Mohamed Beavogui : «La crise mondiale est une opportunité historique pour transformer l’Afrique»
En marge des Atlantic Dialogues, Mohamed Béavogui, ancien Premier ministre de Guinée plaide pour une accélération des réponses africaines face au recul du multilatéralisme. Crises globales, fragilisation du multilatéralisme et urgence africaine : pour lui, l’Afrique doit transformer les chocs actuels en leviers de souveraineté économique et d’intégration régionale, en s’appuyant sur des initiatives structurantes comme la vision atlantique portée par le Maroc.
Mounia Kabiri Kettani
Mohamed Béavogui, ancien Premier ministre de la Guinée.
En marge des Atlantic Dialogues, Mohamed Beavogui, ancien Premier ministre de la République de Guinée voit dans l’actuelle conjoncture mondiale une occasion rare pour l’Afrique de redéfinir sa trajectoire de développement.
D’emblée, il dresse le constat d’un monde en profonde recomposition. « Nous vivons une transformation accélérée, amorcée par la pandémie de Covid-19, amplifiée par le changement climatique et désormais contrainte par la multiplication des conflits », observe-t-il. Une dynamique globale dont l’Afrique, et en particulier la région du Sahel, subit de plein fouet les répercussions sécuritaires, économiques et sociales.
Dans ce contexte, Mohamed Beavogui insiste sur l’urgence de revoir les cadres d’action publique, tant au niveau national que régional. La remise en cause du multilatéralisme traditionnel, qu’il qualifie de « fragmenté, voire abandonné », impose selon lui de nouvelles approches plus pragmatiques, ancrées dans les réalités régionales.
C’est précisément là que des plateformes comme les Atlantic Dialogues prennent tout leur sens. « Ces rencontres offrent un espace rare de réflexion stratégique, réunissant des acteurs de l’ensemble de l’espace atlantique pour penser ensemble des solutions concrètes », souligne-t-il.
L’Afrique face à ses propres responsabilités
Pour Mohamed Beavogui, la réponse aux défis actuels ne peut venir uniquement de l’extérieur. Elle doit d’abord être africaine. Il plaide ainsi pour une accélération des dynamiques d’intégration continentale, à commencer par la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), levier clé pour stimuler le commerce intra-africain et réduire la dépendance aux marchés extérieurs.
Le renforcement des institutions financières africaines est également au cœur de sa vision. Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank ou autres instruments régionaux doivent, selon lui, devenir de véritables moteurs de financement du développement, capables de répondre aux besoins croissants des économies africaines.
L’Initiative Atlantique du Maroc, un tournant stratégique
Parmi les réponses structurantes évoquées, Mohamed Beavogui met en avant la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à travers l’Initiative Atlantique. Il en souligne les deux piliers majeurs : l’énergie et les infrastructures. Le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc constitue, selon lui, un levier stratégique pour « capillariser le potentiel énergétique de toute la façade atlantique africaine ». À cela s’ajoute une ambition infrastructurelle visant à désenclaver les pays sans accès à la mer, afin de leur permettre d’intégrer pleinement les chaînes de valeur régionales et mondiales. « Ces initiatives offrent à l’Afrique la possibilité de se transformer en profondeur et de sortir des schémas de marginalisation hérités de l’histoire », affirme-t-il.
De la crise à l’opportunité
Loin d’un discours alarmiste, Mohamed Beavogui adopte un ton résolument optimiste. « La crise est une opportunité », martèle-t-il, estimant que les bouleversements actuels peuvent servir de catalyseur à une Afrique plus intégrée, plus résiliente et plus souveraine.
Il rappelle que la croissance du continent africain demeure aujourd’hui supérieure à celle de nombreuses régions du monde développé, portée notamment par sa démographie et son potentiel humain. « L’Afrique est le deuxième continent au monde en termes d’accélération de la croissance », note-t-il, appelant les jeunes générations à s’emparer de cette dynamique.
