Forum des droits humains d'Essaouira : la jeunesse interroge sa liberté, son identité et son avenir
En marge de la 27ᵉ édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, le Forum des droits humains d'Essaouira a ouvert sa 13ᵉ édition en consacrant deux journées de réflexion à un thème qui résonne avec les bouleversements contemporains : « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ». Entre philosophie, culture et engagement politique, intellectuels, artistes et responsables publics ont placé les nouvelles générations au cœur des débats.
Kawtar Firdaous
Mohamed Mehdi Bensaid et Najat Vallaud-Belkacem - Forum des droits humains d'Essaouira 2026.
Au lendemain de l'ouverture du Festival Gnaoua, le Forum des droits humains a une nouvelle fois rassemblé un public nombreux à Essaouira. Organisée par le Festival Gnaoua en partenariat avec le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), cette 13ᵉ édition s'inscrit dans un contexte mondial marqué par les conflits, le dérèglement climatique, les fractures sociales et les mutations numériques.
En ouvrant les travaux, Neïla Tazi, fondatrice et productrice du Festival Gnaoua, a expliqué le choix de cette thématique en soulignant que les jeunes évoluent aujourd'hui dans un environnement où les certitudes se sont estompées.
« Il n'y a pas de jeunesse sans liberté », a-t-elle déclaré, estimant que la liberté demeure la condition indispensable pour permettre aux nouvelles générations « de s'inventer un chemin » dans un monde où « l'avenir n'est plus une promesse qui va de soi ».
Pour elle, les trois notions qui structurent cette édition sont indissociables. La liberté constitue le socle de toute émancipation, tandis que l'identité ne peut être réduite à un héritage figé.
« L'identité est une construction vivante », a-t-elle affirmé, rappelant qu'elle se nourrit à la fois des racines, des expériences personnelles et des choix individuels. Dans cette perspective, les jeunes « n'ont pas à choisir entre l'enracinement et l'ouverture », une vision qui rejoint l'esprit d'ouverture et de dialogue porté depuis près de trois décennies par le Festival Gnaoua.
Plusieurs jeunesses, plusieurs réalités
Prenant la parole à son tour, le président du CCME, Driss El Yazami, a mis en garde contre toute vision uniforme de la jeunesse.
« Il existe en réalité plusieurs jeunesses ; tous n'ont pas le même rêve et tous ne partent pas sur un même pied d'égalité », a-t-il souligné, plaidant pour une lecture plus nuancée des aspirations des nouvelles générations. Le responsable a également qualifié le Forum de « rendez-vous le plus démocratique du Maroc », saluant un espace où la réflexion se nourrit de la diversité des parcours et des expériences.
Une approche philosophique des défis contemporains
La leçon inaugurale a été confiée au philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur émérite à l'Université Columbia.
Face aux multiples défis auxquels les jeunes sont confrontés, il a plaidé pour une « approche transversale et pluridisciplinaire », estimant que les transformations contemporaines exigent de dépasser les frontières disciplinaires afin de mieux comprendre les mutations d'une jeunesse désormais connectée à l'échelle mondiale.
L'engagement des jeunes au cœur du débat
L'un des temps forts de cette première journée a été la conversation entre Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre française de l'Éducation nationale et présidente de France Terre d'Asile.
Les deux personnalités sont revenues sur leurs parcours d'engagement politique, évoquant les difficultés rencontrées lorsqu'ils étaient jeunes militants. Tous deux ont insisté sur la nécessité pour les nouvelles générations d'investir les espaces de décision et de faire entendre leur voix au sein des institutions.
Évoquant les mobilisations de la jeunesse marocaine, Mohamed Mehdi Bensaid a insisté sur l'importance du dialogue avec les jeunes, rappelant les initiatives engagées par sa formation politique pour créer de nouveaux canaux d'échange, notamment via des outils numériques.
Interrogée à l'issue de son intervention, Najat Vallaud-Belkacem a livré une lecture nuancée des mouvements de contestation portés par les jeunes.
« Il n'est jamais agréable pour les pouvoirs publics de voir la jeunesse descendre dans la rue », a-t-elle reconnu. Mais elle estime que lorsqu'une jeunesse se mobilise « pour réclamer une éducation de qualité et trouver une place dans la société, c'est plutôt une bonne nouvelle pour le pays », car cela témoigne de sa confiance dans la capacité des institutions à répondre à ses attentes.
La culture comme espace d'expression
La réflexion s'est poursuivie avec une table ronde consacrée au rôle des arts et de la culture dans la construction des identités, réunissant notamment la réalisatrice marocaine Asmae El Moudir, la romancière Samira El Ayachi, l'artiste Fatima Ezzahra Aït Azouit, le plasticien Aliou Diack ainsi que l'actrice et réalisatrice Fatym Layachi. Les intervenants ont mis en avant la force de l'art et le rôle de la création comme langage universel, capable de transmettre la mémoire, de nourrir le dialogue entre les générations et d'accompagner les jeunes dans la construction de leurs identités. Face aux mutations du monde contemporain, ils ont également insisté sur le rôle de la culture comme espace de liberté, de transmission et d'émancipation.
