José Manuel Fernandes : « Avec le Maroc, nous voulons un partenariat agricole gagnant-gagnant »
Au SIAM 2026, le Portugal et le Maroc affichent une volonté claire : passer des intentions aux résultats. Entre gestion de l’eau, innovation agricole et sécurité alimentaire, la coopération bilatérale entre dans une phase plus opérationnelle. Pour le ministre portugais de l’agriculture et de la pêche José Manuel Fernandes, l’objectif est de bâtir un partenariat concret, visible et directement utile aux agriculteurs.
Mounia Kabiri Kettani
José Manuel Fernandes, ministre portugais de l’agriculture et de la pêche.
L’Observateur du Maroc et d’Afrique : Le Portugal est le pays d’honneur du SIAM 2026. Comment évolue aujourd’hui la coopération agricole entre le Portugal et le Maroc ?
José Manuel Fernandes : C’est une coopération qui existe déjà, mais qui doit aujourd’hui passer à une nouvelle étape. Nous avons beaucoup échangé, mais il faut désormais davantage d’actions concrètes. Le Portugal et le Maroc sont prêts à renforcer cette coopération stratégique, avec une volonté claire d’obtenir des résultats tangibles.
L’objectif principal reste la sécurité alimentaire. Comme je le dis souvent, cela signifie très concrètement assurer de la nourriture sur la table. C’est un enjeu fondamental que nous partageons. Par ailleurs, le Portugal et le Maroc sont des pays proches, non seulement par leurs relations historiques, mais aussi géographiquement. Lisbonne est l’une des capitales les plus proches de Rabat, et l’Atlantique doit être perçu comme un pont, une liaison entre nos deux pays.
Dans un contexte international marqué par l’incertitude, il est essentiel de construire des partenariats solides, fiables et durables, capables d’apporter de la stabilité et de la prévisibilité.
Quels sont les secteurs prioritaires de cette coopération bilatérale ?
Il existe de nombreux domaines de complémentarité entre le Portugal et le Maroc, qui dépassent largement le seul cadre agricole. Nous pouvons citer notamment la gestion des forêts, où le Maroc dispose de ressources importantes, tandis que le Portugal possède un savoir-faire reconnu dans la transformation, notamment dans l’industrie du papier.
La gestion de l’eau constitue également un axe majeur. Le Portugal dispose d’une expertise significative, avec notamment le plus grand lac artificiel d’Europe, Alqueva. Nous avons engagé un programme d’investissement de 5,4 milliards d’euros à l’horizon 2030, dans le cadre d’une stratégie qui s’étend jusqu’en 2040, visant une gestion intelligente de l’eau. Cela inclut le stockage, l’interconnexion des réseaux pour l’usage agricole et domestique, mais aussi des objectifs énergétiques, environnementaux et de protection contre les risques comme les inondations. Ce savoir-faire, nous sommes prêts à le partager dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.
Un autre pilier essentiel concerne la santé animale. Il est crucial de renforcer la recherche, notamment au niveau européen, pour développer des vaccins à la fois efficaces et accessibles aux agriculteurs. Le Maroc dispose déjà d’atouts importants, notamment en matière d’infrastructures et de capacités de production, ce qui ouvre la voie à des synergies concrètes.
Par ailleurs, les enjeux sanitaires végétaux et l’adaptation au changement climatique sont au cœur des priorités. Face à la sécheresse, il ne s’agit pas seulement de mieux gérer l’eau, mais aussi de développer des cultures plus résistantes. Cela passe par la recherche, l’innovation et l’introduction de nouvelles techniques agricoles.
Enfin, la modernisation du secteur, notamment à travers l’agriculture de précision, les technologies numériques et l’usage de drones, constitue un levier clé. L’objectif est aussi d’améliorer les revenus des agriculteurs, condition essentielle pour attirer les jeunes vers le secteur. Dans cette dynamique, le Maroc et le Portugal peuvent jouer un rôle stratégique : le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique, et le Portugal comme interface avec l’Europe. Une complémentarité qui renforce la pertinence d’un partenariat structuré et tourné vers l’avenir.
