Le Cameroun parie sur les services pour soutenir sa croissance
L’économie camerounaise confirme sa transformation structurelle.
Lilia Habboul
Yaoundé, capitale du Cameroun
Selon les Comptes nationaux publiés par l’INS en août 2025, le secteur tertiaire a porté la croissance à 3,5 % en 2024, représentant désormais 55 % de la valeur ajoutée. Les services financiers (+6,5 % en moyenne depuis 2019) et les télécommunications (+5,3 %) tirent la dynamique, soutenus par une consommation privée en hausse de 3,5 %.
Cette tertiarisation s’accompagne de signaux positifs dans le primaire. L’agriculture d’exportation progresse de 9,5 %, permettant au cacao de franchir la barre symbolique de 1 000 milliards FCFA d’exportations en 2024, tandis que le coton contribue à réduire le déficit commercial, passé de 2 004 milliards FCFA en 2023 à 256 milliards en 2024. La couverture des importations s’est ainsi rapprochée de 85 %, un niveau inédit depuis plusieurs années.
Certes, l’industrie manufacturière ne pèse encore que 12-15 % du PIB, mais les perspectives se consolident. La Stratégie nationale de Développement 2020-2030 (SND30) prévoit d’amener l’industrie à 24 % du PIB d’ici 2030, en misant sur la transformation locale des matières premières. Les zones économiques spéciales, déjà actives dans l’agro-industrie et le bois, bénéficient d’incitations fiscales qui attirent des projets privés, malgré un climat des affaires encore perfectible.
Avec une croissance projetée à 4 % en 2025 et une diversification progressive des moteurs économiques, le Cameroun dispose d’un potentiel de rebond. En s’appuyant sur la consommation intérieure, l’essor des services et la montée en gamme de ses exportations agricoles, le pays garde ouverte la perspective d’une émergence inclusive, tout en renforçant sa résilience face aux chocs externes.

