PLF 2027. Impôts, retraites, aides sociales… les mesures annoncées pour soutenir le pouvoir d’achat
Le PLF 2027 prévoit plusieurs mesures pour soutenir le pouvoir d’achat, de la baisse de l’IR au renforcement des aides sociales.

De l’allègement de l’impôt sur le revenu à la revalorisation des petites pensions, en passant par la prise en charge de certaines factures d’électricité et le renforcement des aides directes, le gouvernement prévoit plusieurs interventions sur les revenus et les dépenses des ménages à partir de 2027. Un effort qui s’étend également aux circuits de commercialisation des produits de base.

Le projet de loi de finances 2027 place le pouvoir d’achat au cœur de plusieurs mesures présentées jeudi devant le Parlement par Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique. Les annonces portent aussi bien sur la fiscalité des salaires que sur les pensions de retraite, les aides sociales et le coût de certaines dépenses courantes. Une partie de ces dispositions doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027.L’impôt sur le revenu au cœur de la réformeLa fiscalité des salaires constitue l’un des principaux leviers retenus par l’exécutif. La réforme annoncée prévoit une évolution progressive du barème de l’impôt sur le revenu entre 2027 et 2031, avec un relèvement du seuil annuel de revenu net exonéré de 40.000 à 60.000 DH.Le dispositif prévoit également de ramener le nombre de tranches imposables de cinq à trois, avec des taux de 10%, 20% et 30%. Le taux marginal supérieur serait ainsi abaissé de 37% à 30%.Dès le 1er janvier 2027, les salariés percevant moins de 10.000 DH nets par mois seraient exonérés de l’impôt sur le revenu. Selon les chiffres avancés par Fouzi Lekjaa, cette mesure permettrait à 87% des salariés de ne plus payer cet impôt. Pour la majorité des personnes concernées, le gain mensuel est estimé à environ 500 DH.Cette première étape représenterait un coût budgétaire de 5,5 milliards de DH en 2027. Au-delà de l’allègement fiscal, le gouvernement entend encourager l’emploi déclaré et améliorer le revenu disponible des salariés, notamment ceux appartenant à la classe moyenne.Petites pensions : un minimum de 1.700 DH dès janvierLes retraités figurent également parmi les bénéficiaires des mesures annoncées. Le minimum de pension devrait être porté à 1.700 DH par mois à partir de janvier 2027, une disposition qui concernerait 500.000 personnes, dont plus de 150.000 veuves.Le gouvernement affiche, à plus long terme, l’objectif de relever ce minimum à 3.000 DH à la fin de la législature. Une autre mesure concerne directement les pensions de réversion : la part versée aux veuves passerait de 50% à 100% de la pension, selon les annonces du ministre. Cette disposition toucherait 431.000 bénéficiaires. Ces engagements visent à renforcer les ressources des retraités aux revenus les plus modestes et à améliorer la protection financière des veuves.L’électricité et les aides directes également concernéesLe soutien au pouvoir d’achat doit aussi passer par une réduction de certaines dépenses récurrentes. L’État prévoit ainsi de prendre en charge les factures mensuelles d’électricité dont le montant ne dépasse pas 100 DH.Le dispositif concernerait six millions de clients, soit environ 60% de la clientèle, pour un coût annuel annoncé de 2,8 milliards de DH. Il pourrait également bénéficier à certaines petites activités artisanales à faible consommation, notamment dans les zones rurales. Son application est prévue à compter du 1er janvier 2027.Les bénéficiaires de l’aide sociale directe sont également concernés. Le montant minimum mensuel, actuellement fixé à 500 DH, devrait passer à 600 DH dans un premier temps, avant une progression graduelle jusqu’à 1.000 DH. Cette première revalorisation nécessiterait une enveloppe supplémentaire de trois milliards de DH.Autre précision apportée par Fouzi Lekjaa : l’exercice d’une activité professionnelle par l’un des membres d’un ménage ne devrait pas, à lui seul, entraîner la suppression de l’aide. L’enjeu est de permettre aux ménages concernés de conserver ce soutien tout en favorisant l’activité professionnelle.Un milliard de DH pour revoir les circuits de distributionL’action annoncée ne se limite pas aux revenus et aux aides. Le gouvernement prévoit également d’intervenir sur les circuits de commercialisation des produits de base, dans l’objectif de réduire les coûts d’intermédiation et de limiter leur répercussion sur les prix payés par les consommateurs.Une enveloppe d’un milliard de DH serait consacrée à la modernisation des circuits de distribution et des marchés de gros. Le programme comprend aussi la création de six sociétés régionales d’agrégation et de commercialisation dans les principaux bassins agricoles. Une réforme des circuits de commercialisation de la viande et du poisson est également annoncée.