Augustin Grandgeorge : « L’agriculture africaine est sous-investie malgré son potentiel important »
À Rabat, dans le cadre du Forum de Paris sur la Paix, Augustin Grandgeorge responsable des initiatives développement a plaidé pour une mobilisation accrue des investissements afin de transformer les systèmes agricoles africains et répondre aux défis de résilience et de sécurité alimentaire.
Mounia Kabiri Kettani
Augustin Grandgeorge, responsable des initiatives développement au Forum de Paris sur la Paix.
Rabat a accueilli une nouvelle séquence du Forum de Paris sur la Paix consacrée à l’avenir des systèmes agricoles africains, dans le cadre de l’initiative Atlas-MAVA. L’objectif : dresser un état des lieux des investissements agricoles sur le continent et identifier les leviers permettant de bâtir des systèmes plus résilients face aux crises mondiales.
Depuis son lancement il y a deux ans au Maroc, l’initiative Atlas s’est structurée autour d’une plateforme de dialogue réunissant acteurs publics, investisseurs, institutions financières, philanthropies et chercheurs. Elle vise à harmoniser les stratégies et à accélérer le financement de l’agriculture africaine. « L’objectif est de créer une coalition d’acteurs pour aligner les stratégies et attirer davantage d’investissements vers des solutions locales africaines », a expliqué Augustin Grandgeorge, responsable des initiatives développement au Forum de Paris sur la Paix. Selon lui, la dynamique actuelle reste insuffisante pour répondre aux besoins du continent.
Un déficit structurel d’investissement
Les données présentées dans le cadre du baromètre Atlas confirment un écart important entre les besoins et les financements actuels. L’investissement agricole en Afrique est estimé entre 41 et 48 milliards de dollars par an, alors que les besoins sont évalués entre 100 et 200 milliards de dollars.
Un déséquilibre qui souligne, selon les organisateurs, la nécessité de renforcer le rôle du secteur privé. « L’investissement privé a diminué, et c’est la tendance la plus préoccupante », a alerté Augustin Grandgeorge, soulignant également la forte concentration des financements sur quelques pays seulement.
Le diagnostic met aussi en évidence une dépendance persistante à l’aide internationale, qui représente encore près de 20 % des financements agricoles sur le continent.
Vulnérabilités et chocs systémiques
Au-delà des financements, les intervenants ont insisté sur la vulnérabilité structurelle de l’agriculture africaine face aux chocs externes. La perturbation des chaînes logistiques internationales, notamment via les routes maritimes stratégiques, impacte directement l’accès aux engrais et aux intrants agricoles. « Les pays africains importent environ 70 % de leurs engrais, et une part importante transite par des corridors maritimes aujourd’hui fragilisés », a-t-il rappelé, évoquant un risque de tension sur les prix alimentaires dans les prochains mois.
Les risques climatiques, combinés à ces tensions géopolitiques, accentuent les pressions sur les systèmes agricoles, déjà fragilisés par des niveaux d’investissement insuffisants et une faible diversification des sources de financement.
Vers une transformation structurelle
Face à ce constat, les travaux de l’initiative Atlas-MAVA visent à structurer une réponse collective. L’ambition est de mieux connecter les besoins des pays africains avec les capacités d’investissement internationales, tout en renforçant les solutions locales.
Le baromètre Atlas, présenté comme un outil de transparence et d’aide à la décision, permet désormais de centraliser les données sur les flux d’investissement agricoles et d’identifier les déséquilibres entre régions et filières.
Les prochaines étapes de l’initiative devraient se concentrer sur la mobilisation accrue du capital privé, la structuration des chaînes de valeur agricoles et l’amélioration de la résilience face aux crises climatiques et géopolitiques.
En conclusion, les participants ont insisté sur la nécessité d’un changement d’échelle rapide. Car pour le Forum de Paris sur la Paix et ses partenaires, l’agriculture africaine ne constitue pas seulement un enjeu de développement, mais un levier central de stabilité économique et alimentaire mondiale.
Depuis son lancement il y a deux ans au Maroc, l’initiative Atlas s’est structurée autour d’une plateforme de dialogue réunissant acteurs publics, investisseurs, institutions financières, philanthropies et chercheurs. Elle vise à harmoniser les stratégies et à accélérer le financement de l’agriculture africaine. « L’objectif est de créer une coalition d’acteurs pour aligner les stratégies et attirer davantage d’investissements vers des solutions locales africaines », a expliqué Augustin Grandgeorge, responsable des initiatives développement au Forum de Paris sur la Paix. Selon lui, la dynamique actuelle reste insuffisante pour répondre aux besoins du continent.
Un déficit structurel d’investissement
Les données présentées dans le cadre du baromètre Atlas confirment un écart important entre les besoins et les financements actuels. L’investissement agricole en Afrique est estimé entre 41 et 48 milliards de dollars par an, alors que les besoins sont évalués entre 100 et 200 milliards de dollars.
Un déséquilibre qui souligne, selon les organisateurs, la nécessité de renforcer le rôle du secteur privé. « L’investissement privé a diminué, et c’est la tendance la plus préoccupante », a alerté Augustin Grandgeorge, soulignant également la forte concentration des financements sur quelques pays seulement.
Le diagnostic met aussi en évidence une dépendance persistante à l’aide internationale, qui représente encore près de 20 % des financements agricoles sur le continent.
Vulnérabilités et chocs systémiques
Au-delà des financements, les intervenants ont insisté sur la vulnérabilité structurelle de l’agriculture africaine face aux chocs externes. La perturbation des chaînes logistiques internationales, notamment via les routes maritimes stratégiques, impacte directement l’accès aux engrais et aux intrants agricoles. « Les pays africains importent environ 70 % de leurs engrais, et une part importante transite par des corridors maritimes aujourd’hui fragilisés », a-t-il rappelé, évoquant un risque de tension sur les prix alimentaires dans les prochains mois.
Les risques climatiques, combinés à ces tensions géopolitiques, accentuent les pressions sur les systèmes agricoles, déjà fragilisés par des niveaux d’investissement insuffisants et une faible diversification des sources de financement.
Vers une transformation structurelle
Face à ce constat, les travaux de l’initiative Atlas-MAVA visent à structurer une réponse collective. L’ambition est de mieux connecter les besoins des pays africains avec les capacités d’investissement internationales, tout en renforçant les solutions locales.
Le baromètre Atlas, présenté comme un outil de transparence et d’aide à la décision, permet désormais de centraliser les données sur les flux d’investissement agricoles et d’identifier les déséquilibres entre régions et filières.
Les prochaines étapes de l’initiative devraient se concentrer sur la mobilisation accrue du capital privé, la structuration des chaînes de valeur agricoles et l’amélioration de la résilience face aux crises climatiques et géopolitiques.
En conclusion, les participants ont insisté sur la nécessité d’un changement d’échelle rapide. Car pour le Forum de Paris sur la Paix et ses partenaires, l’agriculture africaine ne constitue pas seulement un enjeu de développement, mais un levier central de stabilité économique et alimentaire mondiale.