Le Maroc et le Portugal ont signé un protocole de coopération agricole stratégique lors de cette édition du SIAM. Quels domaines sont visés par cet accord ?
Cet accord ne se limite pas aux relations entre gouvernements. Il s’inscrit également dans une dynamique plus large impliquant plusieurs institutions des deux pays. À ce stade, il fixe surtout des priorités et des axes de coopération, avec des projets concrets qui sont appelés à se matérialiser progressivement.
Parmi les domaines clés figure la gestion de l’eau. Une entreprise publique portugaise, en charge notamment du plus grand lac artificiel d’Europe, est engagée dans cette coopération. L’objectif est de partager un savoir-faire en matière de gestion intégrée et durable des ressources hydriques.
La recherche constitue également un pilier important, à travers des partenariats entre institutions spécialisées en agriculture et en santé vétérinaire. Ces collaborations visent à renforcer l’innovation, notamment face aux défis sanitaires et climatiques.
Le secteur forestier fait aussi partie des axes prioritaires, avec des projets déjà en cours. À ce titre, la solidarité entre les deux pays a été illustrée récemment, notamment à travers le soutien du Maroc au Portugal lors des incendies, ce qui témoigne d’une coopération concrète et opérationnelle.
Par ailleurs, le renforcement des échanges commerciaux agricoles est au cœur des discussions, avec l’objectif d’améliorer les flux d’import-export tout en garantissant la sécurité et la qualité des produits.
Au-delà des aspects techniques, cet accord reflète une relation fondée à la fois sur la proximité géographique et sur une volonté partagée de construire un partenariat durable, structuré et mutuellement bénéfique.
Quelles sont les perspectives d’évolution du partenariat agricole entre le Maroc et le Portugal dans les prochaines années ?
Ce partenariat doit avant tout être gagnant-gagnant. Sans résultats concrets et visibles, il ne peut pas être durable. L’objectif est que les agriculteurs, des deux côtés, puissent en ressentir directement les bénéfices dans leur activité quotidienne.
Il s’agit également de renforcer la compétitivité de nos économies agricoles, en les rendant plus productives, tout en veillant à une meilleure cohésion territoriale et sociale.
Enfin, cette coopération devra s’inscrire pleinement dans une logique de durabilité, avec un respect accru des équilibres environnementaux, qui restent au cœur des enjeux agricoles actuels.
José Manuel Fernandes : C’est une coopération qui existe déjà, mais qui doit aujourd’hui passer à une nouvelle étape. Nous avons beaucoup échangé, mais il faut désormais davantage d’actions concrètes. Le Portugal et le Maroc sont prêts à renforcer cette coopération stratégique, avec une volonté claire d’obtenir des résultats tangibles.
L’objectif principal reste la sécurité alimentaire. Comme je le dis souvent, cela signifie très concrètement assurer de la nourriture sur la table. C’est un enjeu fondamental que nous partageons. Par ailleurs, le Portugal et le Maroc sont des pays proches, non seulement par leurs relations historiques, mais aussi géographiquement. Lisbonne est l’une des capitales les plus proches de Rabat, et l’Atlantique doit être perçu comme un pont, une liaison entre nos deux pays.
Dans un contexte international marqué par l’incertitude, il est essentiel de construire des partenariats solides, fiables et durables, capables d’apporter de la stabilité et de la prévisibilité.
Quels sont les secteurs prioritaires de cette coopération bilatérale ?
Il existe de nombreux domaines de complémentarité entre le Portugal et le Maroc, qui dépassent largement le seul cadre agricole. Nous pouvons citer notamment la gestion des forêts, où le Maroc dispose de ressources importantes, tandis que le Portugal possède un savoir-faire reconnu dans la transformation, notamment dans l’industrie du papier.
