Nouveau gouvernement. Zoom sur les nouveaux venus dans l’Exécutif
Le nouvel Exécutif marocain, nommé le 16 octobre 2026, amène de nouveaux profils à la tête de plusieurs départements ministériels. Parcours professionnels, expériences antérieures et principaux défis : bref aperçu sur ces profils.
Leurs nominations sont désormais officielles. Issus de parcours et d’horizons différents, les nouveaux ministres arrivent avec des expériences professionnelles et des trajectoires qu’il convient de décrypter. Qui sont ces nouveaux responsables ? Quels sont les temps forts de leurs parcours et les dossiers prioritaires qui les attendent ? Portraits des nouvelles figures de l’Exécutif.Hassan Tariq, secrétaire général du gouvernement (Technocrate)Hassan Tariq dispose d’un parcours à la croisée du droit, de l’université et des institutions publiques. Titulaire d’un doctorat en droit public de l’Université Mohammed V de Rabat, il a notamment exercé comme professeur-chercheur en droit public et en science politique, député à la Chambre des représentants entre 2011 et 2016, puis ambassadeur du Maroc en Tunisie de 2019 à 2025. Il a également dirigé l’institution du Médiateur du Royaume à partir de mars 2025. Son parcours l’a ainsi conduit de l’enseignement et de la recherche aux fonctions parlementaires, diplomatiques et institutionnelles, avant de prendre la tête du Secrétariat général du gouvernement, au cœur du processus d’élaboration et de suivi des textes législatifs et réglementaires.Youns Bjijou, ministre de la Santé et de la Protection sociale (Technocrate)Youns Bjijou, nommé ministre de la Santé et de la Protection sociale le 16 octobre 2026, est professeur d’anatomie et ancien directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS). Son parcours associe enseignement médical, gestion institutionnelle et développement de partenariats dans le secteur de la santé. Il défend notamment une approche fondée sur la territorialisation des soins, la souveraineté sanitaire et l’intégration des technologies numériques et de l’intelligence artificielle au service des professionnels de santé. À la tête du ministère, il devra accompagner la réforme du système national de santé, le déploiement des groupements sanitaires territoriaux et la poursuite du chantier de généralisation de la protection sociale.Khalid Hatimy, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire (PAM)Ancien député de la circonscription de Taroudant-Sud entre 2021 et 2026, Khalid Hatimy a également exercé des fonctions au sein de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE). À la tête du département de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, il devra notamment poursuivre la mise en œuvre de la stratégie Génération Green, dans un contexte marqué par le stress hydrique et les défis de la sécurité alimentaire. La gestion durable des ressources en eau, le développement de l’irrigation, notamment grâce au dessalement, ainsi que la préservation des ressources halieutiques et la valorisation des produits de la pêche figurent parmi les principaux dossiers de son portefeuille.Abderrahim Chahid, ministre de l’Emploi et du Dialogue social (USFP)Originaire de Zagora, Abderrahim Chahid a construit son parcours politique entre responsabilités territoriales et engagement parlementaire au sein de l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Il a notamment présidé le Conseil provincial de Zagora, où il a travaillé sur des dossiers liés au développement territorial et au désenclavement. Élu député de cette circonscription en 2021, il a ensuite pris la tête du groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des représentants. Il a été réélu député de Zagora lors des législatives du 23 septembre 2026. Il devra désormais contribuer à la mise en œuvre de la politique de l’emploi et au renforcement du dialogue entre le gouvernement, les syndicats et les employeurs.Charafat Afailal, ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable (PPS)Ingénieure de formation, Charafat Afailal fait son retour au gouvernement en tant que ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable, sous les couleurs du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Née en 1972 à Tétouan et diplômée de l’École Mohammadia d’ingénieurs en 1997, avec une spécialisation en hydraulique, elle a travaillé à l’Office national de l’eau potable (ONEP) et au Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). Son parcours politique l’a conduite au bureau politique du PPS dès 2000, puis à la Chambre des représentants, où elle a été élue députée en 2011 et nommée huitième vice-présidente. Elle