Abderrahim Outass : « Nous voulons faire de Casablanca une référence africaine de la ville intelligente »
RER de 52 stations, Grand Stade Hassan II, digitalisation quasi intégrale des services municipaux, nouveaux espaces verts et grands projets structurants : Casablanca accélère sa mutation pour devenir une métropole intelligente, durable et inclusive à l’horizon 2030. Son ambition : mettre la technologie et l’innovation au service de la qualité de vie des citoyens. Point avec le vice-président du Conseil de la commune de la ville, Abderrahim Outass.
Mounia Kabiri Kettani
Abderrahim Outass, vice-président du Conseil de la commune de Casablanca.
L’Observateur du Maroc et d’Afrique : Quelle est votre vision de Casablanca comme ville intelligente à l'horizon 2030 ?
Abderrahim Outass : Notre vision est celle d'une métropole africaine de référence, intelligente, durable, inclusive et compétitive à l'échelle internationale. Casablanca ne part pas de zéro. Depuis plus de vingt ans, la ville connaît une transformation profonde avec le développement du tramway, du busway, la modernisation des infrastructures routières, la digitalisation des services publics, l'amélioration des espaces publics et la réalisation de grands projets structurants.
Aujourd'hui, avec le Plan d'Action Communal 2023-2028, nous accélérons cette dynamique. La ville intelligente que nous construisons repose sur plusieurs piliers : une mobilité moderne et durable, des services publics performants, une gestion intelligente des ressources, une économie urbaine compétitive et une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens.
Cette vision se traduit déjà par des projets concrets : le futur RER avec ses 52 nouvelles stations, le Grand Stade Hassan II dont les travaux sont à un stade très avancé, la future plateforme agroalimentaire métropolitaine de 240 hectares, ainsi que le développement continu des espaces verts et des équipements de proximité. Notre ambition est simple : faire de Casablanca une ville plus fluide, plus verte, plus attractive et plus proche de ses citoyens.
Quels services municipaux seront les prochains à être entièrement digitalisés ?
Je crois qu'il est important de rappeler que Casablanca a déjà réalisé une avancée majeure dans ce domaine. Aujourd'hui, pratiquement tous les services municipaux à forte interaction avec les citoyens sont déjà digitalisés : autorisations d'urbanisme, autorisations commerciales, gestion des réclamations, suivi des interventions sur la voirie, l'éclairage public, la propreté et les déchets, services liés à la mobilité ainsi que réservation des équipements publics.
Nous sommes désormais dans une nouvelle phase. L'enjeu n'est plus la digitalisation des services mais leur intégration dans une plateforme urbaine intelligente permettant une meilleure coordination des acteurs, une utilisation plus efficace de la donnée et une amélioration continue de la qualité du service rendu. L'objectif est de disposer d'une ville capable d'anticiper les besoins, de réagir plus rapidement et d'offrir une expérience toujours plus fluide aux citoyens.
Comment s'assurer que les bénéfices de la Smart City profitent également aux quartiers périphériques ?
Une Smart City n'a de sens que si elle profite à tous les habitants. Notre priorité est que les investissements bénéficient à l'ensemble du territoire communal et métropolitain. Le meilleur exemple est celui de la mobilité. Le futur RER et ses 52 stations permettront de mieux connecter les quartiers périphériques aux principaux pôles d'emploi, de services et de formation.
Nous avons également accordé une attention particulière à l'amélioration du cadre de vie. Au cours des quatre dernières années, les espaces verts et espaces de loisirs ont pratiquement doublé grâce notamment à la reconversion d'environ 60 hectares d'anciennes décharges en espaces de détente et de loisirs accessibles à tous.
Par ailleurs, la quasi-totalité des espaces verts municipaux sont aujourd'hui irrigués grâce aux eaux usées traitées ou aux eaux de source, illustrant notre engagement en faveur d'une gestion durable des ressources. La technologie, les infrastructures et les investissements doivent contribuer à réduire les inégalités territoriales et non à les accentuer.
Quels projets emblématiques de la Smart City deviendront visibles pour les Casablancais dans l’année à venir?
Les Casablancais voient déjà les effets de cette transformation, mais plusieurs projets majeurs vont devenir encore plus visibles dans les prochains mois. Le premier est le Réseau Express Régional (RER), qui avec ses 52 nouvelles stations constituera un saut qualitatif majeur dans la mobilité métropolitaine et facilitera les déplacements de centaines de milliers de citoyens.
