« Archive (s) Sensible (s) ». L’exposition qui façonne le présent, le passé et le futur

 

Haythem Zakaria

L’espace culturel le Cube Indépendant Art Room à Rabat accueille à partir du 18 février et jusqu’au 26 mars 2021 l’exposition collective baptisée « Archive (s) Sensible (s)». Soutenue par l’Institut Français du Maroc, le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Maroc et Wallonie-Bruxelles International, cette exposition questionne et repense l’archive, sous sa forme en devenir, l’archive « sensible ».

 

 

Au départ de cette exposition, curatée par Laura Scemama, une définition. Celle du philosophe français Jacques Derrida : l’archive est un « objet social qui façonne le présent, le passé et le futur ».

Le commissaire de l’exposition estime que « la dynamique de cette exposition trouve ses racines dans cette définition de Derrida, ainsi que dans les multiples problématiques actuelles liées à la construction des récits historiques, à la restitution des savoirs, et à la préservation des mémoires ».

 

 

 

« A l’ère du digital, confie-t-elle, Internet nous offre la possibilité de stocker tous les savoirs de l’humanité de manière immatérielle. Ainsi, face à la digitalisation de l’archive, cette dernière devient impalpable, et par là même plus fragile car dépendant de la technologie. Face à ce changement de paradigme, le besoin de repenser notre rapport à l’archive en tant que classification subjective de notre histoire ne s’est jamais faite aussi urgent ».

 

Comment repenser notre rapport à l’archive ?

 

 

Cette exposition réunit les œuvres de sept artistes contemporains comme Abdessamad El Montassir, un artiste qui ouvre des espaces de négociation convoquant les micro-histoires, rendues invisibles par l’Histoire officielle, et vise à explorer leur place et leurs enjeux dans les sociétés contemporaines. Originaire de Boujdour, l’artiste analyse et utilise comme point de départ à son travail la zone géographique où il a grandi. Sa démarche artistique prend forme dans des processus réflexifs qui invitent à repenser l’Histoire et les cartographies à travers les récits collectifs et les archives non matérielles, et met en lumière la nécessité de considérer les connaissances et les mémoires orales pour bouleverser les constructions traditionnelles des savoirs.

 

 

L’exposition expose également les œuvres de M’barek Bouhchichi. Au travers de l’installation, de la peinture, du dessin ou de la vidéo, l’artiste formule des modes d’expression partant du discours de l’individu vers des systèmes sociaux, poétiques et historiques plus larges. Le fil rouge de ses œuvres renvoie à une parole individuelle qui permet une réécriture de soi. Il s’agit d’une pensée en actes que l’artiste signifie par le biais de poétiques allers-retours entre l’idée et l’expérience de l’œuvre.

On retrouve également les oeuvres de Mustapha Azeroual, un photographe d’origine franco-marocaine réputé par son travail fondé sur l’observation et l’expérimentation et son processus créatif construit autour de la question du photographique et de la matérialité de l’image.

 

 

Autre point de vue exposé, celui de Haythem Zakaria, un artiste transdisciplinaire tunisien. Inspiré par la cosmogonie et la spiritualité, son travail consiste dans une expérimentation constante de la possible conjonction de différents systèmes et disciplines (sociologie, économie, ethnographie, etc.). En basant sa pratique esthétique sur une approche transdisciplinaire, Haythem Zakaria utilise une grande variété d’outils et de techniques. Il explore de nouvelles méthodes dans une quête continue d’archétypes à travers les nouvelles technologies (programmation interactive, installations, différents types de capteurs) mais aussi avec des médiums plus classiques (photographies, vidéos, dessins, sculptures).

 

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