Environnement
Réchauffement climatique : l’Afrique du Nord en première ligne
Le thermomètre s’emballe en Afrique du Nord. Plus exposée que le reste du continent, la région enregistre le rythme de réchauffement le plus rapide d’Afrique, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Une évolution qui s’accompagne d’épisodes de sécheresse plus fréquents et d’événements climatiques extrêmes aux conséquences de plus en plus lourdes.
Hayat Kamal Idrissi
Sécheresse, canicule et pluies torrentielles... Un avenir inquiétant
Les signaux du changement climatique se multiplient sur le continent africain. Dans son nouveau rapport « État du climat en Afrique 2025 », publié le 18 juin, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dresse un constat préoccupant : températures en hausse, sécheresses persistantes, inondations meurtrières et montée du niveau des mers affectent déjà des millions de personnes. L’Afrique du Nord apparaît comme l’une des régions les plus exposées, avec un réchauffement plus rapide que dans le reste du continent.
Selon l’OMM, les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ont touché au moins 13 millions de personnes en Afrique en 2025 et provoqué plus de 3 000 décès. Les inondations ont représenté plus de la moitié des catastrophes recensées, tandis que les sécheresses ont affecté plus de 8,5 millions de personnes en Afrique de l’Est.
Le rapport souligne que l’Afrique se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale et que le rythme observé depuis 1991 est nettement supérieur à celui des décennies précédentes. En 2025, la température moyenne annuelle sur les terres émergées du continent s’est classée entre la troisième et la septième plus élevée jamais enregistrée.
Afrique du Nord, ça chauffe !
Frappée de plein fouet par ces phénomènes extrêmes, l’Afrique du Nord est la sous-région qui a enregistré les anomalies de température les plus importantes. Les hausses les plus marquées ont été observées le long des côtes méditerranéennes de l’Algérie et de la Tunisie. En moyenne, les températures dans la région ont dépassé de 0,76 °C les normales de la période 1991-2020, soit davantage que dans les autres sous-régions africaines.
Plus préoccupant encore, l’OMM indique que l’Afrique du Nord connaît depuis 1991 le rythme de réchauffement le plus rapide du continent, avec une hausse moyenne de 0,43 °C par décennie. La région est également confrontée à une aggravation de l’aridité. Les sécheresses météorologiques, hydrologiques et agricoles se multiplient et, selon le rapport, certains épisodes extrêmes observés récemment dans l’est du bassin méditerranéen n’ont pas de précédent depuis plusieurs siècles.
En 2025, les précipitations sont restées inférieures à la normale sur une grande partie du littoral méditerranéen. Toutefois, certaines zones du nord-ouest africain ont connu, pour la première fois depuis plusieurs années, des pluies supérieures à la moyenne. Une amélioration qui n’a pas suffi à mettre fin à la sécheresse pluriannuelle affectant l’ensemble de la région.
Au Maroc
Le rapport relève qu’après six années consécutives marquées par des précipitations inférieures à la moyenne, le Maroc a connu d’importants épisodes pluvieux en mars et en décembre 2025. Ces précipitations ont contribué à atténuer la sécheresse, mais elles ont également provoqué des crues soudaines à Safi en décembre, causant 52 décès.
L’OMM met aussi en avant un épisode hivernal exceptionnel durant l’hiver 2025-2026. D’importantes chutes de neige ont recouvert le Haut et le Moyen Atlas, portant l’étendue du manteau neigeux à plus de 55000 km², son niveau le plus élevé depuis neuf ans pour cette période. Dans la province de Midelt, une épaisseur de neige de 1,66 mètre a été enregistrée. La fonte progressive de cette neige devrait contribuer à la recharge des nappes phréatiques, essentielles à l’approvisionnement en eau.
Océans plus chauds
L’OMM souligne également la poursuite du réchauffement des océans et de leur acidification. Entre 1999 et 2025, la hausse du niveau de la mer le long des côtes africaines a dépassé la moyenne mondiale dans plusieurs zones, atteignant environ 4,2 mm par an sur la façade atlantique, 5,2 mm sur les côtes de l’océan Indien et 5,6 mm dans la mer Rouge.
Dans la Méditerranée, des températures record de surface de la mer ont été observées localement, renforçant les risques pour les écosystèmes marins et les communautés dépendantes des ressources halieutiques.
Systèmes d’alerte insuffisants
« Les signes du changement climatique sont visibles partout en Afrique... Ce rapport met en évidence non seulement l’ampleur des risques, mais aussi l’importance croissante des alertes précoces, des services climatologiques et de l’action coordonnée pour protéger les vies et les moyens de subsistance », souligne dans ce rapport Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM.
Face à la multiplication des événements extrêmes, l’OMM insiste sur l’importance des systèmes d’alerte précoce. Pourtant, moins de 40 % des pays africains disposent de capacités adéquates de préparation et de réponse. Des progrès sont néanmoins observés grâce au renforcement de la coopération entre services météorologiques, autorités locales et organismes de gestion des catastrophes.