Le deuxième est le Grand Stade Hassan II, dont les travaux avancent à un rythme soutenu et qui deviendra l'un des plus grands stades de football au monde. Ce projet renforce le rayonnement international de Casablanca et du Maroc dans la perspective de la Coupe du Monde 2030.
Le troisième est la plateforme agroalimentaire métropolitaine en cours de réalisation sur 240 hectares. Elle regroupera dans un même site moderne les marchés de gros, les abattoirs, le marché aux poissons et plusieurs activités logistiques stratégiques. Grâce à une gestion moderne et digitalisée, elle améliorera la qualité des services, la traçabilité, l'efficacité logistique et l'approvisionnement de toute la métropole.
Enfin, les citoyens continueront à constater l'amélioration de leur environnement urbain grâce à la création de nouveaux espaces verts, à la valorisation d'anciennes décharges et à l'amélioration continue des services municipaux numériques.
Quels domaines de coopération entre Singapour et le Maroc vous paraissent les plus prometteurs dans le développement de villes intelligentes centrées sur l'humain ?
Singapour constitue aujourd'hui une référence mondiale en matière de gouvernance urbaine, de planification stratégique et d'innovation. Plusieurs domaines de coopération me semblent particulièrement prometteurs : la mobilité intelligente, la gestion intégrée des données urbaines, la digitalisation des services publics, la logistique urbaine, la gestion durable de l'eau, l'efficacité énergétique et la résilience climatique.
L'expérience singapourienne est particulièrement intéressante parce qu'elle démontre que la technologie doit avant tout être mise au service du citoyen et de la qualité de vie. C'est également l'approche que nous développons à Casablanca : une Smart City qui place l'humain au centre de toutes les politiques publiques.
Comment éviter que les innovations urbaines n'accentuent les inégalités entre quartiers?
La réponse repose sur trois principes : l'équité territoriale, l'inclusion et l'accessibilité. Chaque projet doit être conçu pour bénéficier à l'ensemble des citoyens et non à une minorité. Le RER permettra de mieux connecter les territoires. Les services municipaux digitalisés facilitent déjà l'accès aux prestations publiques pour tous les habitants. Les nouveaux espaces verts et équipements de loisirs sont développés dans plusieurs secteurs de la ville. Les investissements structurants profitent progressivement à l'ensemble de la métropole.
La véritable réussite d'une ville intelligente ne se mesure pas uniquement au nombre de technologies déployées, mais à sa capacité à améliorer concrètement la vie quotidienne de tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence. Notre objectif est donc de construire une ville plus connectée, mais aussi plus juste, plus durable et plus inclusive.
Abderrahim Outass : Notre vision est celle d'une métropole africaine de référence, intelligente, durable, inclusive et compétitive à l'échelle internationale. Casablanca ne part pas de zéro. Depuis plus de vingt ans, la ville connaît une transformation profonde avec le développement du tramway, du busway, la modernisation des infrastructures routières, la digitalisation des services publics, l'amélioration des espaces publics et la réalisation de grands projets structurants.
Aujourd'hui, avec le Plan d'Action Communal 2023-2028, nous accélérons cette dynamique. La ville intelligente que nous construisons repose sur plusieurs piliers : une mobilité moderne et durable, des services publics performants, une gestion intelligente des ressources, une économie urbaine compétitive et une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens.
Cette vision se traduit déjà par des projets concrets : le futur RER avec ses 52 nouvelles stations, le Grand Stade Hassan II dont les travaux sont à un stade très avancé, la future plateforme agroalimentaire métropolitaine de 240 hectares, ainsi que le développement continu des espaces verts et des équipements de proximité. Notre ambition est simple : faire de Casablanca une ville plus fluide, plus verte, plus attractive et plus proche de ses citoyens.
Quels services municipaux seront les prochains à être entièrement digitalisés ?
Je crois qu'il est important de rappeler que Casablanca a déjà réalisé une avancée majeure dans ce domaine. Aujourd'hui, pratiquement tous les services municipaux à forte interaction avec les citoyens sont déjà digitalisés : autorisations d'urbanisme, autorisations commerciales, gestion des réclamations, suivi des interventions sur la voirie, l'éclairage public, la propreté et les déchets, services liés à la mobilité ainsi que réservation des équipements publics.
