Georges Mba Asseko: « Les mutations géopolitiques actuelles rebattent les cartes pour l’Afrique »
Face aux bouleversements géopolitiques mondiaux et à la reconfiguration des routes maritimes, l’Afrique dispose d’une opportunité historique pour repenser sa stratégie économique et logistique. Le conseiller auprès du président gabonais Georges, Mba Asseko, a appelé le continent à bâtir une vision maritime africaine fondée sur la spécialisation, la coopération Sud-Sud et la valorisation de son immense potentiel maritime.
Mounia Kabiri Kettani
Face aux bouleversements géopolitiques mondiaux, l’Afrique doit transformer son potentiel maritime et sa coopération régionale en véritable levier de développement et de souveraineté économique.
Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et la reconfiguration des grandes routes commerciales, l’Afrique doit cesser de subir les mutations du commerce maritime mondial et commencer à les transformer en opportunités stratégiques. C’est le message porté par Georges Mba Asseko lors de la 3ᵉ édition de l’African Maritime Symposium (AMS), organisée à Rabat par le Policy Center for the New South sous le thème : « Mers d’Afrique : enjeux stratégiques dans un monde hyperconnecté et hyperconflictuel ».
Face aux perturbations qui touchent plusieurs corridors maritimes internationaux, notamment autour du détroit d’Ormuz et du canal de Suez, Georges Mba Asseko estime que l’Afrique se retrouve aujourd’hui au cœur d’un possible basculement des routes commerciales mondiales. « Lorsque certaines voies stratégiques deviennent instables, les flux se redirigent vers le Cap de Bonne-Espérance. Cela crée une opportunité historique pour l’Afrique », a-t-il expliqué, appelant toutefois le continent à mieux anticiper les transformations géoéconomiques en cours.
Penser l’Afrique maritime sur le long terme
Pour Georges Mba Asseko, le principal défi africain reste celui de la projection stratégique. Selon lui, le continent manque encore d’une vision collective capable d’inscrire les politiques maritimes dans des horizons de 10, 20 ou 50 ans. L’enjeu n’est plus uniquement de disposer d’infrastructures portuaires ou logistiques, mais de transformer l’espace maritime africain en véritable moteur de développement économique, industriel et social.
Le conseiller présidentiel gabonais a également insisté sur la nécessité de renforcer les logiques de coopération Sud-Sud, notamment à travers le transfert de compétences, d’expertises techniques et de technologies entre pays africains. Dans ce cadre, il a cité l’exemple du Maroc, dont l’expérience industrielle et logistique pourrait bénéficier à d’autres économies africaines dans une logique de partage des savoir-faire plutôt que de compétition systématique.
Au-delà des infrastructures, l’intervenant a plaidé pour une spécialisation économique plus assumée entre les pays africains. « Chaque pays veut être performant dans tous les secteurs. Ce n’est pas possible », a-t-il souligné, estimant que le continent gagnerait en efficacité en construisant des complémentarités régionales autour des forces spécifiques de chaque économie.
Selon lui, certains pays pourraient devenir des références dans des secteurs précis — automobile, pêche, logistique, agriculture ou industrie maritime — afin de bâtir un écosystème continental plus cohérent et mieux intégré.
Un potentiel maritime encore sous-exploité
Malgré ses 30 000 kilomètres de côtes, ses nombreux bassins fluviaux et ses dizaines de ports, l’Afrique reste encore largement en retrait dans l’exploitation stratégique de ses espaces maritimes. Georges Mba Asseko a rappelé que sur une quarantaine de ports considérés comme structurants sur le continent, seule une dizaine répond aujourd’hui aux standards internationaux de performance.
Un paradoxe, selon lui, pour un continent dont l’histoire économique et commerciale s’est largement construite autour des voies maritimes et fluviales. Le responsable gabonais a également appelé à dépasser les approches importées autour de l’économie bleue et du développement durable.
Sans rejeter les concepts internationaux, il estime que l’Afrique doit désormais construire sa propre lecture stratégique des enjeux maritimes, adaptée à ses réalités économiques, sociales et géographiques.
Georges Mba Asseko a également salué la vision portée par le Roi Mohammed VI en faveur du désenclavement des pays africains sans accès à la mer, estimant que cette approche pourrait contribuer à faire émerger une nouvelle dynamique d’intégration économique continentale fondée sur la connectivité, les corridors logistiques et la coopération régionale.
Images: Khalid Chouri
Face aux perturbations qui touchent plusieurs corridors maritimes internationaux, notamment autour du détroit d’Ormuz et du canal de Suez, Georges Mba Asseko estime que l’Afrique se retrouve aujourd’hui au cœur d’un possible basculement des routes commerciales mondiales. « Lorsque certaines voies stratégiques deviennent instables, les flux se redirigent vers le Cap de Bonne-Espérance. Cela crée une opportunité historique pour l’Afrique », a-t-il expliqué, appelant toutefois le continent à mieux anticiper les transformations géoéconomiques en cours.
Penser l’Afrique maritime sur le long terme
Pour Georges Mba Asseko, le principal défi africain reste celui de la projection stratégique. Selon lui, le continent manque encore d’une vision collective capable d’inscrire les politiques maritimes dans des horizons de 10, 20 ou 50 ans. L’enjeu n’est plus uniquement de disposer d’infrastructures portuaires ou logistiques, mais de transformer l’espace maritime africain en véritable moteur de développement économique, industriel et social.
Le conseiller présidentiel gabonais a également insisté sur la nécessité de renforcer les logiques de coopération Sud-Sud, notamment à travers le transfert de compétences, d’expertises techniques et de technologies entre pays africains. Dans ce cadre, il a cité l’exemple du Maroc, dont l’expérience industrielle et logistique pourrait bénéficier à d’autres économies africaines dans une logique de partage des savoir-faire plutôt que de compétition systématique.
Au-delà des infrastructures, l’intervenant a plaidé pour une spécialisation économique plus assumée entre les pays africains. « Chaque pays veut être performant dans tous les secteurs. Ce n’est pas possible », a-t-il souligné, estimant que le continent gagnerait en efficacité en construisant des complémentarités régionales autour des forces spécifiques de chaque économie.
Selon lui, certains pays pourraient devenir des références dans des secteurs précis — automobile, pêche, logistique, agriculture ou industrie maritime — afin de bâtir un écosystème continental plus cohérent et mieux intégré.
Un potentiel maritime encore sous-exploité
Malgré ses 30 000 kilomètres de côtes, ses nombreux bassins fluviaux et ses dizaines de ports, l’Afrique reste encore largement en retrait dans l’exploitation stratégique de ses espaces maritimes. Georges Mba Asseko a rappelé que sur une quarantaine de ports considérés comme structurants sur le continent, seule une dizaine répond aujourd’hui aux standards internationaux de performance.
Un paradoxe, selon lui, pour un continent dont l’histoire économique et commerciale s’est largement construite autour des voies maritimes et fluviales. Le responsable gabonais a également appelé à dépasser les approches importées autour de l’économie bleue et du développement durable.
Sans rejeter les concepts internationaux, il estime que l’Afrique doit désormais construire sa propre lecture stratégique des enjeux maritimes, adaptée à ses réalités économiques, sociales et géographiques.
Georges Mba Asseko a également salué la vision portée par le Roi Mohammed VI en faveur du désenclavement des pays africains sans accès à la mer, estimant que cette approche pourrait contribuer à faire émerger une nouvelle dynamique d’intégration économique continentale fondée sur la connectivité, les corridors logistiques et la coopération régionale.
Images: Khalid Chouri
