Tanzanie. Vers une intelligence artificielle pensée en kiswahili
Le gouvernement tanzanien a engagé l’accélération du développement d’un modèle de langage basé sur le kiswahili, dans le cadre de sa stratégie nationale de transformation numérique.
Lilia Habboul
L’annonce a été faite par la ministre de la Communication et des Technologies de l’information, Angellah Kairuki, lors de la présentation des orientations budgétaires de son département pour l’exercice 2026/2027.
Le projet est piloté par la Commission tanzanienne des technologies de l’information et de la communication (ICTC). Il vise à adapter les outils d’intelligence artificielle aux réalités linguistiques locales, afin de permettre une utilisation plus large et plus inclusive des services numériques. L’objectif est de rendre possible l’interaction avec ces systèmes en kiswahili, une langue parlée par plus de 100 millions de personnes en Afrique de l’Est et dans la région des Grands Lacs.
Les autorités estiment que cette initiative contribuera à réduire la fracture numérique, notamment dans les zones rurales où la barrière linguistique freine encore l’adoption des technologies. Le futur modèle devrait également faciliter la production et la diffusion de contenus éducatifs et informatifs dans une langue accessible au plus grand nombre, tout en stimulant le développement d’outils numériques locaux.
Au-delà de l’accessibilité, ce projet s’inscrit dans une ambition plus large de structurer un écosystème de données en langue kiswahili, destiné à renforcer les capacités des développeurs et des innovateurs locaux. Il vise aussi à améliorer la représentation des langues africaines dans les systèmes d’intelligence artificielle, encore largement dominés par les langues occidentales.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte expansion du secteur numérique en Tanzanie. Selon les données officielles, le nombre d’abonnés mobiles est passé à 111,9 millions en mars 2026, contre 90,4 millions un an plus tôt. Le pays enregistre également une hausse significative des utilisateurs d’Internet, estimés à 58,9 millions sur la même période.