L’exemple du Maroc, où la gestion des crues de l’oued Loukkos ayant touché Ksar El Kébir a permis une mobilisation rapide des différents acteurs, montre qu’une meilleure anticipation peut faire la différence. Pour l’OMM, le développement des systèmes d’alerte précoce et le renforcement des capacités de préparation constituent désormais l’un des leviers les plus efficaces pour réduire l’impact humain et économique des catastrophes climatiques.
Selon l’OMM, les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ont touché au moins 13 millions de personnes en Afrique en 2025 et provoqué plus de 3 000 décès. Les inondations ont représenté plus de la moitié des catastrophes recensées, tandis que les sécheresses ont affecté plus de 8,5 millions de personnes en Afrique de l’Est.
Le rapport souligne que l’Afrique se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale et que le rythme observé depuis 1991 est nettement supérieur à celui des décennies précédentes. En 2025, la température moyenne annuelle sur les terres émergées du continent s’est classée entre la troisième et la septième plus élevée jamais enregistrée.
Afrique du Nord, ça chauffe !
Frappée de plein fouet par ces phénomènes extrêmes, l’Afrique du Nord est la sous-région qui a enregistré les anomalies de température les plus importantes. Les hausses les plus marquées ont été observées le long des côtes méditerranéennes de l’Algérie et de la Tunisie. En moyenne, les températures dans la région ont dépassé de 0,76 °C les normales de la période 1991-2020, soit davantage que dans les autres sous-régions africaines.
Plus préoccupant encore, l’OMM indique que l’Afrique du Nord connaît depuis 1991 le rythme de réchauffement le plus rapide du continent, avec une hausse moyenne de 0,43 °C par décennie. La région est également confrontée à une aggravation de l’aridité. Les sécheresses météorologiques, hydrologiques et agricoles se multiplient et, selon le rapport, certains épisodes extrêmes observés récemment dans l’est du bassin méditerranéen n’ont pas de précédent depuis plusieurs siècles.
En 2025, les précipitations sont restées inférieures à la normale sur une grande partie du littoral méditerranéen. Toutefois, certaines zones du nord-ouest africain ont connu, pour la première fois depuis plusieurs années, des pluies supérieures à la moyenne. Une amélioration qui n’a pas suffi à mettre fin à la sécheresse pluriannuelle affectant l’ensemble de la région.
Au Maroc
Le rapport relève qu’après six années consécutives marquées par des précipitations inférieures à la moyenne, le Maroc a connu d’importants épisodes pluvieux en mars et en décembre 2025. Ces précipitations ont contribué à atténuer la sécheresse, mais elles ont également provoqué des crues soudaines à Safi en décembre, causant 52 décès.
L’OMM met aussi en avant un épisode hivernal exceptionnel durant l’hiver 2025-2026. D’importantes chutes de neige ont recouvert le Haut et le Moyen Atlas, portant l’étendue du manteau neigeux à plus de 55000 km², son niveau le plus élevé depuis neuf ans pour cette période. Dans la province de Midelt, une épaisseur de neige de 1,66 mètre a été enregistrée. La fonte progressive de cette neige devrait contribuer à la recharge des nappes phréatiques, essentielles à l’approvisionnement en eau.
Océans plus chauds
L’OMM souligne également la poursuite du réchauffement des océans et de leur acidification. Entre 1999 et 2025, la hausse du niveau de la mer le long des côtes africaines a dépassé la moyenne mondiale dans plusieurs zones, atteignant environ 4,2 mm par an sur la façade atlantique, 5,2 mm sur les côtes de l’océan Indien et 5,6 mm dans la mer Rouge.
Dans la Méditerranée, des températures record de surface de la mer ont été observées localement, renforçant les risques pour les écosystèmes marins et les communautés dépendantes des ressources halieutiques.
Systèmes d’alerte insuffisants
« Les signes du changement climatique sont visibles partout en Afrique... Ce rapport met en évidence non seulement l’ampleur des risques, mais aussi l’importance croissante des alertes précoces, des services climatologiques et de l’action coordonnée pour protéger les vies et les moyens de subsistance », souligne dans ce rapport Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM.
Face à la multiplication des événements extrêmes, l’OMM insiste sur l’importance des systèmes d’alerte précoce. Pourtant, moins de 40 % des pays africains disposent de capacités adéquates de préparation et de réponse. Des progrès sont néanmoins observés grâce au renforcement de la coopération entre services météorologiques, autorités locales et organismes de gestion des catastrophes.
L’exemple du Maroc, où la gestion des crues de l’oued Loukkos ayant touché Ksar El Kébir a permis une mobilisation rapide des différents acteurs, montre qu’une meilleure anticipation peut faire la différence. Pour l’OMM, le développement des systèmes d’alerte précoce et le renforcement des capacités de préparation constituent désormais l’un des leviers les plus efficaces pour réduire l’impact humain et économique des catastrophes climatiques.
