PPS. Mohammed Benmoussa claque la porte, charge Nabil Benabdallah et trace un nouveau cap pour le Mouvement Damir
Mohamed Benmoussa

Dans une lettre ouverte datée du 29 octobre 2026, Mohammed Benmoussa annonce son départ du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) sans cacher sa déception de ne pas avoir été nommé ministre. Il accuse son désormais ex secrétaire général, Nabil Benabdallah, de dérives politiques et appelle à une refondation du paysage partisan marocain, tout en présentant les ambitions du Mouvement Damir, qu’il préside.

C'est une rupture politique fracassante que Mohammed Benmoussa officialise dans une lettre ouverte de neuf pages, intitulée « Ma part de vérité », adressée à Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS et actuel ministre de l'Éducation nationale.Après quatre années de militantisme au sein de cette formation, l’économiste, qui revendique un rôle majeur dans la rédaction du programme électoral du PPS, annonce son départ sans ménager le secrétaire général de cette formation politique. «L’étoile du parti est désormais menacée de la plus honteuse et de la plus ineffaçable des taches», écrit-il, en dénonçant ce qu'il considère comme des manquements à l'éthique, à la transparence et à la loyauté politique.Benmoussa reproche notamment à Benabdallah d'avoir conduit les négociations pour la participation du PPS au gouvernement Mansouri dans «l'opacité la plus totale», sans consultation appropriée du Bureau politique ni mandat du Comité central. Il l'accuse également d'avoir cherché à monopoliser l'exposition médiatique du parti durant les législatives du 23 septembre, au détriment de ses autres cadres.L'ancien militant du PPS revient sur ses propres ambitions ministérielles, qu'il revendique ouvertement. «Oui, Nabil, j’ai voulu être ministre sous les couleurs du PPS », lance-t-il, affirmant que cette ambition était motivée par sa volonté de servir le pays.Il rappelle également son départ de l'Istiqlal en 2022, qu'il explique par des divergences sur le dossier des hydrocarbures et l'avenir de la raffinerie Samir.Au-delà de ce règlement de comptes, Mohammed Benmoussa met en garde son ancien parti contre tout renoncement à ses promesses électorales. Il prévient que des concessions successives au sein du gouvernement pourraient conduire à la «sentence de mort définitive pour le PPS».Il réclame notamment, durant les cent premiers jours du nouvel Exécutif, des mesures fortes en faveur des libertés publiques, de la moralisation de la vie politique et de la lutte contre les conflits d'intérêts. Il rappelle plusieurs objectifs programmatiques, dont l'intégration de 8,5 millions de Marocains à l'assurance maladie obligatoire, la création de 1,4 million d'emplois nets et la réduction du chômage sous la barre des 10%.S'adressant directement à Benabdallah dans ses nouvelles fonctions ministérielles, il l'exhorte à engager une réforme profonde de l'enseignement public. Il insiste sur le recrutement annuel de 18.000 enseignants, l'équipement de plus de 30.000 classes supplémentaires et l'introduction de l'intelligence artificielle dans les apprentissages. «L’argent ne règle pas tout. L’expertise est plus fondamentale», insiste-t-il.Mais la portée de cette lettre dépasse le seul PPS. Mohammed Benmoussa y prononce un réquisitoire contre l'ensemble du système partisan marocain. «Les partis politiques ne sont plus réformables», affirme-t-il, estimant que leurs dirigeants ont perdu leurs principes, leurs valeurs et leur capacité à porter des projets de société distinctifs.Face à ce constat, il présente l'ambition du Mouvement Damir, qu'il préside, de promouvoir un «Nouveau Modèle Politique» fondé sur trois réformes majeures. La première concerne le fonctionnement des partis, la deuxième la moralisation de la vie publique et la troisième la refonte du système électoral.Parmi les mesures proposées figurent la lutte contre l'enrichissement illicite, la transparence patrimoniale des responsables publics, la reconnaissance du vote blanc, la numérisation des élections et l'organisation du vote des Marocains résidant à l'étranger.Benmoussa entend ainsi faire de Damir un mouvement fédérateur, ouvert aux différentes sensibilités politiques et aux acteurs de la société civile.Il conclut sa lettre par un appel à la mobilisation autour d'un nouveau projet collectif, avec une formule qui résume son ambition politique : «participer à la reconquête de l'espoir avant celle du pouvoir».**related_articles[22972-Législatives 2026. Nabil Benabdellah présente les propositions phares du PPS]**