Anouar Ben Boujemaa : «Où sont partis les financements publics reçus par le Parti Marocain Libéral ?»

 

Le mouvement réformateur du Parti Marocain Libéral ne veut pas tourner la page Ziane sans que ce dernier ne rende des comptes sur sa «gestion catastrophique» de cette formation politique. Entretien avec Anouar Ben Boujemaa qui est à la tête de ce mouvement.

Propos recueillis par Farah El Baz

 

lobservateur.info  : Comment décrivez-vous l’état dans lequel se trouve aujourd’hui le Parti Marocain Libéral que vous voulez réformer ?

Anouar Ben Boujemaa : Depuis la création du Parti Marocain Libéral, il y a 18 ans, nous n’avons aucune réalisation à faire valoir aujourd’hui. Nous n’avons ni élus locaux, ni parlementaires, ni conseillers à la deuxième Chambre. Rien, absolument rien !

La cause ?

La vie du parti a toujours été marquée par des décisions unilatérales de son chef. Il n’y a jamais eu de concertation avec les membres dirigeants. Cette mauvaise gestion a atteint son paroxysme avec le communiqué sorti contre des institutions nationales connues et reconnues pour leur crédibilité et leur efficacité. C’était la goutte qui a fait déborder le vase. Nous avons alors lancé notre mouvement pour sauver notre parti et le mettre sur les bons rails. Le Parti Marocain Libéral doit avoir sa place sur l’échiquier politique national. Il doit être un vivier pour les jeunes et doit faire valoir les valeurs de transparence et de démocratie. Il ne doit plus y avoir de place pour l’unilatéralisme ni au donquichottisme.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de réagir ?

A cause des agissements irresponsables et contreproductifs de sa direction, le Parti Marocain Libéral a perdu 90 de ses membres dont de grands militants, connus et reconnus, pour leurs compétences et leur intégrité. A force d’avoir été longuement marginalisés, ils ont fini par claquer la porte. Ceux qui sont restés étaient affligés de devoir subir le mélange du genre qu’il y avait entre ce qui relève du combat personnel ou professionnel avec l’action politique menée au nom du parti. La rupture s’imposait donc et nous l’avons opérée pour couper court à cet esprit chauviniste et dictatorial qui prédominait et qui a complètement détruit notre parti. Nous avons été consternés de voir de nouveaux fronts ouverts, instrumentalisant le parti, dans des attaques diffamatoires ciblant de hauts responsables, des partis, des journalistes, et même des institutions du pays et le pays lui-même.

Rendez-vous est donc pris à la fin de ce mois de janvier pour réussir notre congrès électif qui permettra la résurrection de notre formation politique.

La demande de reddition des comptes revient dans vos sorties. Qu’est-ce que cela veut dire clairement ?

En clair, le parti a reçu des financements publics le long de ses 18 ans d’existence. L’Etat doit savoir où est parti cet argent. C’est pour cela que nous insistons sur la reddition des comptes pour que nous puissions repartir sur des bases saines. Nous voulons asseoir une vraie démocratie interne et nous écarter complètements des «bobards de Jouha».

 

Le Parti Marocain Libéral fixe la date de son congrès

 

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