Société
Profession d’avocats : l’ultime bras de fer
Le bras de fer entre les avocats et le ministère de la Justice s’intensifie. Dans une nouvelle escalade, le bureau de l'Association des barreaux du Maroc a décidé d'observer un arrêt complet des prestations professionnelles du lundi 15 au dimanche 21 juin 2026. Une décision présentée comme une mesure d'avertissement, en attendant la définition d'autres formes de mobilisation si la situation venait à ne pas évoluer.
Hayat Kamal Idrissi
La tension est encore montée d'un cran...
Le conflit entre les Robes noires et leur tutelle n’est pas prêt de s’apaiser. Réuni mercredi dernier à Rabat, le bureau de l'Association des barreaux du Maroc a décidé d'observer un arrêt complet des prestations professionnelles du lundi 15 au dimanche 21 juin 2026. Une «grève- avertissement » comme la qualifie le représentant des avocats.
Point de rupture
Ce qui a mis le feu aux poudres, ce sont les propos tenus par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, devant le Parlement au sujet de l'aide judiciaire. Pointant des disparités dans les indemnités versées aux avocats, le ministre a évoqué une majorité faiblement rémunérée face à une minorité ayant perçu des montants bien plus élevés. Pour l'Association des barreaux, ces déclarations sont « non responsables » et s'apparentent à une mise en cause publique délibérée de la profession et de ses institutions.
Le bureau les a qualifiées d'« inacceptables » et de « provocatrices », d'autant qu'elles surviennent au moment même où les instances professionnelles mènent une campagne de plaidoyer pour défendre les valeurs du barreau, ajoute la même source. La tension est encore montée d'un cran lorsque le ministre a accusé par écrit certains avocats de « collusion », en référence à l'article 39 de la loi 28-08. Une sortie qui a suscité la colère des représentants de la profession et relancé une polémique déjà bien installée autour des limites du droit de grève dans un secteur jugé essentiel au bon fonctionnement de la justice.
L'ABAM a décidé par ailleurs d'adresser une correspondance directement au chef du gouvernement, dénonçant le discours qu'il qualifie d'« accusatoire et incitatif » du ministre à l'égard du barreau, estimant que « de telles prises de position dépassent les règles élémentaires du respect institutionnel », déplore les représentants des Robes noires.
Un contexte sous tension
Cette nouvelle grève s'inscrit dans un climat de défiance qui couve depuis l'adoption, le 20 mai dernier, du projet de loi n°66.23 relatif à la réglementation de la profession d'avocat par la Chambre des représentants, avec 163 voix pour et 57 contre. Si le gouvernement a présenté ce texte comme une étape de modernisation du système judiciaire, les bâtonniers des dix-sept barreaux du Royaume y ont vu une menace contre l'indépendance de la profession et l'autonomie de ses institutions.
Dès le lendemain de son adoption en commission, l'Association avait publié un communiqué accusant la tutelle d'avoir rompu plusieurs engagements pris lors des discussions préparatoires, et annoncé son intention de convoquer des assemblées générales extraordinaires en vue d'une éventuelle démission collective.
Mobilisation
Le bureau de l'ABAM a maintenu sa réunion ouverte, laissant entendre que d'autres mesures pourraient être décidées selon l'évolution du dossier. Les représentants des barreaux ont par ailleurs annoncé leur refus de superviser les prochaines élections professionnelles tant que leurs réserves n'auront pas été sérieusement prises en compte, qualifiant leur démarche de « d’ultime bataille existentielle ».
Tout en réaffirmant leur attachement au dialogue, les avocats envoient un signal clair : la semaine de grève du 15 au 21 juin n'est qu'un avertissement. La suite dépendra de la réponse du gouvernement.
Point de rupture
Ce qui a mis le feu aux poudres, ce sont les propos tenus par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, devant le Parlement au sujet de l'aide judiciaire. Pointant des disparités dans les indemnités versées aux avocats, le ministre a évoqué une majorité faiblement rémunérée face à une minorité ayant perçu des montants bien plus élevés. Pour l'Association des barreaux, ces déclarations sont « non responsables » et s'apparentent à une mise en cause publique délibérée de la profession et de ses institutions.
Le bureau les a qualifiées d'« inacceptables » et de « provocatrices », d'autant qu'elles surviennent au moment même où les instances professionnelles mènent une campagne de plaidoyer pour défendre les valeurs du barreau, ajoute la même source. La tension est encore montée d'un cran lorsque le ministre a accusé par écrit certains avocats de « collusion », en référence à l'article 39 de la loi 28-08. Une sortie qui a suscité la colère des représentants de la profession et relancé une polémique déjà bien installée autour des limites du droit de grève dans un secteur jugé essentiel au bon fonctionnement de la justice.
L'ABAM a décidé par ailleurs d'adresser une correspondance directement au chef du gouvernement, dénonçant le discours qu'il qualifie d'« accusatoire et incitatif » du ministre à l'égard du barreau, estimant que « de telles prises de position dépassent les règles élémentaires du respect institutionnel », déplore les représentants des Robes noires.
Un contexte sous tension
Cette nouvelle grève s'inscrit dans un climat de défiance qui couve depuis l'adoption, le 20 mai dernier, du projet de loi n°66.23 relatif à la réglementation de la profession d'avocat par la Chambre des représentants, avec 163 voix pour et 57 contre. Si le gouvernement a présenté ce texte comme une étape de modernisation du système judiciaire, les bâtonniers des dix-sept barreaux du Royaume y ont vu une menace contre l'indépendance de la profession et l'autonomie de ses institutions.
Dès le lendemain de son adoption en commission, l'Association avait publié un communiqué accusant la tutelle d'avoir rompu plusieurs engagements pris lors des discussions préparatoires, et annoncé son intention de convoquer des assemblées générales extraordinaires en vue d'une éventuelle démission collective.
Mobilisation
Le bureau de l'ABAM a maintenu sa réunion ouverte, laissant entendre que d'autres mesures pourraient être décidées selon l'évolution du dossier. Les représentants des barreaux ont par ailleurs annoncé leur refus de superviser les prochaines élections professionnelles tant que leurs réserves n'auront pas été sérieusement prises en compte, qualifiant leur démarche de « d’ultime bataille existentielle ».
Tout en réaffirmant leur attachement au dialogue, les avocats envoient un signal clair : la semaine de grève du 15 au 21 juin n'est qu'un avertissement. La suite dépendra de la réponse du gouvernement.
