Chocs extérieurs. Le Maroc prépare la parade
La BAD accorde au Maroc 487 millions de dollars pour accélérer les réformes économiques et renforcer la résilience climatique.

Le Conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 487 millions de dollars en faveur du Maroc. Cette enveloppe vise à renforcer la gouvernance économique, stimuler l’investissement privé et améliorer la capacité du Royaume à faire face aux chocs économiques, énergétiques et climatiques.

Le Maroc obtient un nouveau soutien financier de la Banque africaine de développement pour poursuivre ses réformes structurelles. Approuvé mercredi à Abidjan, le financement de 487 millions de dollars s’inscrit dans la troisième phase du Programme d’appui au renforcement de la gouvernance économique et de la résilience au changement climatique.À travers cette opération, la BAD entend accompagner les transformations de l’économie marocaine, avec un double objectif : renforcer les conditions d’une croissance plus dynamique et inclusive et accroître la contribution du secteur privé à l’investissement et à la création de valeur. Le programme prévoit également de recentrer l’intervention de l’État sur ses missions stratégiques.Gouvernance économique et investissement privé au cœur du programmeLe premier volet du financement porte sur l’amélioration de la gouvernance économique et de l’efficacité de l’action publique. Il prévoit notamment un accompagnement de la restructuration des établissements et entreprises publics, la modernisation du cadre des partenariats public-privé et l’amélioration du climat des affaires.Le programme entend également favoriser la mobilisation des investissements privés, en particulier en direction des petites et moyennes entreprises. Le soutien à l’innovation et une meilleure intégration du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales figurent parmi les leviers retenus.Pour Abdallah Coulibaly, directeur du département de la gouvernance et des réformes économiques de la BAD, l’enjeu est de permettre au Royaume d’absorber les chocs extérieurs, qu’ils soient économiques, énergétiques ou climatiques, tout en poursuivant les réformes nécessaires au renforcement de sa résilience et à la stimulation de l’investissement privé.Achraf Tarsim, représentant résident du groupe de la BAD au Maroc, insiste pour sa part la sur la volonté du Royaume de poursuivre ses réformes malgré les contraintes extérieures. Le financement doit ainsi contribuer à accélérer la transformation économique, soutenir la croissance et favoriser la création d’emplois.Eau, électricité et transition bas carboneLe deuxième axe du programme est consacré à la résilience climatique et énergétique. Il prévoit notamment une modernisation de la gouvernance des secteurs de l’eau et de l’électricité, ainsi qu’une meilleure prise en compte des enjeux climatiques dans les politiques publiques.L’objectif est de renforcer la capacité de l’économie marocaine à faire face aux risques climatiques et aux tensions énergétiques, tout en accompagnant sa transition vers un modèle à faibles émissions de carbone.Ce volet intervient dans un contexte marqué par les incertitudes économiques internationales et les tensions liées à la crise au Moyen-Orient, susceptibles d’alourdir les coûts de l’énergie et du transport.Le nouveau financement prolonge les réformes engagées lors des deux premières phases du programme. Il s’inscrit également dans le cadre mondial de réponse aux crises de l’énergie et des engrais de la BAD, destiné à atténuer les effets des fluctuations économiques.Ce dispositif vise notamment à préserver les équilibres budgétaires, à maintenir les dépenses consacrées aux secteurs prioritaires et à assurer la continuité des investissements et des réformes. L’opération s’inscrit dans un partenariat de long terme entre le Maroc et la Banque africaine de développement. Depuis 1978, le Groupe a mobilisé près de 15 milliards d’euros pour financer plus de 150 projets dans le Royaume.Ces interventions ont couvert plusieurs secteurs stratégiques, notamment le transport, l’énergie, l’eau, l’assainissement liquide, l’agriculture et la protection sociale.