a déjà exercé des responsabilités gouvernementales en tant que ministre déléguée chargée de l’Eau entre 2013 et 2016, avant la suppression de son secrétariat d’État en 2018. Huit ans après son départ du gouvernement, elle prend la tête d’un département au cœur des enjeux de transition énergétique, de développement des énergies renouvelables et de valorisation des ressources minières, avec notamment le dossier de l’hydrogène vert.Samir Belfkih, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, porte-parole du gouvernement (PAM)Originaire de Sefrou, Samir Belfkih est universitaire et docteur en sciences de l’ingénieur. Professeur de l’enseignement supérieur, il a dirigé l’École nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM) de Rabat et siège au Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Son parcours comprend également un engagement politique au sein du Parti authenticité et modernité (PAM), dont il a brigué la direction lors du quatrième congrès, ainsi qu’un mandat au Conseil régional de Rabat-Salé-Kénitra, où il présidait l’Instance du développement économique. Nommé le 16 octobre 2026 ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, il devient également porte-parole du gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri. Il devra notamment suivre les dossiers liés à l’urbanisme, à l’aide directe au logement et à la politique de la ville, tout en assurant la communication officielle de l’Exécutif auprès des médias et de l’opinion publique.Ahmed Rahhou, ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration (Technocrate)ngénieur de formation, Ahmed Rahhou a construit sa carrière entre secteur bancaire, industrie, diplomatie et régulation économique. Diplômé de l’École polytechnique en 1980 et de Télécom Paris en 1985, il a notamment dirigé Lesieur Cristal entre 2003 et 2009, puis CIH Bank de 2009 à 2019, avant d’être nommé ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne à Bruxelles. De retour au Maroc en 2021, il a pris la présidence du Conseil de la concurrence, fonction qu’il a exercée jusqu’en 2026, avec notamment des travaux sur le fonctionnement de plusieurs marchés. Il prend aujourd’hui, la tête d’un portefeuille au cœur de la modernisation de l’action publique. Ses principaux dossiers portent sur le développement des usages de l’intelligence artificielle, la simplification des démarches administratives, l’interconnexion des services publics et la protection des données, dans un contexte où la souveraineté numérique occupe une place croissante dans les politiques publiques.Jalal Charaf, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie solidaire (Technocrate)Ingénieur diplômé de l’École Centrale Paris en 1999, Jalal Charaf a développé un parcours à la croisée de l’industrie, du management et de la transformation numérique. Il a notamment occupé le poste de directeur général délégué de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) entre 2019 et 2024, avant de rejoindre l’École Centrale Casablanca, dont il a pris la direction générale en octobre 2024. Il a également exercé des responsabilités liées au numérique et à l’intelligence artificielle à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), après des expériences au sein du groupe OCP, de la Société financière internationale et dans le conseil stratégique. Il succède aujourd’hui à Fatim-Zahra Ammor. Il devra notamment accompagner le développement de l’offre touristique, préparer les grandes échéances internationales à venir et renforcer les liens entre tourisme, artisanat et valorisation du patrimoine, tout en mobilisant les outils numériques pour améliorer l’expérience des visiteurs et soutenir les opérateurs du secteur.Najwa Koukouss, ministre de la Famille, du Développement social et de l’Égalité. (PAM)Originaire de Casablanca, Najwa Koukouss est une juriste et responsable politique du Parti authenticité et modernité (PAM), engagée dans les structures de jeunesse de sa formation avant d’accéder à des responsabilités partisanes et électives. Titulaire d’une formation supérieure en droit public et en droit des affaires, elle a notamment présidé le Conseil national de l’Organisation des jeunes du PAM. Son parcours comprend également un mandat à la Chambre des représentants, où elle s’est intéressée aux questions liées aux droits des femmes, à l’enfance et à la protection des catégories vulnérables, ainsi que des responsabilités au niveau communal à Casablanca. Elle prend en charge aujourd’hui un portefeuille au cœur des politiques sociales. Parmi les principaux dossiers figurent la mise en œuvre des réformes du Code de la famille, le