Casablanca. Immersion dans le 1er Sommet mondial des lauréates du programme américain TechWomen
Programme américain d’échange professionnel visant à autonomiser, connecter et soutenir des femmes leaders dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques (STEM) tient actuellement, à Casablanca, son tout premier Sommet mondial. Du vaste brainstorming ayant lieu à cette occasion pourraient émerger de nouvelles idées techno-entrepreneuriales.
130 anciennes participantes TechWomen et 40 mentors bénévoles d’une vingtaine de pays sont réunies à Casablanca, à l’initiative de la direction de ce programme à Washington, pour échanger leurs expériences et sonder les pistes possibles de coopération.
«C’est un programme important qui se déroule au Maroc, un pays où la participation des femmes dans l’économie et les domaines technologiques est encouragée, grâce à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI», a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis à Rabat en marge de l’ouverture du 1er Sommet mondial de TechWomen. Puneet Talwar souligne que c’est d’autant plus important que cet évènement, auquel tient le gouvernement américain, se tient à un moment où le monde fait face à de nombreux défis exigeant la contribution de tous les talents pour la recherche de solutions.
Au milieu d’anciennes TechWomen de diverses nationalités qui emplissent la grande salle du Bercelo Anfa d’une ambiance joyeuse, la directrice du programme, Katie Zee est tout sourire. «Il s’agit de construire des ponts, de stimuler l’innovation, de se reconnecter les unes avec les autres, et nous sommes ravies de réunir tant d’anciennes participantes du programme et de mentores», déclare-t-elle.
Et Zee d’ajouter : «Nous sommes ici au Maroc parce qu’en plus d’être le carrefour de nombreuses communautés et cultures, le pays a une longue histoire avec le programme TechWomen. À son lancement en 2011, le Royaume a été l’un des premiers pays à y participer et compte aujourd’hui l’un des plus grands nombres d’anciennes participantes. De plus, le Maroc a une économie très innovante, ce qui en fait un endroit idéal pour les femmes qui sont à la pointe de l’innovation dans les domaines STEM».
La directrice de TechWomen précise que ce sommet est le premier du genre au niveau mondial.
Il réunit «près de 170 personnes de 21 pays en plus des États-Unis : environ 130 anciennes participantes et 40 mentors bénévoles».
En faisant le tour, l’équipe de L’Observateur du Maroc a croisé des ingénieures travaillant dans le secteur énergétique, des startupers de l’agritech, des informaticiennes, des biotechnologistes, et d’autres TechWomen engagées dans des technologies vertes, entre autres.
Le Maroc représenté en force
Lamiae Benmakhlouf, directrice générale de Technopark Morocco, est parmi la vingtaine de TechWomen marocaines présentes au Sommet. Estimant à plus de 70 le nombre de ses concitoyennes ayant participé à ce programme, depuis son lancement, elle insiste sur le la nécessité de mieux soutenir les femmes et d’encourager leur nomination à des postes de responsabilité. En évoquant son expérience à TechwoMen qui lui a permis, en 2016, une immersion à la Silicon Valley, elle affirme qu’à son retour, elle a été nommée à la tête du Technopark.
La «Tech Social Entrepreneure» Nezha Larhrissi abonde dans le même sens, soulignant qu’il s’agit d’une expérience transformatrice. Elle invite les femmes leaders dans la tech à postuler pour l’édition 2025 de TechWomen, ouverte jusqu’au 7 janvier.
Ce programme, qui favorise la sororité entrepreneuriale, a aidé Larhrissi, en 2013, à passer des télécoms où elle travaillait au développement durable où elle a creusé son sillon.
L’Observateur du Maroc a pu recueillir un témoignage similaire de la part d’Edith Mugehu. Cette jeune zimbabwéenne, aujourd’hui mentor après avoir été participante se dit prête à tendre la main à d’autres jeunes. «Le ciel n’est même pas une limite», lance-t-elle avec le sourire. Des participantes kenyanes partagent son avis, son enthousiasme, ainsi que sa joie de découvrir le Maroc par la porte de Casablanca.
En chiffres, depuis 2011, TechWomen a bénéficié à quelque 1.200 participantes, selon Katie Zee. «Nous entendons souvent dire que TechWomen est un catalyseur de changement», déclare-t-elle en mettant en exerce le vaste réseautage qu’il favorise.
«Je pense que de plus en plus, se lancer dans une carrière dans les STEM est vraiment une voie pour contribuer à rendre le monde meilleur. C’est pourquoi j’encourage les filles et les jeunes du monde entier à explorer ces domaines, à poursuivre leurs études et à être curieuses, car chacun peut faire la différence, que ce soit dans sa vie personnelle, dans sa communauté, ou à l’échelle mondiale», conclut-elle.

