une stabilité de leur situation financière, 18,4 % redoutent une dégradation et 16,5 % anticipent une amélioration. Le solde d’opinion ressort à -1,9 point, après 0,1 point au trimestre précédent. Il reste toutefois moins négatif que celui enregistré un an auparavant (-10 points).La capacité future à épargner constitue un autre point de fragilité. Seuls 7,5 % des ménages pensent pouvoir épargner au cours des douze prochains mois, contre 92,5 % qui ne l’envisagent pas. Le solde d’opinion atteint -85 points, après -80,9 points au trimestre précédent et -80,8 points un an plus tôt.