renforcement des dispositifs d’aide sociale directe, l’autonomisation économique des femmes et l’amélioration de la prise en charge des personnes en situation de handicap et des personnes âgées.Kouloub Faitah, ministre déléguée auprès de la cheffe du gouvernement, chargée des Relations avec le Parlement et de la Société civile (PAM)Originaire d’Asilah, Kouloub Faitah est avocate au barreau de Tanger et une responsable politique du Parti authenticité et modernité (PAM). Élue députée pour la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma lors des législatives de 2021, elle a siégé à la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme à la Chambre des représentants. Son engagement au sein du PAM l’a également conduite au bureau politique du parti et à la présidence de son organisation féminine. Nommée le 16 octobre 2026 ministre déléguée auprès de la cheffe du gouvernement, chargée des Relations avec le Parlement et de la Société civile, elle aura pour mission de coordonner les relations entre l’Exécutif et les deux Chambres du Parlement, notamment autour de l’examen des textes législatifs et du suivi des politiques publiques. Elle devra également contribuer au renforcement du partenariat entre les pouvoirs publics et les associations, ainsi qu’au développement des mécanismes de participation citoyenne.Ahmed Mehdi Mezouari, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, chargé de la Pêche maritime (USFP)Originaire de Mohammedia, Ahmed Mehdi Mezouari est une figure de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), où il siège au bureau politique et occupe les fonctions de secrétaire régional pour Casablanca-Settat. Ancien député entre 2011 et 2016, il a notamment travaillé au sein de la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants. Nommé le 16 octobre 2026 ministre délégué chargé de la Pêche maritime auprès du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, Khalid Hatimy, il rejoint le gouvernement dans un contexte marqué par les enjeux de préservation des ressources marines et de compétitivité de la filière.Kamal Hachoumi, ministre délégué auprès du ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire, de la Formation professionnelle et de la Qualification, chargé du Préscolaire et de la Lutte contre la déperdition scolaire (USFP)Docteur en droit public, spécialisé en droit constitutionnel et en institutions politiques, Kamal Hachoumi est professeur-chercheur en sciences politiques et en droit constitutionnel à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d’Aïn Sebaâ, relevant de l’Université Hassan II de Casablanca. Ses travaux portent notamment sur les questions constitutionnelles, le fonctionnement parlementaire et l’analyse des politiques publiques. Membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), il possède également une expérience associative, notamment comme ancien secrétaire général de l’Association nationale Chouala pour l’éducation et la culture, ainsi que dans la formation et l’accompagnement de projets liés à l’insertion des jeunes. Nommé le 16 octobre 2026 ministre délégué chargé du Préscolaire et de la Lutte contre la déperdition scolaire, il aura pour mission de contribuer à la généralisation d’un préscolaire de qualité et de renforcer les dispositifs de prévention du décrochage scolaire, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.Madiha Khayr, ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire, de la Formation professionnelle et de la Qualification, chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification (Istiqlal)Titulaire d’un doctorat en droit public, Madiha Khayr est enseignante-chercheuse et membre du Parti de l’Istiqlal. Son parcours universitaire l’a amenée à s’intéresser aux questions de droit administratif, de gouvernance des politiques publiques et aux enjeux liés à la formation. Engagée au sein de sa formation politique, elle a notamment participé aux réflexions sur la promotion des compétences des jeunes et l’adaptation de l’offre de formation aux besoins des territoires. Nommée ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, elle rejoint le pôle éducatif du gouvernement avec pour mission de contribuer au développement des compétences et à l’amélioration de l’employabilité.Fatima Saadi, ministre déléguée auprès du ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, chargée de l’Habitat et de la Politique de la ville (PAM)Née le 8 mai 1969 à Al Hoceïma, Fatima Saadi est une responsable politique du Parti authenticité et modernité (PAM), dont elle est membre de la direction collégiale aux côtés de Fatima Ezzahra El