Luanda et Washington renforcent leur coopération militaire et civile
L’Angola et les États-Unis ont officialisé, mardi 30 juin à Luanda, un accord de coopération dans le cadre du programme de partenariat entre la Garde nationale de l’État américain de l’Ohio et les Forces armées angolaises (FAA).
Lilia Habboul
La signature de cet accord s’est déroulée lors d’une cérémonie présidée par le ministre angolais de la Défense nationale, des anciens combattants et des vétérans de la patrie, Lúcio Gonçalves Amaral.
Présenté comme une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales, ce partenariat dépasse le cadre strictement militaire. Il englobe plusieurs domaines, notamment la santé publique et la préparation médicale, la cybersécurité, les technologies émergentes, la gestion des catastrophes, le développement du leadership, ainsi que la professionnalisation des forces armées. Il inclut également des volets liés à l’agriculture, à l’éducation et au développement économique.
Le ministre angolais a souligné que ce partenariat reflète l’engagement de l’Angola en faveur de la paix, de la sécurité régionale et de la coopération internationale. Il a précisé qu’il contribuera au renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles du pays, à l’amélioration de l’interopérabilité des forces et à la préparation aux nouveaux défis sécuritaires.
Cette coopération intervient dans un contexte où l’Angola adapte progressivement son dispositif de sécurité à des menaces diversifiées, allant des enjeux économiques aux risques technologiques et climatiques.
Sur le plan économique, les autorités intensifient leur lutte contre la criminalité liée à l’exploitation minière illégale, notamment le trafic de diamants, qui affecte les recettes nationales. En parallèle, des réformes juridiques ont été renforcées en 2024 pour durcir les sanctions contre ces activités.
Dans le domaine numérique, le pays accélère la mise en place d’infrastructures souveraines, avec le développement de centres de données nationaux, d’un cloud gouvernemental et le renforcement des dispositifs de cybersécurité et de protection des données.
L’Angola fait également face à des défis climatiques croissants, marqués par des sécheresses et des inondations récurrentes, qui impactent la sécurité alimentaire et la stabilité économique. Ces enjeux renforcent la nécessité de stratégies de résilience plus robustes.
Dans ce contexte, la coopération avec les États-Unis s’inscrit dans une stratégie de diversification des partenariats internationaux. Outre le volet militaire, les deux pays collaborent déjà dans le domaine sanitaire, avec un accord de 121 millions de dollars pour le renforcement du système de santé, ainsi que dans des projets économiques majeurs tels que le corridor de Lobito et la modernisation des infrastructures.
Selon les responsables américains, l’Angola devient le troisième pays partenaire du programme de coopération de la Garde nationale de l’Ohio, après la Hongrie et la Serbie, confirmant l’élargissement progressif de cette initiative vers des domaines civils et institutionnels.
Cette signature intervient enfin en marge de la conférence des chefs d’état-major et responsables de la défense de l’AFRICOM, organisée à Luanda les 30 juin et 1er juillet, réunissant près de 300 participants.

