Clap de fin pour la Nollywood Week : l’Afrique créative en pleine lumière
Après plusieurs jours de projections, de rencontres et de débats passionnants, la 13e édition de la Nollywood Week s’est achevée à Paris sur une note vibrante et inspirante. Véritable vitrine du cinéma nigérian et africain en France, le festival a une nouvelle fois célébré la créativité, l’audace et la diversité des récits portés par les talents du continent.
Lilia Habboul
Thomas Ngijol parrain de cette édition, entouré de Nadira Shakur et Serge Noukoué les cofondateurs du festival.
Parrainée cette année par l’humoriste, acteur et réalisateur Thomas Ngijol, cette édition placée sous le signe du voyage a embarqué le public dans une programmation riche et ouverte sur le monde. Entre Lagos, Mombasa, Yokohama et Paris, les films présentés ont dessiné une cartographie sensible des imaginaires africains contemporains.
Le film d’ouverture, East West Love de la réalisatrice nigériane Seko Shamte, tourné entre Lagos et Mombasa, a donné le ton d’un festival tourné vers les croisements culturels et les nouvelles mobilités. Le film de clôture, Ogene, situé entre Lagos et Yokohama, a prolongé cette invitation au voyage et à la rencontre des cultures.
Au-delà des projections, la Nollywood Week s’est distinguée par des panels de haut niveau consacrés aux grandes mutations de l’industrie audiovisuelle. Intelligence artificielle, storytelling vertical, essor des micro-dramas : producteurs, créateurs et experts ont échangé autour des nouveaux formats et des défis qui redessinent le cinéma africain de demain.
Le festival a également accueilli plusieurs figures marquantes du cinéma et des séries. L’acteur et producteur britannique Adjani Salmon a notamment participé à une discussion autour des diasporas dans les séries, en revenant sur le succès de Dreaming Whilst Black et de la série francophone Afropolitaine, créée par Soraya Milla et Aline Milla.
De nombreux cinéastes africains avaient également fait le déplacement à Paris pour défendre leurs œuvres devant le public français, parmi lesquels la réalisatrice Uyoyou Adia pour Evi Superstar, le réalisateur Kayode Kasum pour Reel Love ou encore Ekene Mekwunye pour Ewo.
Un palmarès marqué par l’audace et l’émotion
Le jury du court-métrage — composé de Sandra Luce, Alex Louisa et Hervé Moukoko — a récompensé GOAT (Kenya), saluant une œuvre visuellement puissante, authentique et profondément ancrée dans les traditions ancestrales.
Le prix du meilleur long-métrage a été attribué à Fisherman, réalisé par Zoey Martinson, récompensé pour son équilibre réussi entre émotion, drame et humour. Une distinction historique, puisque c’est la première fois qu’une réalisatrice ghanéenne remporte ce prix à la Nollywood Week.
Enfin, le public a couronné Onobiren, un film qui a séduit par son récit poignant autour de l’identité, des choix de vie et de la liberté de se réinventer. Un choix qui fait écho au film Fisherman, les deux œuvres partageant une même exploration symbolique de l’univers de la pêche.
