Souhaib Ben Tayeb : « L’Afrique doit produire ses propres données pour construire sa propre IA »
À l’heure où l’intelligence artificielle générative capte tous les regards, la véritable bataille se joue souvent en coulisses. À Merzouga, lors du Rally IA Future Lab, le chercheur Souhaib Ben Tayeb a remis la donnée au centre du débat, estimant que l’avenir de l’IA en Afrique dépendra moins des algorithmes que de la capacité du continent à produire, maîtriser et valoriser ses propres données.
Mounia Kabiri Kettani
Souhaib Ben Tayeb, professeur associé à l’Université Mohammed Bin Zayed pour l’Intelligence Artificielle d’Abou Dhabi.
Chatbots, assistants intelligents, agents autonomes, modèles génératifs... L’intelligence artificielle fascine par ses applications spectaculaires. Pourtant, derrière ces avancées technologiques se cache un élément moins visible mais décisif : la qualité des données.
C’est le message qu’a porté Souhaib Ben Tayeb, professeur associé à l’Université Mohammed Bin Zayed pour l’Intelligence Artificielle d’Abou Dhabi, lors d’une keynote organisée dans le cadre du Rally IA Future Lab, qui réunit à Merzouga plus d’un millier de jeunes talents venus imaginer les solutions numériques de demain. « On parle beaucoup des applications de l’IA, mais rarement du rôle central de la donnée », a-t-il noté devant les participants.
La donnée, nouveau nerf de la guerre technologique
Pour le chercheur, la course mondiale à l’intelligence artificielle ne se joue plus uniquement sur les algorithmes ou la puissance de calcul. Elle se joue désormais sur la capacité à collecter, structurer, gouverner et exploiter des données de qualité. Une réalité d’autant plus importante que l’écosystème des données est en pleine mutation. Aujourd’hui, les données ne proviennent plus uniquement du monde réel. Elles peuvent être générées artificiellement, simulées ou produites par d’autres systèmes d’intelligence artificielle.
Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives mais soulève également des interrogations majeures liées à la traçabilité, aux biais algorithmiques, à la cybersécurité et à l’éthique. « La donnée est devenue un enjeu de gouvernance autant qu’un enjeu technologique », a-t-il expliqué.
Au-delà des considérations techniques, Souhaib Ben Tayeb a attiré l’attention sur une problématique de plus en plus stratégique : l’adaptation des modèles d’intelligence artificielle aux réalités locales. Il a notamment évoqué ses travaux de recherche sur la prévision météorologique dans plusieurs pays africains et sud-américains. Selon lui, la majorité des grands modèles mondiaux sont entraînés à partir de données principalement issues d’Europe et d’Amérique du Nord, ce qui peut réduire leur pertinence lorsqu’ils sont appliqués à d’autres contextes géographiques.
Pour les pays africains, le défi consiste donc à produire davantage de données locales et à développer des solutions adaptées à leurs réalités économiques, climatiques et sociales. Cette question dépasse le simple cadre scientifique. Elle touche directement aux enjeux de souveraineté numérique et à la capacité des pays à maîtriser leur propre trajectoire technologique.
Pour Souhaib Ben Tayeb, l’avenir de l’intelligence artificielle reposera sur la convergence de plusieurs facteurs : les données, les algorithmes, les capacités de calcul et les compétences humaines.
Mais au cœur de cette équation demeure un élément fondamental : la qualité de la donnée.
C’est le message qu’a porté Souhaib Ben Tayeb, professeur associé à l’Université Mohammed Bin Zayed pour l’Intelligence Artificielle d’Abou Dhabi, lors d’une keynote organisée dans le cadre du Rally IA Future Lab, qui réunit à Merzouga plus d’un millier de jeunes talents venus imaginer les solutions numériques de demain. « On parle beaucoup des applications de l’IA, mais rarement du rôle central de la donnée », a-t-il noté devant les participants.
La donnée, nouveau nerf de la guerre technologique
Pour le chercheur, la course mondiale à l’intelligence artificielle ne se joue plus uniquement sur les algorithmes ou la puissance de calcul. Elle se joue désormais sur la capacité à collecter, structurer, gouverner et exploiter des données de qualité. Une réalité d’autant plus importante que l’écosystème des données est en pleine mutation. Aujourd’hui, les données ne proviennent plus uniquement du monde réel. Elles peuvent être générées artificiellement, simulées ou produites par d’autres systèmes d’intelligence artificielle.
Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives mais soulève également des interrogations majeures liées à la traçabilité, aux biais algorithmiques, à la cybersécurité et à l’éthique. « La donnée est devenue un enjeu de gouvernance autant qu’un enjeu technologique », a-t-il expliqué.
Au-delà des considérations techniques, Souhaib Ben Tayeb a attiré l’attention sur une problématique de plus en plus stratégique : l’adaptation des modèles d’intelligence artificielle aux réalités locales. Il a notamment évoqué ses travaux de recherche sur la prévision météorologique dans plusieurs pays africains et sud-américains. Selon lui, la majorité des grands modèles mondiaux sont entraînés à partir de données principalement issues d’Europe et d’Amérique du Nord, ce qui peut réduire leur pertinence lorsqu’ils sont appliqués à d’autres contextes géographiques.
Pour les pays africains, le défi consiste donc à produire davantage de données locales et à développer des solutions adaptées à leurs réalités économiques, climatiques et sociales. Cette question dépasse le simple cadre scientifique. Elle touche directement aux enjeux de souveraineté numérique et à la capacité des pays à maîtriser leur propre trajectoire technologique.
Pour Souhaib Ben Tayeb, l’avenir de l’intelligence artificielle reposera sur la convergence de plusieurs facteurs : les données, les algorithmes, les capacités de calcul et les compétences humaines.
Mais au cœur de cette équation demeure un élément fondamental : la qualité de la donnée.