Nous sommes désormais dans une nouvelle phase. L'enjeu n'est plus la digitalisation des services mais leur intégration dans une plateforme urbaine intelligente permettant une meilleure coordination des acteurs, une utilisation plus efficace de la donnée et une amélioration continue de la qualité du service rendu. L'objectif est de disposer d'une ville capable d'anticiper les besoins, de réagir plus rapidement et d'offrir une expérience toujours plus fluide aux citoyens.
Comment s'assurer que les bénéfices de la Smart City profitent également aux quartiers périphériques ?
Une Smart City n'a de sens que si elle profite à tous les habitants. Notre priorité est que les investissements bénéficient à l'ensemble du territoire communal et métropolitain. Le meilleur exemple est celui de la mobilité. Le futur RER et ses 52 stations permettront de mieux connecter les quartiers périphériques aux principaux pôles d'emploi, de services et de formation.
Nous avons également accordé une attention particulière à l'amélioration du cadre de vie. Au cours des quatre dernières années, les espaces verts et espaces de loisirs ont pratiquement doublé grâce notamment à la reconversion d'environ 60 hectares d'anciennes décharges en espaces de détente et de loisirs accessibles à tous.
Par ailleurs, la quasi-totalité des espaces verts municipaux sont aujourd'hui irrigués grâce aux eaux usées traitées ou aux eaux de source, illustrant notre engagement en faveur d'une gestion durable des ressources. La technologie, les infrastructures et les investissements doivent contribuer à réduire les inégalités territoriales et non à les accentuer.
Quels projets emblématiques de la Smart City deviendront visibles pour les Casablancais dans l’année à venir?
Les Casablancais voient déjà les effets de cette transformation, mais plusieurs projets majeurs vont devenir encore plus visibles dans les prochains mois. Le premier est le Réseau Express Régional (RER), qui avec ses 52 nouvelles stations constituera un saut qualitatif majeur dans la mobilité métropolitaine et facilitera les déplacements de centaines de milliers de citoyens.
Le deuxième est le Grand Stade Hassan II, dont les travaux avancent à un rythme soutenu et qui deviendra l'un des plus grands stades de football au monde. Ce projet renforce le rayonnement international de Casablanca et du Maroc dans la perspective de la Coupe du Monde 2030.
Le troisième est la plateforme agroalimentaire métropolitaine en cours de réalisation sur 240 hectares. Elle regroupera dans un même site moderne les marchés de gros, les abattoirs, le marché aux poissons et plusieurs activités logistiques stratégiques. Grâce à une gestion moderne et digitalisée, elle améliorera la qualité des services, la traçabilité, l'efficacité logistique et l'approvisionnement de toute la métropole.
Enfin, les citoyens continueront à constater l'amélioration de leur environnement urbain grâce à la création de nouveaux espaces verts, à la valorisation d'anciennes décharges et à l'amélioration continue des services municipaux numériques.
Quels domaines de coopération entre Singapour et le Maroc vous paraissent les plus prometteurs dans le développement de villes intelligentes centrées sur l'humain ?
Singapour constitue aujourd'hui une référence mondiale en matière de gouvernance urbaine, de planification stratégique et d'innovation. Plusieurs domaines de coopération me semblent particulièrement prometteurs : la mobilité intelligente, la gestion intégrée des données urbaines, la digitalisation des services publics, la logistique urbaine, la gestion durable de l'eau, l'efficacité énergétique et la résilience climatique.
L'expérience singapourienne est particulièrement intéressante parce qu'elle démontre que la technologie doit avant tout être mise au service du citoyen et de la qualité de vie. C'est également l'approche que nous développons à Casablanca : une Smart City qui place l'humain au centre de toutes les politiques publiques.
Comment éviter que les innovations urbaines n'accentuent les inégalités entre quartiers?
La réponse repose sur trois principes : l'équité territoriale, l'inclusion et l'accessibilité. Chaque projet doit être conçu pour bénéficier à l'ensemble des citoyens et non à une minorité. Le RER permettra de mieux connecter les territoires. Les services municipaux digitalisés facilitent déjà l'accès aux prestations publiques pour tous les habitants. Les nouveaux espaces verts et équipements de loisirs sont développés dans plusieurs secteurs de la ville. Les investissements structurants profitent progressivement à l'ensemble de la métropole.
La véritable réussite d'une ville intelligente ne se mesure pas uniquement au nombre de technologies déployées, mais à sa capacité à améliorer concrètement la vie quotidienne de tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence. Notre objectif est donc de construire une ville plus connectée, mais aussi plus juste, plus durable et plus inclusive.
