Rwanda : vers une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans
Le Rwanda s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la régulation du numérique. Le gouvernement envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, une mesure portée par la ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire.
Lilia Habboul
Le projet de loi en préparation vise à empêcher les mineurs de créer des comptes ou d’accéder à des plateformes comme Facebook, Instagram ou YouTube. Sa mise en œuvre reposerait sur une coopération étroite entre fournisseurs d’accès à Internet, entreprises technologiques et parents, avec le soutien d’un système national d’identification numérique destiné à vérifier l’âge des utilisateurs.
Cette initiative s’appuie sur des données préoccupantes. Selon une étude nationale, près de 46 % des élèves utilisent déjà des services numériques via leur téléphone mobile, souvent sans supervision. Par ailleurs, entre 30 et 35 % des jeunes interrogés évoquent des difficultés liées à l’usage des réseaux sociaux, notamment des troubles de l’attention et des formes d’anxiété.
La réforme s’inscrit dans la continuité des politiques publiques déjà en place, notamment la stratégie nationale de protection de l’enfance en ligne adoptée en 2025. Celle-ci prévoit un encadrement renforcé des contenus numériques et une collaboration accrue avec les plateformes pour limiter l’exposition à des contenus jugés nocifs. Le Rwanda dispose également d’un cadre juridique solide en matière de cybersécurité et de protection des données, incluant des dispositions spécifiques pour les mineurs.
Au-delà des frontières rwandaises, le mouvement s’accélère sur le continent africain. Plusieurs pays, dont le Gabon, le Zimbabwe et le Nigeria, envisagent ou mettent en place des restrictions similaires sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. L’Égypte explore également des pistes réglementaires dans ce sens. Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large, soutenue notamment par l’Union africaine, visant à renforcer la sécurité des enfants dans l’environnement numérique.

