Carburants. Quand la hausse va plus vite que la baisse
Le Conseil de la Concurrence vient de publier sa note de suivi sur les prix des carburants pour la deuxième quinzaine de mars 2026. Dans un contexte de forte volatilité mondiale, l'analyse révèle les mécanismes de transmission des prix et pointe du doigt des pratiques commerciales qui peinent à s'adapter totalement à la libéralisation du marché.
Mounia Kabiri Kettani
La hausse des cours internationaux des carburants se répercute de manière inégale au Maroc, révélant un marché encore marqué par des ajustements asymétriques et une libéralisation incomplète.
Dans sa dernière note d’analyse, le Conseil de la concurrence met en évidence une intensification de la hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux entre mi-mars et début avril 2026. Cette volatilité n'est pas sans conséquence pour le Maroc, dont la dépendance aux importations de produits raffinés reste totale.
Selon les données du Conseil, cette intensification de la hausse à l'international a mis sous pression les structures de coûts des opérateurs nationaux, obligeant une révision des tarifs à la pompe pour maintenir l'équilibre des approvisionnements.
Gasoil, une répercussion incomplète des hausses
Le gasoil, principal carburant consommé au Maroc, enregistre une transmission partielle des hausses internationales. Entre le 16 mars et le 1er avril 2026, les cotations ont augmenté de +2,18 DH/L, contre une hausse de +1,72 DH/L à la pompe, soit un écart cumulé de -1,35 DH/L sur le mois. Selon le Conseil de la concurrence, le taux de répercussion s’améliore toutefois, atteignant 79 % contre 69,5 % auparavant, sous l’effet d’ajustements liés aux stocks et aux stratégies commerciales.
À l’inverse, l’essence affiche une sur-répercussion : des hausses internationales de +1,26 DH/L puis +1,37 DH/L ont été traduites par des augmentations de +1,43 DH/L et +1,53 DH/L à la pompe, soit un différentiel positif de +0,33 DH/L. Le Conseil explique cette situation par un mécanisme de compensation entre produits, même si son impact reste limité, l’essence ne représentant qu’environ 13 % du chiffre d’affaires du secteur.
L'un des points clés de la note réside dans l'analyse de la corrélation entre les cours mondiaux et les prix nationaux. Le Conseil de la Concurrence a examiné si la hausse subie par les importateurs a été fidèlement, ou excessivement, transmise aux consommateurs marocains.
L'analyse conclut à une certaine cohérence globale, mais souligne des nuances importantes :
• La vitesse de transmission : Les opérateurs réagissent rapidement aux hausses internationales pour préserver leurs marges.
• L'asymétrie des prix : Le Conseil observe parfois une "rigidité" à la baisse, où les diminutions des cours mondiaux mettent plus de temps à se refléter à la pompe que les augmentations.
Malgré la libéralisation du secteur, le Conseil de la Concurrence relève une pratique persistante : l'alignement des opérateurs sur les dates de révision des prix (traditionnellement les 1er et 16 de chaque mois).
Cette pratique, héritée de l'ancien système de régulation, est aujourd'hui jugée contre-productive. En révisant leurs prix à des dates identiques et avec des variations similaires, les pétroliers limitent la fluidité de la concurrence. Le Conseil insiste : chaque opérateur devrait fixer ses tarifs en fonction de ses propres stocks, de ses conditions contractuelles d'achat et de sa stratégie commerciale réelle.
Pas d'entente, mais un manque de souplesse
Si le gendarme de la concurrence n'a pas relevé de comportements "anticoncurrentiels" (ententes illicites) sur cette période précise, il n'en demeure pas moins critique sur le manque de différenciation entre les acteurs du marché.
Le maintien d'un calendrier rigide freine la répercussion optimale des fluctuations internationales. Pour le Conseil, le marché gagnerait en efficacité si les prix devenaient le reflet des spécificités de chaque réseau de distribution plutôt qu'un mouvement d'ensemble uniforme.
Si les prix internationaux continuent de dicter la tendance, leur transmission au consommateur final demeure asymétrique et partiellement contrainte par des pratiques héritées.
Pour le Conseil de la concurrence, l’enjeu est désormais double : renforcer la transparence du marché et favoriser une formation des prix plus fluide, mieux alignée sur les fondamentaux économiques.
Selon les données du Conseil, cette intensification de la hausse à l'international a mis sous pression les structures de coûts des opérateurs nationaux, obligeant une révision des tarifs à la pompe pour maintenir l'équilibre des approvisionnements.
Gasoil, une répercussion incomplète des hausses
Le gasoil, principal carburant consommé au Maroc, enregistre une transmission partielle des hausses internationales. Entre le 16 mars et le 1er avril 2026, les cotations ont augmenté de +2,18 DH/L, contre une hausse de +1,72 DH/L à la pompe, soit un écart cumulé de -1,35 DH/L sur le mois. Selon le Conseil de la concurrence, le taux de répercussion s’améliore toutefois, atteignant 79 % contre 69,5 % auparavant, sous l’effet d’ajustements liés aux stocks et aux stratégies commerciales.
À l’inverse, l’essence affiche une sur-répercussion : des hausses internationales de +1,26 DH/L puis +1,37 DH/L ont été traduites par des augmentations de +1,43 DH/L et +1,53 DH/L à la pompe, soit un différentiel positif de +0,33 DH/L. Le Conseil explique cette situation par un mécanisme de compensation entre produits, même si son impact reste limité, l’essence ne représentant qu’environ 13 % du chiffre d’affaires du secteur.
L'un des points clés de la note réside dans l'analyse de la corrélation entre les cours mondiaux et les prix nationaux. Le Conseil de la Concurrence a examiné si la hausse subie par les importateurs a été fidèlement, ou excessivement, transmise aux consommateurs marocains.
L'analyse conclut à une certaine cohérence globale, mais souligne des nuances importantes :
• La vitesse de transmission : Les opérateurs réagissent rapidement aux hausses internationales pour préserver leurs marges.
• L'asymétrie des prix : Le Conseil observe parfois une "rigidité" à la baisse, où les diminutions des cours mondiaux mettent plus de temps à se refléter à la pompe que les augmentations.
Malgré la libéralisation du secteur, le Conseil de la Concurrence relève une pratique persistante : l'alignement des opérateurs sur les dates de révision des prix (traditionnellement les 1er et 16 de chaque mois).
Cette pratique, héritée de l'ancien système de régulation, est aujourd'hui jugée contre-productive. En révisant leurs prix à des dates identiques et avec des variations similaires, les pétroliers limitent la fluidité de la concurrence. Le Conseil insiste : chaque opérateur devrait fixer ses tarifs en fonction de ses propres stocks, de ses conditions contractuelles d'achat et de sa stratégie commerciale réelle.
Pas d'entente, mais un manque de souplesse
Si le gendarme de la concurrence n'a pas relevé de comportements "anticoncurrentiels" (ententes illicites) sur cette période précise, il n'en demeure pas moins critique sur le manque de différenciation entre les acteurs du marché.
Le maintien d'un calendrier rigide freine la répercussion optimale des fluctuations internationales. Pour le Conseil, le marché gagnerait en efficacité si les prix devenaient le reflet des spécificités de chaque réseau de distribution plutôt qu'un mouvement d'ensemble uniforme.
Si les prix internationaux continuent de dicter la tendance, leur transmission au consommateur final demeure asymétrique et partiellement contrainte par des pratiques héritées.
Pour le Conseil de la concurrence, l’enjeu est désormais double : renforcer la transparence du marché et favoriser une formation des prix plus fluide, mieux alignée sur les fondamentaux économiques.