S’adressant directement à la jeunesse africaine présente aux Atlantic Dialogues, Mohamed Beavogui conclut sur un message de confiance : « Nous comptons sur vous. Cette transformation est en marche, et elle vous appartient. » Pour lui, les visions stratégiques portées par certains leaders africains, combinées à l’engagement des nouvelles générations, peuvent permettre au continent de franchir un cap historique.
Dans un monde en recomposition, l’Afrique, loin d’être spectatrice, pourrait ainsi devenir l’un des acteurs centraux du prochain cycle de croissance mondiale.
D’emblée, il dresse le constat d’un monde en profonde recomposition. « Nous vivons une transformation accélérée, amorcée par la pandémie de Covid-19, amplifiée par le changement climatique et désormais contrainte par la multiplication des conflits », observe-t-il. Une dynamique globale dont l’Afrique, et en particulier la région du Sahel, subit de plein fouet les répercussions sécuritaires, économiques et sociales.
Dans ce contexte, Mohamed Beavogui insiste sur l’urgence de revoir les cadres d’action publique, tant au niveau national que régional. La remise en cause du multilatéralisme traditionnel, qu’il qualifie de « fragmenté, voire abandonné », impose selon lui de nouvelles approches plus pragmatiques, ancrées dans les réalités régionales.
C’est précisément là que des plateformes comme les Atlantic Dialogues prennent tout leur sens. « Ces rencontres offrent un espace rare de réflexion stratégique, réunissant des acteurs de l’ensemble de l’espace atlantique pour penser ensemble des solutions concrètes », souligne-t-il.
L’Afrique face à ses propres responsabilités
Pour Mohamed Beavogui, la réponse aux défis actuels ne peut venir uniquement de l’extérieur. Elle doit d’abord être africaine. Il plaide ainsi pour une accélération des dynamiques d’intégration continentale, à commencer par la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), levier clé pour stimuler le commerce intra-africain et réduire la dépendance aux marchés extérieurs.
Le renforcement des institutions financières africaines est également au cœur de sa vision. Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank ou autres instruments régionaux doivent, selon lui, devenir de véritables moteurs de financement du développement, capables de répondre aux besoins croissants des économies africaines.
L’Initiative Atlantique du Maroc, un tournant stratégique
Parmi les réponses structurantes évoquées, Mohamed Beavogui met en avant la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à travers l’Initiative Atlantique. Il en souligne les deux piliers majeurs : l’énergie et les infrastructures. Le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc constitue, selon lui, un levier stratégique pour « capillariser le potentiel énergétique de toute la façade atlantique africaine ». À cela s’ajoute une ambition infrastructurelle visant à désenclaver les pays sans accès à la mer, afin de leur permettre d’intégrer pleinement les chaînes de valeur régionales et mondiales. « Ces initiatives offrent à l’Afrique la possibilité de se transformer en profondeur et de sortir des schémas de marginalisation hérités de l’histoire », affirme-t-il.
De la crise à l’opportunité
Loin d’un discours alarmiste, Mohamed Beavogui adopte un ton résolument optimiste. « La crise est une opportunité », martèle-t-il, estimant que les bouleversements actuels peuvent servir de catalyseur à une Afrique plus intégrée, plus résiliente et plus souveraine.
Il rappelle que la croissance du continent africain demeure aujourd’hui supérieure à celle de nombreuses régions du monde développé, portée notamment par sa démographie et son potentiel humain. « L’Afrique est le deuxième continent au monde en termes d’accélération de la croissance », note-t-il, appelant les jeunes générations à s’emparer de cette dynamique.
S’adressant directement à la jeunesse africaine présente aux Atlantic Dialogues, Mohamed Beavogui conclut sur un message de confiance : « Nous comptons sur vous. Cette transformation est en marche, et elle vous appartient. » Pour lui, les visions stratégiques portées par certains leaders africains, combinées à l’engagement des nouvelles générations, peuvent permettre au continent de franchir un cap historique.
Dans un monde en recomposition, l’Afrique, loin d’être spectatrice, pourrait ainsi devenir l’un des acteurs centraux du prochain cycle de croissance mondiale.
