Bakary Yaou Sangaré : « L’Initiative Royale Atlantique nous a offert une bouée de sauvetage stratégique »
Pour le ministre des Affaires étrangères du Niger, Bakary Yaou Sangaré, l’Initiative Royale Atlantique lancée par le Roi Mohammed VI représente bien plus qu’un projet stratégique, c’est une bouée de sauvetage géopolitique, économique et logistique. Dans un contexte de pressions régionales, d’isolement forcé et d’injustices internationales, le Maroc a été « le premier pays à ouvrir ses portes » et à offrir une alternative vitale aux pays du Sahel.
Mounia Kabiri Kettani
Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères du Niger.
À Tanger, lors de sa première participation au Forum MEDays, le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré du Niger, a reconnu que l’Initiative Royale Atlantique portée par le Roi Mohammed VI a marqué un tournant décisif pour le Niger, un pays longtemps enclavé, confronté aux sanctions et aux pressions politiques.
Dans un monde déséquilibré marqué par gouvernance financière mondiale « injuste et chaotique » et un accès au financement devenu paradoxal, le responsable nigérien a expliqué que les pays du Sahel — Niger, Mali, Burkina Faso — ont dû s’unir pour créer la Confédération des États du Sahel (CES). Mais alors que certains cercles régionaux envisageaient de les sanctionner, voire de les isoler, un pays a choisi l’ouverture : le Maroc.
Le ministre raconte un épisode révélateur : invité à Rabat pour une réunion sans dimension bilatérale, il y rencontre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui interrompt un déplacement à l’étranger pour le recevoir. « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous ? », lui aurait demandé le chef de la diplomatie marocaine.
C’est à ce moment qu’est présentée l’Initiative Royale Atlantique, permettant au Niger d’accéder à la mer via le futur port atlantique de Dakhla, une alternative stratégique après la fermeture du port de Cotonou au Bénin et le durcissement de la CEDEAO.
Pour le Niger, l’accès à l’Atlantique marque le début d’une véritable rupture stratégique. Il ouvre un débouché maritime plus direct vers l’Europe, permet de réduire fortement les coûts logistiques et rend possible l’importation rapide de machines et de technologies indispensables à l’industrialisation. Cette connexion offre également au Niger l’opportunité de développer ses propres unités de transformation, de créer de l’emploi local et d’exporter des produits à forte valeur ajoutée plutôt que des matières premières brutes. Une bascule majeure vers un modèle économique plus souverain et plus compétitif. « Nous avons arrêté d’exporter nos ressources. Nous allons les transformer chez nous. Et pour cela, les machines viendront par Dakhla », affirme le ministre.
Le ministre nigérien des Affaires étrangères a également détaillé une série d’appuis jugés déterminants dans l’un des moments les plus critiques que son pays ait traversés. Il rappelle d’abord l’aide agricole d’urgence : 15 000 tonnes d’engrais fournies par le Maroc, qui ont permis de sécuriser les campagnes agricoles à un moment où le Niger en avait un besoin vital. Il évoque ensuite la mise en service d’une centrale électrique Mohammed VI, inaugurée en un temps record. À cela s’ajoute le soutien politique et diplomatique du Royaume lorsque le Niger faisait face à de fortes pressions régionales. « Au moment où la CEDEAO se préparait à nous attaquer, le Maroc nous aidait à trouver des solutions », affirme-t-il, soulignant que cet appui constant a souvent fait la différence entre l’isolement et la résilience.
Gazoduc Nigeria–Maroc, un projet stratégique
Le chef de la diplomatie nigérienne a également mis en avant l’importance stratégique du méga-projet gazier long de 6 000 km. Selon lui, ce pipeline continental permettra d’alimenter près de 300 millions de personnes en énergie, tout en générant des centaines de milliers d’emplois le long de son tracé. Il offrira surtout une opportunité historique aux nouveaux producteurs comme le Niger, qui pourront enfin exporter leur gaz au lieu de le brûler faute de capacités de stockage ou d’acheminement. « Aujourd’hui, nous brûlons notre gaz faute de capacité. Avec le gazoduc, nous allons pouvoir le vendre », insiste-t-il, estimant que ce projet transforme profondément la place du Sahel dans l’économie énergétique régionale.
Dans un monde déséquilibré marqué par gouvernance financière mondiale « injuste et chaotique » et un accès au financement devenu paradoxal, le responsable nigérien a expliqué que les pays du Sahel — Niger, Mali, Burkina Faso — ont dû s’unir pour créer la Confédération des États du Sahel (CES). Mais alors que certains cercles régionaux envisageaient de les sanctionner, voire de les isoler, un pays a choisi l’ouverture : le Maroc.
Le ministre raconte un épisode révélateur : invité à Rabat pour une réunion sans dimension bilatérale, il y rencontre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui interrompt un déplacement à l’étranger pour le recevoir. « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous ? », lui aurait demandé le chef de la diplomatie marocaine.
C’est à ce moment qu’est présentée l’Initiative Royale Atlantique, permettant au Niger d’accéder à la mer via le futur port atlantique de Dakhla, une alternative stratégique après la fermeture du port de Cotonou au Bénin et le durcissement de la CEDEAO.
Pour le Niger, l’accès à l’Atlantique marque le début d’une véritable rupture stratégique. Il ouvre un débouché maritime plus direct vers l’Europe, permet de réduire fortement les coûts logistiques et rend possible l’importation rapide de machines et de technologies indispensables à l’industrialisation. Cette connexion offre également au Niger l’opportunité de développer ses propres unités de transformation, de créer de l’emploi local et d’exporter des produits à forte valeur ajoutée plutôt que des matières premières brutes. Une bascule majeure vers un modèle économique plus souverain et plus compétitif. « Nous avons arrêté d’exporter nos ressources. Nous allons les transformer chez nous. Et pour cela, les machines viendront par Dakhla », affirme le ministre.
Le ministre nigérien des Affaires étrangères a également détaillé une série d’appuis jugés déterminants dans l’un des moments les plus critiques que son pays ait traversés. Il rappelle d’abord l’aide agricole d’urgence : 15 000 tonnes d’engrais fournies par le Maroc, qui ont permis de sécuriser les campagnes agricoles à un moment où le Niger en avait un besoin vital. Il évoque ensuite la mise en service d’une centrale électrique Mohammed VI, inaugurée en un temps record. À cela s’ajoute le soutien politique et diplomatique du Royaume lorsque le Niger faisait face à de fortes pressions régionales. « Au moment où la CEDEAO se préparait à nous attaquer, le Maroc nous aidait à trouver des solutions », affirme-t-il, soulignant que cet appui constant a souvent fait la différence entre l’isolement et la résilience.
Gazoduc Nigeria–Maroc, un projet stratégique
Le chef de la diplomatie nigérienne a également mis en avant l’importance stratégique du méga-projet gazier long de 6 000 km. Selon lui, ce pipeline continental permettra d’alimenter près de 300 millions de personnes en énergie, tout en générant des centaines de milliers d’emplois le long de son tracé. Il offrira surtout une opportunité historique aux nouveaux producteurs comme le Niger, qui pourront enfin exporter leur gaz au lieu de le brûler faute de capacités de stockage ou d’acheminement. « Aujourd’hui, nous brûlons notre gaz faute de capacité. Avec le gazoduc, nous allons pouvoir le vendre », insiste-t-il, estimant que ce projet transforme profondément la place du Sahel dans l’économie énergétique régionale.
