Musique
Yasmine Hamdan à Essaouira : « La musique est une forme de résistance »
Sous les remparts du Borj Bab Marrakech, Yasmine Hamdan a offert samedi soir l'un des moments les plus contemplatifs de la 27e édition du Festival Gnaoua d’Essaouira. Portée par une voix aussi envoûtante qu'introspective, l’icône de la musique undergroung arabe a tissé un dialogue subtil entre électro, folk et héritage musical arabe. À travers les morceaux de son dernier album I Remember, I Forget et ses titres emblématiques, elle a livré bien plus qu'un concert : une réflexion sensible sur la mémoire, l'identité et la liberté. Rencontre avec une artiste qui revendique la musique comme un acte de résistance.
Kawtar Firdaous
La chanteuse libanaise Yasmine Hamdan a envoûté le public samedi 27 juin au Borj Bab Marrakech- Festival Gnaoua 2026 d'Essaouira.

Un moment de grâce entre Yasmine Hamdan et les Gnaouas samedi 27 juin au Borj Bab Marrakech- Festival Gnaoua 2026.
Les premières notes s'élèvent dans la douceur du crépuscule, avant que la voix de Yasmine Hamdan ne vienne envelopper les remparts du Borj Bab Marrakech. Face à un public attentif, la chanteuse libanaise déploie un univers singulier où les sonorités électroniques se mêlent aux inflexions de la musique arabe, entre délicatesse, mélancolie et puissance émotionnelle. Fidèle à son esthétique, elle interprète ses morceaux les plus connus tout en dévoilant plusieurs titres de "I Remember, I Forget", un album profondément marqué par les thèmes de la mémoire, de l'oubli et de l'exil.
Pour Yasmine Hamdan, revenir à Essaouira revêt une dimension particulière. Très attachée au Maroc, où elle dit avoir séjourné à de nombreuses reprises, elle évoque une admiration intacte pour la richesse culturelle du Royaume et pour l'atmosphère singulière de la Cité des Alizés. Elle voit dans le Festival Gnaoua un espace rare où les traditions dialoguent librement avec les expressions musicales contemporaines, loin des frontières esthétiques et géographiques.
Cette liberté constitue d'ailleurs le fil conducteur de toute son œuvre. Refusant les catégories qui enferment les artistes arabes dans une identité figée, elle revendique une création ouverte sur le monde, nourrie aussi bien par le patrimoine musical du Moyen-Orient que par les influences glanées au fil de ses voyages et de ses collaborations. Pour elle, les cultures ne s'opposent pas : elles se rencontrent, se transforment et s'enrichissent mutuellement. La musique devient alors un langage universel, capable de dépasser les appartenances et les stéréotypes.
Cette réflexion irrigue également son dernier album. Sans avoir cherché à construire un concept, l'artiste a réalisé, au fil de l'écriture, que chacune des chansons était traversée par les notions de mémoire et d'oubli. Une évidence née dans un contexte particulièrement éprouvant, marqué par la crise économique au Liban, l'explosion du port de Beyrouth, la pandémie et un profond questionnement sur son propre parcours artistique. Le titre I Remember, I Forget, suggéré par le cinéaste marocain Faouzi Bensaïdi, s'est alors imposé comme une synthèse naturelle de cette traversée intime.
Au-delà de son parcours personnel, Yasmine Hamdan porte un regard lucide sur les mutations du monde de la musique. Si elle reconnaît que l'art ne peut, à lui seul, transformer la société, elle lui attribue un rôle essentiel : offrir un refuge, éveiller les consciences et préserver un espace de liberté. À l'heure où l'intelligence artificielle et les plateformes de streaming bouleversent les modèles économiques de la création, elle estime que continuer à composer et à monter sur scène relève d'un véritable engagement.
« La musique est une forme de résistance », affirme-t-elle. Une conviction qui ne relève ni du slogan ni de la posture, mais d'une vision profondément humaniste de la création. À Essaouira, cette philosophie a trouvé un écrin à sa mesure : celui d'un festival où les héritages se transmettent, où les cultures dialoguent et où la musique continue, plus que jamais, de faire tomber les frontières.
Pour Yasmine Hamdan, revenir à Essaouira revêt une dimension particulière. Très attachée au Maroc, où elle dit avoir séjourné à de nombreuses reprises, elle évoque une admiration intacte pour la richesse culturelle du Royaume et pour l'atmosphère singulière de la Cité des Alizés. Elle voit dans le Festival Gnaoua un espace rare où les traditions dialoguent librement avec les expressions musicales contemporaines, loin des frontières esthétiques et géographiques.
Cette liberté constitue d'ailleurs le fil conducteur de toute son œuvre. Refusant les catégories qui enferment les artistes arabes dans une identité figée, elle revendique une création ouverte sur le monde, nourrie aussi bien par le patrimoine musical du Moyen-Orient que par les influences glanées au fil de ses voyages et de ses collaborations. Pour elle, les cultures ne s'opposent pas : elles se rencontrent, se transforment et s'enrichissent mutuellement. La musique devient alors un langage universel, capable de dépasser les appartenances et les stéréotypes.
Cette réflexion irrigue également son dernier album. Sans avoir cherché à construire un concept, l'artiste a réalisé, au fil de l'écriture, que chacune des chansons était traversée par les notions de mémoire et d'oubli. Une évidence née dans un contexte particulièrement éprouvant, marqué par la crise économique au Liban, l'explosion du port de Beyrouth, la pandémie et un profond questionnement sur son propre parcours artistique. Le titre I Remember, I Forget, suggéré par le cinéaste marocain Faouzi Bensaïdi, s'est alors imposé comme une synthèse naturelle de cette traversée intime.
Au-delà de son parcours personnel, Yasmine Hamdan porte un regard lucide sur les mutations du monde de la musique. Si elle reconnaît que l'art ne peut, à lui seul, transformer la société, elle lui attribue un rôle essentiel : offrir un refuge, éveiller les consciences et préserver un espace de liberté. À l'heure où l'intelligence artificielle et les plateformes de streaming bouleversent les modèles économiques de la création, elle estime que continuer à composer et à monter sur scène relève d'un véritable engagement.
« La musique est une forme de résistance », affirme-t-elle. Une conviction qui ne relève ni du slogan ni de la posture, mais d'une vision profondément humaniste de la création. À Essaouira, cette philosophie a trouvé un écrin à sa mesure : celui d'un festival où les héritages se transmettent, où les cultures dialoguent et où la musique continue, plus que jamais, de faire tomber les frontières.
