Société
Mathématiques: le fossé se creuse entre filles et garçons
Les écarts de performance en mathématiques entre filles et garçons se creusent dès le primaire, non pas à cause de différences de capacités, mais en raison de facteurs liés à l’environnement scolaire et social, comme les stéréotypes et le manque de confiance des filles. C’est ce que révèle une note conjointe de l’IEA et de UNESCO.
Hayat Kamal Idrissi
Elles ne sont pas moins douées...
Le constat est sans appel. Les filles ne sont pas moins douées en mathématiques, elles sont plutôt mal encouragées. Les avancées enregistrées ces dernières années en matière d’égalité entre filles et garçons en mathématiques s’effritent. Une note conjointe de l’Association internationale pour l'évaluation du rendement scolaire (IEA) et de l’UNESCO, fondée sur les résultats de l’étude TIMSS 2023, met en lumière un écart de performance, perceptible dès les premières années de scolarité.
Pendant longtemps, les systèmes éducatifs avaient réussi à contenir ces disparités, certains atteignant même un certain équilibre. Mais la tendance s’est inversée à partir de 2019. Aujourd’hui, les garçons devancent nettement les filles, notamment en fin de primaire, où l’écart atteint des niveaux inédits depuis le lancement de l’étude en 1995. Les situations de parité deviennent, elles, de plus en plus rares.
A tous les niveaux
Cette fracture ne se limite pas à une moyenne globale. Elle traverse tous les niveaux de performance. Chez les élèves les plus fragiles, les filles sont désormais plus nombreuses à ne pas maîtriser les acquis de base en mathématiques. À l’autre extrémité, elles restent moins présentes parmi les profils les plus performants. En quatrième année du primaire, aucun système éducatif ne place significativement les filles en tête au plus haut niveau, alors que les garçons dominent largement.
Au collège, les écarts apparaissent plus contrastés, mais la tendance reste globalement favorable aux garçons. Près de la moitié des systèmes éducatifs affichent en 2023 de meilleurs résultats masculins, aussi bien chez les élèves en difficulté que parmi les plus avancés. Un signal qui confirme que le phénomène dépasse le seul cycle primaire.
Explications
Pour les auteurs, l’explication ne réside pas dans une différence ou infériorité de capacités, mais dans l’environnement d’apprentissage. Stéréotypes persistants, attentes différenciées en classe, manque de confiance chez les filles ou encore moindre exposition aux activités liées aux mathématiques contribuent à installer ces écarts dès le plus jeune âge.
La crise sanitaire liée au Covid-19 a, en outre, amplifié ces déséquilibres, soutient la note. Les interruptions prolongées de l’enseignement ont davantage pénalisé les filles, accentuant les retards et fragilisant un facteur clé de réussite : la confiance en soi.
Face à cette dynamique, les organisations internationales appellent à agir sans attendre. Elles recommandent des interventions précoces, dès le primaire, pour soutenir la confiance des élèves, adapter les pratiques pédagogiques et combattre les biais de genre en classe. Méthodes actives, apprentissages ludiques et mise en avant de figures féminines dans les sciences figurent parmi les leviers identifiés.
Au-delà de l’école, c’est tout l’écosystème éducatif qui est interpellé. Familles, enseignants, décideurs et société civile sont appelés à se mobiliser pour enrayer une tendance lourde de conséquences. Dans un monde où les compétences scientifiques façonnent l’innovation et la croissance, creuser ces inégalités revient à se priver d’un potentiel essentiel.
Pendant longtemps, les systèmes éducatifs avaient réussi à contenir ces disparités, certains atteignant même un certain équilibre. Mais la tendance s’est inversée à partir de 2019. Aujourd’hui, les garçons devancent nettement les filles, notamment en fin de primaire, où l’écart atteint des niveaux inédits depuis le lancement de l’étude en 1995. Les situations de parité deviennent, elles, de plus en plus rares.
A tous les niveaux
Cette fracture ne se limite pas à une moyenne globale. Elle traverse tous les niveaux de performance. Chez les élèves les plus fragiles, les filles sont désormais plus nombreuses à ne pas maîtriser les acquis de base en mathématiques. À l’autre extrémité, elles restent moins présentes parmi les profils les plus performants. En quatrième année du primaire, aucun système éducatif ne place significativement les filles en tête au plus haut niveau, alors que les garçons dominent largement.
Au collège, les écarts apparaissent plus contrastés, mais la tendance reste globalement favorable aux garçons. Près de la moitié des systèmes éducatifs affichent en 2023 de meilleurs résultats masculins, aussi bien chez les élèves en difficulté que parmi les plus avancés. Un signal qui confirme que le phénomène dépasse le seul cycle primaire.
Explications
Pour les auteurs, l’explication ne réside pas dans une différence ou infériorité de capacités, mais dans l’environnement d’apprentissage. Stéréotypes persistants, attentes différenciées en classe, manque de confiance chez les filles ou encore moindre exposition aux activités liées aux mathématiques contribuent à installer ces écarts dès le plus jeune âge.
La crise sanitaire liée au Covid-19 a, en outre, amplifié ces déséquilibres, soutient la note. Les interruptions prolongées de l’enseignement ont davantage pénalisé les filles, accentuant les retards et fragilisant un facteur clé de réussite : la confiance en soi.
Face à cette dynamique, les organisations internationales appellent à agir sans attendre. Elles recommandent des interventions précoces, dès le primaire, pour soutenir la confiance des élèves, adapter les pratiques pédagogiques et combattre les biais de genre en classe. Méthodes actives, apprentissages ludiques et mise en avant de figures féminines dans les sciences figurent parmi les leviers identifiés.
Au-delà de l’école, c’est tout l’écosystème éducatif qui est interpellé. Familles, enseignants, décideurs et société civile sont appelés à se mobiliser pour enrayer une tendance lourde de conséquences. Dans un monde où les compétences scientifiques façonnent l’innovation et la croissance, creuser ces inégalités revient à se priver d’un potentiel essentiel.
