Cinema
Le FIFM rend hommage à Jodie Foster

Des scènes mémorables de “Taxi Driver” aux ombres poignantes du “Silence des agneaux”, chaque image vibrait comme un témoignage de l’unicité de son talent, de sa grâce sensible et d’une empreinte artistique capable de marquer à jamais le cœur des spectateurs.

Ravie d’être honorée à Marrakech, la star américaine a tenu à exprimer ses vifs remerciements à Sa Majesté le Roi Mohammed VI et à SAR le Prince Moulay Rachid, Président de la Fondation du Festival.
Elle a aussi remercié les organisateurs du Festival pour cet hommage ainsi que pour l'accueil chaleureux qui lui a été réservé au Maroc, "un coin du monde fascinant, beau, mystérieux et vibrant".
Lors de cette soirée empreinte d’émotion, les projecteurs ont mis en lumière les scènes les plus marquantes de la carrière de Jodie Foster, un acte de reconnaissance vibrant devant un public conquis. Les extraits choisis, tant de ses rôles d’actrice que de ses œuvres derrière la caméra, ont rappelé l’étendue d’un parcours façonné avec rigueur, audace et sensibilité. L’actrice, doublement oscarisée, a confié que « le cinéma nous offre quelques heures où nous pouvons rêver, vivre et appartenir à une communauté profondément humaniste », une phrase qui résonne comme une déclaration d’amour au 7ᵉ art.
Le président du jury Bong Joon Ho a salué l’intelligence de ses choix artistiques, la force de son regard, capable, selon lui, de « remplir l’écran ».

Dans une séquence émouvante, le réalisateur, scénariste et producteur Martin Scorsese est intervenu par vidéo, adressant ses félicitations à Jodie Foster et rappelant leur première collaboration, dans « Alice n’est plus ici » (1974), avant de la diriger dans « Taxi Driver » (1976) alors qu’elle n’avait que 12 ans.
Plus de 50 ans de carrière au compteur
Avec plus d’un demi-siècle passé sous les feux des projecteurs, Jodie Foster s’impose comme l’une des figures les plus incontournables d’Hollywood. Son nom résonne instantanément dans les esprits des cinéphiles, tant pour l’intensité de ses performances que pour la cohérence remarquable de sa carrière.
Légende vivante du grand écran, l’actrice de 63 ans a grandi sur les plateaux de tournage, enchaînant les rôles depuis l’âge de six ans. Doublement oscarisée pour « The Accused » en 1989, dans lequel elle incarne une jeune femme victime de viol cherchant justice, et pour « The Silence of the Lambs » en 1991, dans le rôle culte de l’agent du FBI Clarice Starling ; Foster a gravé son nom dans la mémoire du cinéma. Ces deux rôles, âpres et puissants, révèlent l’étendue de son talent : une capacité à incarner des personnages profondément humains, vulnérables mais déterminés.
Mais Jodie Foster ne s’est pas limitée à l'interprétation : dès 1991, elle explore avec audace les coulisses du cinéma en devenant réalisatrice, avec le film « Little Man Tate ». Elle y ajoute « Home for the Holidays » (1995), puis, au fil des années, divers projets variés, preuve que sa maîtrise du 7ᵉ art ne connaît pas de frontière.
Entre thrillers tels que « Panic Room » ou « Flight plan », œuvres de science-fiction comme Contact, et drames intimistes, Foster explore une palette d’émotions et de genres étendue. À chacune de ses apparitions, elle prouve qu’elle n’est pas seulement une star, mais une actrice capable de se renouveler, d’éclairer des rôles complexes et de captiver par la nuance et la vérité de son jeu.
Francophone et francophile, la comédienne fan du cinéma d’auteur, a aussi tourné plusieurs longs-métrages en France, et réalise elle-même le doublage en français de la plupart de ses films.
Son dernier film « Vie privée », présenté à Cannes puis à Marrakech ce soir, est un drame orchestré par la réalisatrice Rebecca Zlotowski, dans lequel elle donne la réplique (en français) à Virginie Efira et Daniel Auteuil. « J’ai trouvé le scénario sublime, a-t-elle confié, juste avant la projection du film. J’étais enchantée à l’idée de tourner en France, entourée de véritables comédiens français, de partager ce sentiment si particulier qu’offre le cinéma, celui d’être une famille, de respirer ensemble un même souffle. Et c’est ce souffle que j’ai retrouvé ici, en France. »
Au fond, ce qui définit Jodie Foster, au-delà des récompenses, des rôles mythiques ou de son passage derrière la caméra, c’est cette intensité rare, cette sensibilité artistique qui traverse les décennies, et ce désir constant de raconter des histoires fortes, humaines, marquantes. Son nom est devenu un symbole, celui d’une actrice engagée, exigeante, et toujours digne des plus grandes scènes.
