Société
Information : la confiance s'effrite, les réseaux sociaux gagnent du terrain
Les consommateurs d’information tournent progressivement le dos aux médias traditionnels. Portées par les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les outils d’intelligence artificielle, de nouvelles pratiques s’imposent, notamment chez les jeunes. Une mutation profonde qui s’accompagne d’un recul inédit de la confiance dans les médias, tombée à son plus bas niveau depuis 2015, révèle le Digital News Report 2026.
Hayat Kamal Idrissi
Les réseaux sociaux gagnent du terrain à vue d'œil
La relation du public à l’information continue de se transformer. C’est l’un des principaux enseignements du Digital News Report 2026 du Reuters Institute for the Study of Journalism. Réalisée dans 48 pays, l’étude met en évidence une baisse de l’intérêt pour l’actualité, un recul inédit de la confiance dans les médias et une montée en puissance des plateformes sociales et, plus récemment, des outils d’intelligence artificielle. Un bouleversement qui redessine les habitudes de consommation de l’information et pose de nouveaux défis aux médias traditionnels.
Réseaux sociaux Vs médias traditionnels
Les réseaux sociaux et les plateformes vidéo sont désormais la première source d’information à l’échelle mondiale, au détriment des télévisions, journaux et sites d’information détenus par les éditeurs. C’est le grand constat de ce nouveau rapport. Chez les moins de 35 ans, cette mutation est encore plus marquée : les jeunes privilégient désormais les réseaux sociaux et les contenus vidéo, tandis que les générations plus âgées restent davantage attachées à la télévision et aux sites d’information classiques.
Cette fracture générationnelle semble durable et n’a rien d’un phénomène accidentel. À l’échelle mondiale, 56 % des 18-24 ans qui n’ont pas lu de journal au cours de la semaine précédant l’enquête, déclarent n’en avoir jamais lu régulièrement.
Intérêt en net recul
Depuis le pic observé pendant la pandémie, l’intérêt pour l’information s’érode. La part des personnes se disant « très » ou « extrêmement » intéressées par l’actualité est passée de 59 % en 2021 à moins de 46 % en 2026, soit une baisse de 13 points. Plus qu’une simple baisse d’intérêt, le rapport à l’information devient plus complexe s’apparentant souvent à un ras-le-bol.
Parallèlement, l’évitement de l’actualité continue de progresser. Désormais, 42 % des personnes interrogées affirment éviter parfois ou souvent les informations, contre 29 % en 2017. Dans certains pays comme la Turquie, la Bulgarie ou la Croatie, cette proportion dépasse même 60 %. Selon le rapport, la multiplication des crises, la polarisation politique et la surcharge informationnelle contribuent à cette fatigue médiatique.
Confiance en berne
Autre signal préoccupant : la confiance dans l’information poursuit son recul. Seulement 37 % des personnes interrogées déclarent faire confiance aux informations « la plupart du temps », soit le niveau le plus faible depuis le lancement de cette mesure en 2015. Après trois années de stabilité, le taux mondial recule de trois points. Vingt-neuf marchés sur 48 enregistrent une baisse significative.
Un phénomène nullement isolé selon me Reuters Institute. Ce dernier estime que cette défiance dépasse le seul cadre des médias et s’inscrit dans une crise plus large de confiance envers les institutions politiques et sociales.
IA, le grand essor
Pour ne pas arranger la situation, l’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les usages en se substituant aux sources classiques de l’information. L’étude s’est penchée pour la première fois sur les chatbots génératifs comme source d’information. Au niveau mondial, 10 % des personnes interrogées déclarent avoir utilisé chaque semaine des outils tels que ChatGPT, Gemini ou Perplexity pour s’informer, contre 7 % l’année précédente. L’usage est particulièrement répandu chez les moins de 35 ans, où il atteint 16 %, contre 7 % chez les plus de 35 ans.
Les utilisateurs apprécient notamment la possibilité d’obtenir des synthèses, de comparer différentes sources, de poser des questions complémentaires ou encore de traduire des contenus provenant d’autres langues. En revanche, la confiance accordée aux réponses fournies par ces outils reste limitée : elle ne s’élève qu’à 20 %, bien en dessous de celle accordée aux médias en général (37 %).
Moteurs de recherche, trafic en recul
Le rapport revient également sur le phénomène baptisé « Google Zero », qui inquiète les éditeurs. Le trafic provenant de la recherche organique de Google vers plus de 2 500 sites d’information a chuté de 33 % entre novembre 2024 et novembre 2025, selon les données de Chartbeat citées par le Reuters Institute. Les éditeurs anticipent même une baisse de 43 % supplémentaires au cours des trois prochaines années.
Face à cette dépendance croissante aux plateformes, de nombreux médias privilégient désormais la fidélisation d’une audience plus restreinte mais plus engagée plutôt que la seule course au volume, note le dit rapport. Ces tendances mondiales résonnent particulièrement avec les évolutions observées au Maroc et dans plusieurs pays de la région MENA et d’Afrique. La consommation de l’information y passe de plus en plus par les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les applications de messagerie, notamment chez les jeunes générations.
