Cuba. Un immeuble du parti communiste attaqué par des citoyens mécontents

Selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, plusieurs manifestants ont fait irruption dans le bâtiment situé dans la commune de Morón, d'où ils ont extrait des documents, des ordinateurs et des meubles qu'ils ont ensuite brûlés dans la rue.
Selon le journal local Invasor, cinq personnes ont été arrêtées à la suite de ces "faits de vandalisme".
Déjà secouée par une profonde crise économique, l'île de 9,6 millions d'habitants est désormais confrontée à des pénuries massives de carburant et à des coupures d'électricité prolongées, et de nombreux Cubains expriment leur mécontentement en public par des protestations nocturnes qui, dans la plupart des cas, se limitent à des concerts de casseroles.
Deux habitants de Morón, contactés par téléphone par l'AFP, ont témoigné d'une manifestation massive.
"Il y avait énormément de monde, les gens n'en peuvent vraiment plus", a assuré l'un deux, sous couvert d'anonymat, faisant état de seulement une heure et demie d'électricité par jour.
Il a ajouté que dans cette commune d'environ 70.000 habitants, tous les hôtels, principale source d'emploi, restent fermés en raison de la crise du carburant et de la chute du tourisme.
Washington impose depuis janvier un blocus énergétique de facto à Cuba, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine l'île située à seulement 150 km des côtes de la Floride.
Les relations entre les deux pays se sont tendues après l'attaque des Etats-Unis contre le Venezuela le 3 janvier et les menaces répétées de Donald Trump, qui a exhorté le gouvernement cubain à "conclure un accord" avant qu'il ne soit trop tard.
Le président américain ne cache pas son désir de voir un changement de régime à Cuba et applique une politique de pression maximale, en raison des relations de l'île avec la Russie, la Chine et l'Iran.
Cuba a confirmé vendredi être en pourparlers avec les Etats-Unis et a commencé à libérer des prisonniers politiques dans le cadre d'un accord avec le Vatican, un médiateur historique entre ces deux ennemis idéologiques.
Avec AFP

