Société
Moudawana : les féministes somment Akhannouch de s’expliquer
La nouvelle Moudawana devrait-elle attendre encore avant de voir le jour ? Alors que le compte à rebours est déclenché pour le gouvernement Akhannouch, les militantes des droits des femmes déplorent le statu quo de ce chantier historique et réclament des explications au Chef du gouvernement.
Hayat Kamal Idrissi
La réforme de la Moudawana, une urgence sociale
À quelques mois de la fin du mandat gouvernemental, la pression monte autour du chantier de révision de la Moudawana. Dans une lettre ouverte adressée à Aziz Akhannouch, la Coordination féminine pour un changement global et profond du Code de la famille exprime son inquiétude et interpelle le chef du gouvernement sur un projet de loi toujours attendu.
Dans ce courrier daté du 27 avril 2026, les associations signataires rappellent d’emblée le contexte. Dans le cadre du suivi du chantier de révision du Code de la famille, elles s’adressent au chef de l’exécutif « au regard de [ses] prérogatives constitutionnelles et politiques », pour connaître le sort réservé au projet de réforme dont il supervise l’élaboration.
Un chantier à l’arrêt ?
Les organisations féminines pointent un manque total de visibilité depuis plusieurs mois. Elles rappellent qu’à la suite du communiqué du Cabinet royal du 23 décembre 2024, appelant à une communication régulière sur l’avancement de la réforme, « aucune information officielle n’a été fournie sur le devenir de ce dossier ». Plus encore, elles dénoncent «une absence de transparence sur les étapes clés du processus». « Nous n’avons reçu aucune information sur le parcours procédural ayant suivi la fin des travaux de la commission chargée de la révision », note la Coordination dans sa missive.
Le collectif regrette par ailleurs de ne pas avoir été informé de la phase de finalisation du projet de loi avant son éventuelle transmission au Parlement. Pour les militants féministes, ce silence constitue « une entorse à la méthodologie constitutionnelle » et « un non-respect des délais annoncés au lancement de ce chantier structurant ».
Décalage avec les enjeux sociaux
Au-delà de la méthode, les signataires s’inquiètent du « décalage entre l’urgence sociale et l’inaction politique ». Elles rappellent que l’objectif initial de cette réforme était d’apporter « des réponses législatives adaptées aux mutations sociales » et de corriger « les injustices et discriminations consacrées par la Moudawana actuelle ».
Elles s’appuient notamment sur les conclusions du dernier rapport du Haut-Commissariat au Plan sur la famille (2025), qui met en évidence de profondes transformations : affaiblissement des mécanismes traditionnels de solidarité, montée des familles nucléaires, recul de la cohabitation intergénérationnelle, ou encore hausse des situations de vulnérabilité.
Le document souligne en particulier l’augmentation des ménages dirigés par des femmes et des familles monoparentales, révélant, selon la lettre, « des mutations structurelles profondes que le droit doit impérativement accompagner ».
Une refonte fondée sur l’égalité
Equité et égalité
Face à ces évolutions, la coordination féminine appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités en garantissant « protection et équité à tous les membres de la famille », dans le respect des principes d’égalité. Elle plaide pour une réforme en rupture avec certaines notions jugées dépassées, notamment « le concept de tutelle masculine (qiwama) et la hiérarchisation des rôles sociaux », ainsi que les inégalités persistantes dans les droits et devoirs entre hommes et femmes.
Sur un ton critique, la lettre ouverte interpelle directement le chef du gouvernement : « alors que nous attendions un bilan de votre mandat sur ce chantier stratégique, nous n’avons constaté que silence et indifférence ». Les associations s’interrogent ainsi sur « la volonté politique de mener à bien cette réforme législative », estimant que les retards accumulés traduisent « un manque de priorité accordée aux droits des femmes et à l’égalité au sein de la famille ». Elles vont plus loin en affirmant que ce blocage « ne relève pas seulement d’un retard législatif, mais traduit une absence de considération pour la promotion des droits des femmes ».
Avant la fin du mandat
En conclusion, la coordination rejette fermement ce qu’elle qualifie de « lenteur politico-législative inacceptable » et appelle le gouvernement à agir sans délai. Elle réclame que le projet de réforme de la Moudawana soit présenté « avant la fin du mandat en cours », avec un contenu en phase avec les évolutions de la société marocaine et capable de « mettre fin aux drames quotidiens engendrés par les dispositions discriminatoires actuelles ».
