Cosumar. 63 000 hectares et 390 millions de DH pour la nouvelle campagne
Cosumar engage la campagne sucrière 2026/2027 sur 63 000 hectares, avec des réserves hydriques en amélioration et 390 millions de dirhams d’investissements annoncés pour renouveler les équipements agricoles et moderniser l’outil industriel.

Le groupe Cosumar prévoit de consacrer 60 000 hectares à la betterave à sucre et 3 000 hectares à de nouvelles plantations de canne à sucre pour la campagne agricole 2026/2027. L’amélioration des réserves hydriques offre des conditions plus favorables à cette nouvelle saison, qui s’accompagne de 390 millions de dirhams d’investissements industriels et agricoles.

La filière sucrière nationale aborde la campagne agricole 2026/2027 avec des perspectives hydriques plus favorables que celles de l’année précédente. Le groupe Cosumar annonce un programme de 63 000 hectares de plantes sucrières, répartis entre les cinq périmètres agricoles des Doukkala, du Tadla, de la Moulouya, du Gharb et du Loukkos.Ce programme prévoit 60 000 hectares de betterave à sucre et 3 000 hectares de nouvelles plantations de canne à sucre. Les plantations de canne ont démarré le 20 août 2026, tandis que les semis de betterave ont commencé le 15 septembre.Le contexte hydrique constitue l’un des principaux facteurs favorables à cette nouvelle campagne. Selon les données communiquées par le groupe, les barrages alimentant les périmètres sucriers affichent un taux de remplissage de 67 %, contre 32 % à la même période de l’année précédente. Cette amélioration offre une marge plus importante pour l’irrigation, même si les conditions de production dépendront aussi de la disponibilité effective de l’eau et de son utilisation au cours du cycle cultural.Les 60 000 hectares consacrés à la betterave à sucre seront répartis entre plusieurs régions. Les Doukkala concentrent 18 500 hectares, devant le Tadla avec 15 500 hectares et le Gharb avec 15 000 hectares. Le Loukkos accueillera 6 000 hectares, tandis que la Moulouya en comptera 5 000. Pour la canne à sucre, le programme prévoit 3 000 hectares de nouvelles plantations, dont 2 000 hectares dans le Gharb et 1 000 hectares dans le Loukkos.Au-delà des volumes cultivés, ces superficies représentent un enjeu économique pour les territoires concernés. Cosumar estime à plus de 3 milliards de dirhams les retombées économiques attendues de leur mise en valeur. Ce montant constitue une estimation annoncée par le groupe et dépendra notamment du déroulement de la campagne, des rendements obtenus et des conditions de commercialisation.800 millions de dirhams pour les intrants agricolesLa conduite de cette campagne repose également sur l’accompagnement des agriculteurs partenaires. Dans le cadre de son modèle d’agrégation, Cosumar contractualise avec les producteurs et intervient sur différentes étapes du cycle agricole, de l’approvisionnement en intrants jusqu’à la livraison des récoltes aux unités industrielles.Pour la campagne 2026/2027, le groupe indique avoir sécurisé les semences, les engrais et les produits phytosanitaires, dont il assure le préfinancement à hauteur d’environ 800 millions de dirhams.L’encadrement technique est assuré par plus de 120 conseillers agricoles, chargés d’accompagner les producteurs dans les opérations de semis, d’irrigation, de désherbage et de traitement phytosanitaire.Le dispositif intègre également plusieurs outils technologiques, notamment les drones pour les traitements ciblés, la plateforme numérique ATTAISSIR, l’irrigation intelligente et la fertilisation raisonnée. La mécanisation couvre l’ensemble du cycle de production, du semis à la récolte.Dans ce cadre, le groupe prévoit 120 millions de dirhams pour renouveler le parc de machines agricoles dédié aux plantes sucrières. L’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles des producteurs et d’améliorer les conditions d’exécution des travaux agricoles.270 millions de dirhams pour moderniser l’outil industrielLe programme agricole s’accompagne d’un volet industriel. Cosumar annonce 270 millions de dirhams d’investissements destinés à la modernisation technologique et à la mise à niveau de ses capacités de production, notamment pour assurer la réception des récoltes dans de bonnes conditions.Au total, les investissements annoncés pour le renouvellement du parc de machines et la modernisation de l’outil industriel atteignent 390 millions de dirhams. Ces dépenses doivent permettre de préparer les installations aux volumes attendus et de renforcer la coordination entre les opérations agricoles et la transformation industrielle.La réussite de la campagne dépendra ainsi de plusieurs facteurs complémentaires : la disponibilité de l’eau, les conditions climatiques, les rendements agricoles et la capacité des unités industrielles à traiter les récoltes dans les délais requis.La nouvelle saison intervient après une campagne 2025/2026 affectée par les inondations dans les périmètres du Gharb et du Loukkos. Selon Cosumar, la production nationale de sucre blanc issue de la betterave et de la canne à sucre locales s’est établie à 240 000 tonnes. Les rendements moyens déclarés par le groupe ont atteint 55 tonnes par hectare pour la betterave à sucre et 72 tonnes par hectare pour la canne à sucre.Pour soutenir les producteurs touchés et accompagner la filière, plusieurs mesures ont été mises en œuvre durant la campagne écoulée. Les agriculteurs partenaires ont bénéficié d’un appui public de 70 dirhams par tonne de canne à sucre et de 80 dirhams par tonne de betterave. Les engrais distribués ont également été subventionnés, tandis que les dettes des agriculteurs sinistrés du Gharb et du Loukkos ont été annulées au titre de la campagne concernée.Le financement de ces mesures, assuré conjointement par Cosumar et l’État, a mobilisé un montant total de 425 millions de dirhams, selon les chiffres communiqués par le groupe.