Barrages. Une nouvelle législation face aux risques hydriques
Face à des pluies exceptionnelles et aux inquiétudes liées à l’état de certains ouvrages anciens, le gouvernement a adopté un décret fixant de nouvelles règles strictes pour la surveillance et l’évaluation des barrages. Objectif : prévenir tout risque d’accident et moderniser la gestion des infrastructures hydrauliques.
Mounia Kabiri Kettani
Le Maroc instaure un cadre légal renforcé pour la surveillance et la sécurité de ses barrages, face aux crues, aux séismes et à l’usure des infrastructures.
Barrages sous tension : le Maroc renforce la sécurité après les alertes hydriques
Les barrages marocains, dont certains ont plus de 50 ans, sont aujourd’hui soumis à des pressions inédites, tant sur le plan hydrologique que structurel. Face à ces défis, le Conseil de gouvernement a examiné, le 5 février, un projet de décret visant à renforcer la sécurité des barrages et à standardiser leur contrôle.
Une classification pour optimiser les investissements
Le décret introduit une classification en trois catégories (A, B, C) selon la hauteur et la capacité de stockage. Cette segmentation permettra aux autorités de concentrer les ressources sur les ouvrages stratégiques. Les barrages de catégorie A, dont la défaillance pourrait provoquer des pertes économiques majeures, feront l’objet d’inspections quotidiennes et d’audits tous les cinq ans. Pour les catégories B et C, la fréquence est adaptée pour équilibrer coûts de surveillance et efficacité.
Chaque barrage disposera désormais d’un jumeau numérique permettant de simuler l’impact d’une crue et de prévoir les interventions nécessaires. Les investissements dans ces technologies visent à réduire les coûts liés aux incidents hydrauliques, qui peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de dirhams en pertes directes et indirectes pour l’agriculture, l’énergie et les infrastructures locales.
Le séisme de septembre 2023 a rappelé que le risque combiné crue-séisme peut avoir des conséquences économiques dramatiques. Le décret prévoit l’installation de capteurs sismiques et d’auscultation dynamique pour les barrages dans les zones à risque.
Le parc hydraulique des années 70 et 80, incluant Idriss 1er (1973) et Al Massira (1979), subit une fatigue structurelle accrue. Le remplacement des vannes anciennes et la modernisation des mécanismes de vidange constituent des investissements urgents pour garantir la continuité du stockage et limiter les pertes économiques.
Surveillance et prévention : un arbitrage économique
Le projet de décret établit un équilibre entre surveillance régulière et audits approfondis. Les barrages de catégorie A et B sont surveillés quotidiennement, tandis que les C font l’objet d’une surveillance hebdomadaire. En cas d’événements exceptionnels (séisme ≥ 5 sur l’échelle de Richter, crues extrêmes), un suivi renforcé est déclenché. Cette logique permet de prévenir les catastrophes coûteuses, comme celles qui pourraient affecter le secteur agricole, l’irrigation industrielle et la production hydroélectrique.
L’amélioration de la sécurité hydraulique ne se limite pas à la protection des vies : elle est directement corrélée à la stabilité économique. Les barrages assurent l’irrigation de milliers d’hectares agricoles, la production d’électricité et la régulation des crues dans les zones urbaines. Selon les experts, une défaillance majeure d’un barrage stratégique pourrait coûter plusieurs milliards de dirhams en dommages directs et en pertes de production.
Pour compléter le dispositif, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a annoncé la création d’une brigade spécialisée regroupant plongeurs, géotechniciens et experts en hydraulique pour inspecter les fondations des barrages. Ce recours à des compétences pointues et à des technologies avancées vise à limiter les risques économiques et à sécuriser un capital essentiel pour l’économie nationale.
Les barrages marocains, dont certains ont plus de 50 ans, sont aujourd’hui soumis à des pressions inédites, tant sur le plan hydrologique que structurel. Face à ces défis, le Conseil de gouvernement a examiné, le 5 février, un projet de décret visant à renforcer la sécurité des barrages et à standardiser leur contrôle.
Une classification pour optimiser les investissements
Le décret introduit une classification en trois catégories (A, B, C) selon la hauteur et la capacité de stockage. Cette segmentation permettra aux autorités de concentrer les ressources sur les ouvrages stratégiques. Les barrages de catégorie A, dont la défaillance pourrait provoquer des pertes économiques majeures, feront l’objet d’inspections quotidiennes et d’audits tous les cinq ans. Pour les catégories B et C, la fréquence est adaptée pour équilibrer coûts de surveillance et efficacité.
Chaque barrage disposera désormais d’un jumeau numérique permettant de simuler l’impact d’une crue et de prévoir les interventions nécessaires. Les investissements dans ces technologies visent à réduire les coûts liés aux incidents hydrauliques, qui peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de dirhams en pertes directes et indirectes pour l’agriculture, l’énergie et les infrastructures locales.
Le séisme de septembre 2023 a rappelé que le risque combiné crue-séisme peut avoir des conséquences économiques dramatiques. Le décret prévoit l’installation de capteurs sismiques et d’auscultation dynamique pour les barrages dans les zones à risque.
Le parc hydraulique des années 70 et 80, incluant Idriss 1er (1973) et Al Massira (1979), subit une fatigue structurelle accrue. Le remplacement des vannes anciennes et la modernisation des mécanismes de vidange constituent des investissements urgents pour garantir la continuité du stockage et limiter les pertes économiques.
Surveillance et prévention : un arbitrage économique
Le projet de décret établit un équilibre entre surveillance régulière et audits approfondis. Les barrages de catégorie A et B sont surveillés quotidiennement, tandis que les C font l’objet d’une surveillance hebdomadaire. En cas d’événements exceptionnels (séisme ≥ 5 sur l’échelle de Richter, crues extrêmes), un suivi renforcé est déclenché. Cette logique permet de prévenir les catastrophes coûteuses, comme celles qui pourraient affecter le secteur agricole, l’irrigation industrielle et la production hydroélectrique.
L’amélioration de la sécurité hydraulique ne se limite pas à la protection des vies : elle est directement corrélée à la stabilité économique. Les barrages assurent l’irrigation de milliers d’hectares agricoles, la production d’électricité et la régulation des crues dans les zones urbaines. Selon les experts, une défaillance majeure d’un barrage stratégique pourrait coûter plusieurs milliards de dirhams en dommages directs et en pertes de production.
Pour compléter le dispositif, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a annoncé la création d’une brigade spécialisée regroupant plongeurs, géotechniciens et experts en hydraulique pour inspecter les fondations des barrages. Ce recours à des compétences pointues et à des technologies avancées vise à limiter les risques économiques et à sécuriser un capital essentiel pour l’économie nationale.