Cette lettre ouverte est signée par plusieurs associations de premier plan, dont l’Union de l’action féministe, l’Association démocratique des femmes du Maroc, la Fédération de la Ligue des droits des femmes, l’OMDH ou encore l’Association marocaine de lutte contre les violences faites aux femmes.
Dans ce courrier daté du 27 avril 2026, les associations signataires rappellent d’emblée le contexte. Dans le cadre du suivi du chantier de révision du Code de la famille, elles s’adressent au chef de l’exécutif « au regard de [ses] prérogatives constitutionnelles et politiques », pour connaître le sort réservé au projet de réforme dont il supervise l’élaboration.
Un chantier à l’arrêt ?
Les organisations féminines pointent un manque total de visibilité depuis plusieurs mois. Elles rappellent qu’à la suite du communiqué du Cabinet royal du 23 décembre 2024, appelant à une communication régulière sur l’avancement de la réforme, « aucune information officielle n’a été fournie sur le devenir de ce dossier ». Plus encore, elles dénoncent «une absence de transparence sur les étapes clés du processus». « Nous n’avons reçu aucune information sur le parcours procédural ayant suivi la fin des travaux de la commission chargée de la révision », note la Coordination dans sa missive.
Le collectif regrette par ailleurs de ne pas avoir été informé de la phase de finalisation du projet de loi avant son éventuelle transmission au Parlement. Pour les militants féministes, ce silence constitue « une entorse à la méthodologie constitutionnelle » et « un non-respect des délais annoncés au lancement de ce chantier structurant ».
Décalage avec les enjeux sociaux
Au-delà de la méthode, les signataires s’inquiètent du « décalage entre l’urgence sociale et l’inaction politique ». Elles rappellent que l’objectif initial de cette réforme était d’apporter « des réponses législatives adaptées aux mutations sociales » et de corriger « les injustices et discriminations consacrées par la Moudawana actuelle ».
Elles s’appuient notamment sur les conclusions du dernier rapport du Haut-Commissariat au Plan sur la famille (2025), qui met en évidence de profondes transformations : affaiblissement des mécanismes traditionnels de solidarité, montée des familles nucléaires, recul de la cohabitation intergénérationnelle, ou encore hausse des situations de vulnérabilité.
Le document souligne en particulier l’augmentation des ménages dirigés par des femmes et des familles monoparentales, révélant, selon la lettre, « des mutations structurelles profondes que le droit doit impérativement accompagner ».
Une refonte fondée sur l’égalité
Equité et égalité
Face à ces évolutions, la coordination féminine appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités en garantissant « protection et équité à tous les membres de la famille », dans le respect des principes d’égalité. Elle plaide pour une réforme en rupture avec certaines notions jugées dépassées, notamment « le concept de tutelle masculine (qiwama) et la hiérarchisation des rôles sociaux », ainsi que les inégalités persistantes dans les droits et devoirs entre hommes et femmes.
Sur un ton critique, la lettre ouverte interpelle directement le chef du gouvernement : « alors que nous attendions un bilan de votre mandat sur ce chantier stratégique, nous n’avons constaté que silence et indifférence ». Les associations s’interrogent ainsi sur « la volonté politique de mener à bien cette réforme législative », estimant que les retards accumulés traduisent « un manque de priorité accordée aux droits des femmes et à l’égalité au sein de la famille ». Elles vont plus loin en affirmant que ce blocage « ne relève pas seulement d’un retard législatif, mais traduit une absence de considération pour la promotion des droits des femmes ».
Avant la fin du mandat
En conclusion, la coordination rejette fermement ce qu’elle qualifie de « lenteur politico-législative inacceptable » et appelle le gouvernement à agir sans délai. Elle réclame que le projet de réforme de la Moudawana soit présenté « avant la fin du mandat en cours », avec un contenu en phase avec les évolutions de la société marocaine et capable de « mettre fin aux drames quotidiens engendrés par les dispositions discriminatoires actuelles ».
Cette lettre ouverte est signée par plusieurs associations de premier plan, dont l’Union de l’action féministe, l’Association démocratique des femmes du Maroc, la Fédération de la Ligue des droits des femmes, l’OMDH ou encore l’Association marocaine de lutte contre les violences faites aux femmes.