La gestion de l’eau constitue également un axe majeur. Le Portugal dispose d’une expertise significative, avec notamment le plus grand lac artificiel d’Europe, Alqueva. Nous avons engagé un programme d’investissement de 5,4 milliards d’euros à l’horizon 2030, dans le cadre d’une stratégie qui s’étend jusqu’en 2040, visant une gestion intelligente de l’eau. Cela inclut le stockage, l’interconnexion des réseaux pour l’usage agricole et domestique, mais aussi des objectifs énergétiques, environnementaux et de protection contre les risques comme les inondations. Ce savoir-faire, nous sommes prêts à le partager dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.
Un autre pilier essentiel concerne la santé animale. Il est crucial de renforcer la recherche, notamment au niveau européen, pour développer des vaccins à la fois efficaces et accessibles aux agriculteurs. Le Maroc dispose déjà d’atouts importants, notamment en matière d’infrastructures et de capacités de production, ce qui ouvre la voie à des synergies concrètes.
Par ailleurs, les enjeux sanitaires végétaux et l’adaptation au changement climatique sont au cœur des priorités. Face à la sécheresse, il ne s’agit pas seulement de mieux gérer l’eau, mais aussi de développer des cultures plus résistantes. Cela passe par la recherche, l’innovation et l’introduction de nouvelles techniques agricoles.
Enfin, la modernisation du secteur, notamment à travers l’agriculture de précision, les technologies numériques et l’usage de drones, constitue un levier clé. L’objectif est aussi d’améliorer les revenus des agriculteurs, condition essentielle pour attirer les jeunes vers le secteur. Dans cette dynamique, le Maroc et le Portugal peuvent jouer un rôle stratégique : le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique, et le Portugal comme interface avec l’Europe. Une complémentarité qui renforce la pertinence d’un partenariat structuré et tourné vers l’avenir.
Le Maroc et le Portugal ont signé un protocole de coopération agricole stratégique lors de cette édition du SIAM. Quels domaines sont visés par cet accord ?
Cet accord ne se limite pas aux relations entre gouvernements. Il s’inscrit également dans une dynamique plus large impliquant plusieurs institutions des deux pays. À ce stade, il fixe surtout des priorités et des axes de coopération, avec des projets concrets qui sont appelés à se matérialiser progressivement.
Parmi les domaines clés figure la gestion de l’eau. Une entreprise publique portugaise, en charge notamment du plus grand lac artificiel d’Europe, est engagée dans cette coopération. L’objectif est de partager un savoir-faire en matière de gestion intégrée et durable des ressources hydriques.
La recherche constitue également un pilier important, à travers des partenariats entre institutions spécialisées en agriculture et en santé vétérinaire. Ces collaborations visent à renforcer l’innovation, notamment face aux défis sanitaires et climatiques.
Le secteur forestier fait aussi partie des axes prioritaires, avec des projets déjà en cours. À ce titre, la solidarité entre les deux pays a été illustrée récemment, notamment à travers le soutien du Maroc au Portugal lors des incendies, ce qui témoigne d’une coopération concrète et opérationnelle.
Par ailleurs, le renforcement des échanges commerciaux agricoles est au cœur des discussions, avec l’objectif d’améliorer les flux d’import-export tout en garantissant la sécurité et la qualité des produits.
Au-delà des aspects techniques, cet accord reflète une relation fondée à la fois sur la proximité géographique et sur une volonté partagée de construire un partenariat durable, structuré et mutuellement bénéfique.
Quelles sont les perspectives d’évolution du partenariat agricole entre le Maroc et le Portugal dans les prochaines années ?
Ce partenariat doit avant tout être gagnant-gagnant. Sans résultats concrets et visibles, il ne peut pas être durable. L’objectif est que les agriculteurs, des deux côtés, puissent en ressentir directement les bénéfices dans leur activité quotidienne.
Il s’agit également de renforcer la compétitivité de nos économies agricoles, en les rendant plus productives, tout en veillant à une meilleure cohésion territoriale et sociale.
Enfin, cette coopération devra s’inscrire pleinement dans une logique de durabilité, avec un respect accru des équilibres environnementaux, qui restent au cœur des enjeux agricoles actuels.