Mansouri et de Mehdi Bensaïd. Son parcours associe engagement politique, responsabilités locales et expérience dans les médias, notamment au sein de la Radio Amazighe de la SNRT. Elle a présidé le Conseil communal d’Al Hoceïma de 2009 à 2015, siégé au Conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et exercé un mandat de députée entre 2016 et 2021, avant de devenir conseillère parlementaire.Salah-Eddine Abkari, ministre délégué auprès du ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, chargé de la Jeunesse (PAM)Titulaire d’une formation supérieure en droit et en gestion des collectivités territoriales, Salah-Eddine Abkari est un cadre du Parti authenticité et modernité (PAM), engagé dans les structures de jeunesse de sa formation politique. Son parcours associe militantisme partisan et expérience de la vie publique locale, notamment autour des questions de développement territorial, d’animation socioculturelle et de participation des jeunes à la vie citoyenne. Nommé le 16 octobre 2026 ministre délégué chargé de la Jeunesse, auprès du ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, il prend en charge un portefeuille directement lié à l’insertion et à l’autonomisation des jeunes.Rachid Hamouni, ministre délégué auprès de la ministre de la Famille, du Développement social et de l’Égalité, chargé de l’Inclusion sociale (PPS)Titulaire d’une licence et d’un diplôme d’études supérieures en droit public, Rachid Hamouni est une figure du Parti du progrès et du socialisme (PPS), dont il est membre du bureau politique. Élu de la circonscription de Boulemane, dans la région de Fès-Meknès, il a présidé le groupe parlementaire du PPS à la Chambre des représentants entre 2021 et 2026. Durant cette période, il s’est notamment exprimé sur le pouvoir d’achat, les disparités territoriales et les questions de justice sociale. Il rejoint l’Exécutif après plusieurs années au Parlement. Son portefeuille porte notamment sur l’accompagnement des populations vulnérables, l’amélioration du ciblage de l’aide sociale directe à travers le Registre social unifié, ainsi que le soutien aux initiatives d’économie sociale et solidaire favorisant l’insertion économique et la lutte contre la précarité.Aïcha Guellaa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration, chargée de la Réforme de l’administration (USFP)Avocate au barreau de Casablanca, Aïcha Guellaa a construit son parcours autour du droit, de la gouvernance publique et de la défense des droits humains. Présidente de l’Association marocaine des droits des victimes (AMDV), elle s’est engagée sur les questions liées à la protection des victimes de violences, à l’accès à la justice et aux garanties accordées aux justiciables. Son expérience juridique l’a également amenée à s’intéresser au fonctionnement des institutions et au cadre réglementaire des services publics. Nommée le 16 octobre 2026 ministre déléguée chargée de la Réforme de l’administration, auprès du ministre de l’Intelligence artificielle et de la Transformation numérique, Ahmed Rahhou, elle est appelée à contribuer à la modernisation de l’appareil administratif. Ses principaux dossiers concernent la simplification des procédures, la dématérialisation des services, le renforcement de la transparence et l’amélioration de la relation entre l’administration et les usagers, tout en veillant au respect des droits et à la sécurité juridique.Abdeljabbar Rachidi, ministre délégué chargé de l’Artisanat et de l’Économie solidaire (Istiqlal)Docteur en sciences politiques et en relations internationales de l’Université Mohammed V de Rabat, Abdeljabbar Errachidi est une figure du Parti de l’Istiqlal dont le parcours associe journalisme, recherche universitaire et responsabilités institutionnelles. Ancien directeur de rédaction du quotidien Al Alam, il a également publié des travaux consacrés à l’analyse politique, à la démocratisation et aux politiques publiques. Son expérience comprend par ailleurs des fonctions de secrétaire général adjoint au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. Membre du comité exécutif de l’Istiqlal, il a notamment présidé le comité préparatoire du 18ᵉ congrès national du parti. Nommé le 16 octobre 2026 ministre délégué chargé de l’Artisanat et de l’Économie solidaire, auprès du ministre du Tourisme Jalal Charaf, il devra accompagner la structuration des filières artisanales, la valorisation des savoir-faire marocains et le développement des coopératives. La formalisation du secteur, l’accès aux marchés et l’amélioration de la protection sociale des artisans figurent également parmi les enjeux de son portefeuille.