Propriété intellectuelle. Le Maroc et les USA font front commun pour protéger les créateurs et les artistes

À Casablanca, le premier Sommet maroco-américain sur la propriété intellectuelle a mis en lumière les enjeux économiques de la protection des créateurs, confrontés au piratage et aux nouveaux défis de l’intelligence artificielle.

Transformer la créativité en richesse et garantir une rémunération équitable aux artistes telle est l’ambition du premier Sommet maroco-américain sur la propriété intellectuelle, organisé les 15 et 16 octobre à Casablanca.

Initiée par la Mission américaine au Maroc et le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en partenariat avec l’American Cultural Association, la rencontre a réuni 25 experts et responsables marocains et américains, ainsi que plus de 130 entrepreneurs créatifs.

« Une protection solide de la propriété intellectuelle permet de transformer le talent créatif en valeur économique durable », souligne le consul général des États-Unis à Casablanca. Selon Christopher Deutsch, une gestion transparente des droits, des licences sécurisées et des systèmes fiables de redevances permet aux créateurs de vivre de leurs œuvres.

Évoquant dans son allocution inaugurale la réussite mondiale d’Hollywood et de l’industrie musicale américaine, le diplomate a souligné que ces secteurs n’auraient pu atteindre un tel rayonnement sans protection juridique efficace. «Ensemble, nous ouvrons des portes commerciales et construisons une prospérité partagée entre nos deux nations», a-t-il insisté.

Pour Mohamed Benyacoub, secrétaire général du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, les industries créatives constituent un levier de croissance, d’emploi et d’émergence de nouveaux talents. Leur développement exige toutefois une meilleure reconnaissance des droits des auteurs et un environnement favorable à l’investissement.

De son côté, Hicham Abkari, directeur des arts au ministère, a plaidé pour faire de la propriété intellectuelle «un pilier majeur du développement» des industries culturelles et créatives.

Pour sa part, Dalal Mhamdi Alaoui, directrice du Bureau marocain du droit d’auteur et des droits voisins, a alerté sur les nouvelles formes de piratage. Certains établissements diffusent désormais de la musique générée par intelligence artificielle pour contester le paiement des droits, alors que des œuvres préexistantes sont parfois exploitées sans autorisation.

Rasha Abdelmagid, spécialiste à l’Office américain des brevets et des marques, a également souligné les difficultés croissantes de traçabilité des contenus numériques.

Autre enjeu majeur soulevé, celui de la Coupe du monde 2030. Le Maroc devra renforcer la lutte contre le piratage des retransmissions sportives afin de protéger les diffuseurs et les détenteurs de droits. Le Royaume s’attaque déjà aux diffusions illégales de contenus télévisés via l’IPTV. Une démarche appelée à se renforcer à la lumière des discussions engagées entre spécialistes marocains et américains.

Entre ateliers juridiques, échanges d’expertise et recommandations, ce sommet aura ainsi posé les bases d’une coopération destinée à faire de la protection des créations un véritable moteur économique.

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