Dans un environnement numérique marqué par la fragmentation des audiences, la concurrence des créateurs de contenu et l’émergence de l’intelligence artificielle, les médias sont confrontés à un double défi : préserver leur crédibilité tout en adaptant leurs formats et leurs modes de diffusion pour « accrocher » plus et mieux. Le rapport du Reuters Institute montre ainsi que l’enjeu n’est plus seulement de produire de l’information, mais aussi de réussir à la rendre visible, crédible et pertinente dans un univers où l’attention devient une ressource de plus en plus rare.
Réseaux sociaux Vs médias traditionnels
Les réseaux sociaux et les plateformes vidéo sont désormais la première source d’information à l’échelle mondiale, au détriment des télévisions, journaux et sites d’information détenus par les éditeurs. C’est le grand constat de ce nouveau rapport. Chez les moins de 35 ans, cette mutation est encore plus marquée : les jeunes privilégient désormais les réseaux sociaux et les contenus vidéo, tandis que les générations plus âgées restent davantage attachées à la télévision et aux sites d’information classiques.
Cette fracture générationnelle semble durable et n’a rien d’un phénomène accidentel. À l’échelle mondiale, 56 % des 18-24 ans qui n’ont pas lu de journal au cours de la semaine précédant l’enquête, déclarent n’en avoir jamais lu régulièrement.
Intérêt en net recul
Depuis le pic observé pendant la pandémie, l’intérêt pour l’information s’érode. La part des personnes se disant « très » ou « extrêmement » intéressées par l’actualité est passée de 59 % en 2021 à moins de 46 % en 2026, soit une baisse de 13 points. Plus qu’une simple baisse d’intérêt, le rapport à l’information devient plus complexe s’apparentant souvent à un ras-le-bol.
Parallèlement, l’évitement de l’actualité continue de progresser. Désormais, 42 % des personnes interrogées affirment éviter parfois ou souvent les informations, contre 29 % en 2017. Dans certains pays comme la Turquie, la Bulgarie ou la Croatie, cette proportion dépasse même 60 %. Selon le rapport, la multiplication des crises, la polarisation politique et la surcharge informationnelle contribuent à cette fatigue médiatique.
Confiance en berne
Autre signal préoccupant : la confiance dans l’information poursuit son recul. Seulement 37 % des personnes interrogées déclarent faire confiance aux informations « la plupart du temps », soit le niveau le plus faible depuis le lancement de cette mesure en 2015. Après trois années de stabilité, le taux mondial recule de trois points. Vingt-neuf marchés sur 48 enregistrent une baisse significative.
Un phénomène nullement isolé selon me Reuters Institute. Ce dernier estime que cette défiance dépasse le seul cadre des médias et s’inscrit dans une crise plus large de confiance envers les institutions politiques et sociales.
IA, le grand essor
Pour ne pas arranger la situation, l’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les usages en se substituant aux sources classiques de l’information. L’étude s’est penchée pour la première fois sur les chatbots génératifs comme source d’information. Au niveau mondial, 10 % des personnes interrogées déclarent avoir utilisé chaque semaine des outils tels que ChatGPT, Gemini ou Perplexity pour s’informer, contre 7 % l’année précédente. L’usage est particulièrement répandu chez les moins de 35 ans, où il atteint 16 %, contre 7 % chez les plus de 35 ans.
Les utilisateurs apprécient notamment la possibilité d’obtenir des synthèses, de comparer différentes sources, de poser des questions complémentaires ou encore de traduire des contenus provenant d’autres langues. En revanche, la confiance accordée aux réponses fournies par ces outils reste limitée : elle ne s’élève qu’à 20 %, bien en dessous de celle accordée aux médias en général (37 %).
Moteurs de recherche, trafic en recul
Le rapport revient également sur le phénomène baptisé « Google Zero », qui inquiète les éditeurs. Le trafic provenant de la recherche organique de Google vers plus de 2 500 sites d’information a chuté de 33 % entre novembre 2024 et novembre 2025, selon les données de Chartbeat citées par le Reuters Institute. Les éditeurs anticipent même une baisse de 43 % supplémentaires au cours des trois prochaines années.
Face à cette dépendance croissante aux plateformes, de nombreux médias privilégient désormais la fidélisation d’une audience plus restreinte mais plus engagée plutôt que la seule course au volume, note le dit rapport. Ces tendances mondiales résonnent particulièrement avec les évolutions observées au Maroc et dans plusieurs pays de la région MENA et d’Afrique. La consommation de l’information y passe de plus en plus par les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les applications de messagerie, notamment chez les jeunes générations.
Dans un environnement numérique marqué par la fragmentation des audiences, la concurrence des créateurs de contenu et l’émergence de l’intelligence artificielle, les médias sont confrontés à un double défi : préserver leur crédibilité tout en adaptant leurs formats et leurs modes de diffusion pour « accrocher » plus et mieux. Le rapport du Reuters Institute montre ainsi que l’enjeu n’est plus seulement de produire de l’information, mais aussi de réussir à la rendre visible, crédible et pertinente dans un univers où l’attention devient une ressource de plus en plus rare.
