Médias britanniques. L’avenir n’est plus clair

La BBC1, qui est le porte-étendard la chaine de télévision publique britannique (BBC), a vu son audience régresser à 43% entre 2019 et 2024. L’audience d’ITV, une des grandes chaînes de télévision du pays, a, quant à elle, chuté à 30%.
Le lectorat du Daily Mail et du Mail on Sunday a baissé à 13%, alors que celui du Guardian et de son édition dominicale The Observer, s’est installé à 10%.
Toujours selon le rapport, de plus en plus de Britanniques s’informent sur Internet et sur les réseaux sociaux comme YouTube, TikTok, Instagram et X.
Sous le titre « l’avenir de l’information », le rapport de la commission tire la sonnette d’alarme, estimant que le Royaume-Uni fait face à « la sombre » perspective d’avoir un journalisme à deux vitesses : un journalisme de haute qualité réservé à une élite restreinte, et un autre peu fiable ouvert au grand public.
La perspective est inquiétante, constate la commission, qui souligne que les tendances actuelles du secteur, telles que la détérioration du modèle économique du journalisme traditionnel, l’affaiblissement de la confiance du public et le nombre croissant de personnes évitant activement les médias mainstream accentuent le malaise de la presse dans le pays.
Il s’agit, d’après les Lords britanniques, d’une situation qui risque d’atteindre le niveau de « fracture irréparable » dans les 5 à 10 années qui viennent, lit-on dans le rapport, élaboré sur la base d’évaluations fournies par des groupes de presse, des broadcasters nationaux, des chercheurs, des think-tanks et des géants de la nouvelle technologie.
La Baronne Stowell, présidente de la commission (parti conservateur/opposition), estime que le danger d’avoir un journalisme à deux vitesses « est réel ». Il existe un risque de développement d’un environnement d’information à deux vitesses, dans lequel les passionnés d’information auront accès à un contenu d’excellente qualité, tandis qu’une large proportion du public s’appuiera sur les informations généralement peu fiables qu’elle peut trouver sur les réseaux sociaux, indique-t-elle, appelant à une action urgente pour protéger le secteur.
Elle a, en particulier, mis l’accent sur la nécessité d’une action décisive de la part du gouvernement en vue de mettre en place le cadre juridique approprié pour gérer la concurrence dans le secteur des médias. Un tel cadre doit être doté des moyens nécessaires pour permettre à l’industrie de l’information de s’adapter aux changements et continuer à s’épanouir, a dit la Baronne, prévenant que tout échec de faire face à la nouvelle réalité posée par les médias sociaux et les nouvelles technologies aura des conséquences « sombres » sur la société.
Avec AFP

