Société
Violence conjugale : Avant le mariage, un bilan psy
Une femme sur deux. C'est la proportion de Marocaines victimes de violences conjugales ou familiales, selon le HCP. Face à ce chiffre vertigineux, une proposition au parlement : et si on préparait les futurs mariés avant, plutôt que de réparer après ?
Hayat Kamal Idrissi
Une évaluation psychologique avant de sauter le pas
Au Maroc, le mariage exige un bilan médical pour prouver la bonne santé des futurs époux mais rien pour mesurer leur équilibre mental et la solidité du lien humain. Une proposition au parlement veut changer cette situation.
La députée du Parti Authenticité et Modernité (PAM PAM Hanane Atarkin a interpellé Naima Ben Yahia, ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale, et de la Famille sur la nécessité d'intégrer un bilan psychologique dans le parcours prénuptial. Une mesure qui devrait prévenir en amont les violences au sein des foyers.
Prévenir
Dans un contexte marqué par une recrudescence préoccupante des violences familiales, la députée du PAM a adressé une question orale à la ministre en appelant à repenser l'approche préventive de l'État face aux violences conjugales. Au cœur de cette démarche : l'idée d'intégrer une évaluation et un accompagnement psychologique au sein du parcours légal précédant le mariage. Une option qui, selon elle, pourrait constituer un rempart efficace contre la dégradation du lien familial.
« La société marocaine connaît ces dernières années une escalade inquiétante des cas de violence au sein de la famille et des crimes liés aux relations conjugales », constate Atarkin en soulignant que cette réalité « soulève de véritables défis qui exigent des solutions préventives et anticipatives, capables de renforcer la stabilité au sein du noyau familial ».
Pour la députée, la famille « cellule de base de la société ne peut plus se contenter d'une approche uniquement juridique ou répressive ». Elle a plaidé pour une vision élargie, intégrant la préparation psychologique et relationnelle des futurs époux.
Au-delà de l'examen médical
La députée a également pointé les limites du dispositif prénuptial actuel. Les examens médicaux obligatoires avant le mariage, aussi nécessaires soient-ils, ne suffisent plus à appréhender la complexité des relations humaines dans une société en mutation rapide. « Se limiter aux examens médicaux physiques n'est plus suffisant pour faire face aux enjeux des relations humaines, dans un contexte de transformations sociales accélérées », a-t-elle affirmé en appelant à l'adoption de mécanismes concrets d'accompagnement des couples avant leur engagement commun.
La proposition consiste à intégrer une évaluation ou une orientation psychologique, à caractère facultatif, dans les examens prénuptiaux existants. L'objectif : aider les futurs mariés à mieux comprendre la nature de leur engagement, développer leurs capacités de communication et apprendre à résoudre les conflits de manière pacifique. Une approche « douce » mais structurante, qui s'inscrit dans une logique de prévention plutôt que de sanction.
Violence domestique en chiffres
Selon l'enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan (HCP) de 2019, plus de 52 % des femmes marocaines ont été victimes de violences dans un contexte familial ou conjugal. La violence psychologique reste la forme la plus répandue, avec un taux de prévalence de près de 47,5 %, tandis que la violence économique touche 1,9 million de femmes et la violence physique 1,7 million.
Une situation que la loi du silence aggrave davantage. Seuls 10,5 % des actes de violence contre les femmes, toutes formes confondues, sont signalés aux services de police ou aux autorités compétentes. Ce taux descend à 8 % dans le cas des violences conjugales. Les femmes victimes de violences conjugales sont encore plus rares à saisir la justice: 2 % seulement pour les violences sexuelles et 7 % pour les agressions physiques.
La députée du Parti Authenticité et Modernité (PAM PAM Hanane Atarkin a interpellé Naima Ben Yahia, ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale, et de la Famille sur la nécessité d'intégrer un bilan psychologique dans le parcours prénuptial. Une mesure qui devrait prévenir en amont les violences au sein des foyers.
Prévenir
Dans un contexte marqué par une recrudescence préoccupante des violences familiales, la députée du PAM a adressé une question orale à la ministre en appelant à repenser l'approche préventive de l'État face aux violences conjugales. Au cœur de cette démarche : l'idée d'intégrer une évaluation et un accompagnement psychologique au sein du parcours légal précédant le mariage. Une option qui, selon elle, pourrait constituer un rempart efficace contre la dégradation du lien familial.
« La société marocaine connaît ces dernières années une escalade inquiétante des cas de violence au sein de la famille et des crimes liés aux relations conjugales », constate Atarkin en soulignant que cette réalité « soulève de véritables défis qui exigent des solutions préventives et anticipatives, capables de renforcer la stabilité au sein du noyau familial ».
Pour la députée, la famille « cellule de base de la société ne peut plus se contenter d'une approche uniquement juridique ou répressive ». Elle a plaidé pour une vision élargie, intégrant la préparation psychologique et relationnelle des futurs époux.
Au-delà de l'examen médical
La députée a également pointé les limites du dispositif prénuptial actuel. Les examens médicaux obligatoires avant le mariage, aussi nécessaires soient-ils, ne suffisent plus à appréhender la complexité des relations humaines dans une société en mutation rapide. « Se limiter aux examens médicaux physiques n'est plus suffisant pour faire face aux enjeux des relations humaines, dans un contexte de transformations sociales accélérées », a-t-elle affirmé en appelant à l'adoption de mécanismes concrets d'accompagnement des couples avant leur engagement commun.
La proposition consiste à intégrer une évaluation ou une orientation psychologique, à caractère facultatif, dans les examens prénuptiaux existants. L'objectif : aider les futurs mariés à mieux comprendre la nature de leur engagement, développer leurs capacités de communication et apprendre à résoudre les conflits de manière pacifique. Une approche « douce » mais structurante, qui s'inscrit dans une logique de prévention plutôt que de sanction.
Violence domestique en chiffres
Selon l'enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan (HCP) de 2019, plus de 52 % des femmes marocaines ont été victimes de violences dans un contexte familial ou conjugal. La violence psychologique reste la forme la plus répandue, avec un taux de prévalence de près de 47,5 %, tandis que la violence économique touche 1,9 million de femmes et la violence physique 1,7 million.
Une situation que la loi du silence aggrave davantage. Seuls 10,5 % des actes de violence contre les femmes, toutes formes confondues, sont signalés aux services de police ou aux autorités compétentes. Ce taux descend à 8 % dans le cas des violences conjugales. Les femmes victimes de violences conjugales sont encore plus rares à saisir la justice: 2 % seulement pour les violences sexuelles et 7 % pour les agressions physiques.