Au-delà des conférences, cette 13ᵉ édition confirme la vocation du Forum des droits humains : faire d'Essaouira un laboratoire d'idées où la culture devient un levier de réflexion sur les grandes mutations du monde contemporain.
En choisissant de placer la jeunesse au centre de ses débats, le Forum rappelle qu'elle ne constitue pas seulement l'avenir des sociétés, mais qu'elle en est déjà l'une des principales forces de transformation.
En ouvrant les travaux, Neïla Tazi, fondatrice et productrice du Festival Gnaoua, a expliqué le choix de cette thématique en soulignant que les jeunes évoluent aujourd'hui dans un environnement où les certitudes se sont estompées.
« Il n'y a pas de jeunesse sans liberté », a-t-elle déclaré, estimant que la liberté demeure la condition indispensable pour permettre aux nouvelles générations « de s'inventer un chemin » dans un monde où « l'avenir n'est plus une promesse qui va de soi ».
Pour elle, les trois notions qui structurent cette édition sont indissociables. La liberté constitue le socle de toute émancipation, tandis que l'identité ne peut être réduite à un héritage figé.
« L'identité est une construction vivante », a-t-elle affirmé, rappelant qu'elle se nourrit à la fois des racines, des expériences personnelles et des choix individuels. Dans cette perspective, les jeunes « n'ont pas à choisir entre l'enracinement et l'ouverture », une vision qui rejoint l'esprit d'ouverture et de dialogue porté depuis près de trois décennies par le Festival Gnaoua.
Plusieurs jeunesses, plusieurs réalités
Prenant la parole à son tour, le président du CCME, Driss El Yazami, a mis en garde contre toute vision uniforme de la jeunesse.
« Il existe en réalité plusieurs jeunesses ; tous n'ont pas le même rêve et tous ne partent pas sur un même pied d'égalité », a-t-il souligné, plaidant pour une lecture plus nuancée des aspirations des nouvelles générations. Le responsable a également qualifié le Forum de « rendez-vous le plus démocratique du Maroc », saluant un espace où la réflexion se nourrit de la diversité des parcours et des expériences.
Une approche philosophique des défis contemporains
La leçon inaugurale a été confiée au philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur émérite à l'Université Columbia.
Face aux multiples défis auxquels les jeunes sont confrontés, il a plaidé pour une « approche transversale et pluridisciplinaire », estimant que les transformations contemporaines exigent de dépasser les frontières disciplinaires afin de mieux comprendre les mutations d'une jeunesse désormais connectée à l'échelle mondiale.
L'engagement des jeunes au cœur du débat
L'un des temps forts de cette première journée a été la conversation entre Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre française de l'Éducation nationale et présidente de France Terre d'Asile.
Les deux personnalités sont revenues sur leurs parcours d'engagement politique, évoquant les difficultés rencontrées lorsqu'ils étaient jeunes militants. Tous deux ont insisté sur la nécessité pour les nouvelles générations d'investir les espaces de décision et de faire entendre leur voix au sein des institutions.
Évoquant les mobilisations de la jeunesse marocaine, Mohamed Mehdi Bensaid a insisté sur l'importance du dialogue avec les jeunes, rappelant les initiatives engagées par sa formation politique pour créer de nouveaux canaux d'échange, notamment via des outils numériques.
Interrogée à l'issue de son intervention, Najat Vallaud-Belkacem a livré une lecture nuancée des mouvements de contestation portés par les jeunes.
« Il n'est jamais agréable pour les pouvoirs publics de voir la jeunesse descendre dans la rue », a-t-elle reconnu. Mais elle estime que lorsqu'une jeunesse se mobilise « pour réclamer une éducation de qualité et trouver une place dans la société, c'est plutôt une bonne nouvelle pour le pays », car cela témoigne de sa confiance dans la capacité des institutions à répondre à ses attentes.
La culture comme espace d'expression
La réflexion s'est poursuivie avec une table ronde consacrée au rôle des arts et de la culture dans la construction des identités, réunissant notamment la réalisatrice marocaine Asmae El Moudir, la romancière Samira El Ayachi, l'artiste Fatima Ezzahra Aït Azouit, le plasticien Aliou Diack ainsi que l'actrice et réalisatrice Fatym Layachi. Les intervenants ont mis en avant la force de l'art et le rôle de la création comme langage universel, capable de transmettre la mémoire, de nourrir le dialogue entre les générations et d'accompagner les jeunes dans la construction de leurs identités. Face aux mutations du monde contemporain, ils ont également insisté sur le rôle de la culture comme espace de liberté, de transmission et d'émancipation.
Au-delà des conférences, cette 13ᵉ édition confirme la vocation du Forum des droits humains : faire d'Essaouira un laboratoire d'idées où la culture devient un levier de réflexion sur les grandes mutations du monde contemporain.
En choisissant de placer la jeunesse au centre de ses débats, le Forum rappelle qu'elle ne constitue pas seulement l'avenir des sociétés, mais qu'elle en est déjà l'une des principales forces de transformation.
