Législatives 2026- Amina Bouayach : « L’usage de la religion dans la campagne constitue un risque réel »
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, dresse les premières observations de l’institution sur les élections législatives du 23 septembre. Elle évoque un scrutin globalement normal, tout en signalant deux incidents à Tanger, l’usage de la religion dans la campagne et la faible participation, qu’elle considère comme un signal important pour les prochaines autorités publiques.
Mounia Kabiri Kettani
Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).
Au lendemain du scrutin législatif, Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), revient sur les principales observations de l’institution concernant le déroulement des élections. Selon elle, le vote s’est déroulé « de manière normale » dans l’ensemble du pays, avec toutefois quelques incidents isolés.
Deux incidents à Tanger font l’objet d’une enquête
La présidente du CNDH cite notamment deux bureaux de vote à Tanger, où des faits susceptibles de porter atteinte à l’intégrité et à la transparence du scrutin ont été relevés. Une enquête a été ouverte et l’une des personnes soupçonnées dans ces affaires a été interpellée, selon Amina Bouayach. La commission du CNDH présente à Tanger a également tenu une séance d’écoute avec les présidents et les membres des deux bureaux concernés afin de comprendre les circonstances et les conditions dans lesquelles ces faits se sont produits.
Le Conseil doit, selon elle, transmettre son rapport au parquet afin de contribuer aux procédures d’enquête. Amina Bouayach insiste par ailleurs sur l’importance de publier les résultats de ces investigations et de préciser les éventuelles mesures judiciaires prises afin de préserver la transparence du processus électoral.
Ces incidents restent, selon la présidente du CNDH, isolés au regard de l’ensemble des bureaux de vote. Le ministère de l’Intérieur a lui aussi indiqué que, hormis quelques cas très isolés concernant un nombre limité de bureaux, le scrutin s’était déroulé dans des conditions normales à l’échelle nationale.
Des pratiques pointées du doigt
Amina Bouayach revient également sur plusieurs éléments observés durant la campagne électorale. Elle évoque notamment « des récits divergents » portés par les partis de l’ancienne majorité, qui ont suscité différentes interrogations dans le débat public, tout en permettant, selon elle, aux citoyens de prendre connaissance de plusieurs décisions et mesures concernant leurs revendications et leurs besoins.
La présidente du CNDH pointe surtout l’utilisation de la religion, des symboles religieux et de lieux de culte par un parti politique à des fins électorales. Selon elle, cette pratique a contribué à installer une forme de polarisation entre des électeurs présentés comme favorables à un parti au nom de sa représentation de l’islam et d’autres formations considérées comme ne représentant pas cette référence.
Pour le CNDH, cette polarisation constitue un risque à la fois pour les principes de la Constitution et pour les équilibres sociaux et culturels de la société marocaine.
Autre constat avancé par Amina Bouayach : les mécanismes prévus par la loi organique pour encourager la candidature des jeunes de moins de 35 ans sur des listes indépendantes n’auraient pas été suffisamment mobilisés.
La présidente du CNDH relève néanmoins la présence de jeunes candidats sur plusieurs listes locales et régionales, signe, selon elle, d’une participation de la jeunesse au processus électoral malgré la faible utilisation de ces mécanismes spécifiques.
La participation, « un signal important »
La participation électorale constitue enfin l’un des principaux points soulevés par Amina Bouayach. Elle considère le niveau de participation comme « un signal important » pour les prochaines autorités législatives et exécutives.
Pour la présidente du CNDH, ce résultat doit être pris en compte dans la manière dont les futures institutions géreront les questions de société, élaboreront les politiques publiques et répondront aux attentes des citoyens. Le taux de participation national annoncé par le ministère de l’Intérieur s’est établi à 38,02% pour ces élections législatives.
Ce niveau de participation intervient dans un scrutin qui comptait 15.801.162 électeurs inscrits et pour lequel 7.288 candidatures avaient été enregistrées. Les déclarations d’Amina Bouayach interviennent dans le cadre d’un dispositif d’observation important. La commission spéciale d’accréditation présidée par la responsable du CNDH avait retenu 3.006 observateurs, dont 783 relevant du CNDH, 2.023 issus d’associations marocaines et environ 200 observateurs internationaux. Ces derniers représentaient différentes régions du monde et ont été déployés dans les douze régions du Royaume.
Deux incidents à Tanger font l’objet d’une enquête
La présidente du CNDH cite notamment deux bureaux de vote à Tanger, où des faits susceptibles de porter atteinte à l’intégrité et à la transparence du scrutin ont été relevés. Une enquête a été ouverte et l’une des personnes soupçonnées dans ces affaires a été interpellée, selon Amina Bouayach. La commission du CNDH présente à Tanger a également tenu une séance d’écoute avec les présidents et les membres des deux bureaux concernés afin de comprendre les circonstances et les conditions dans lesquelles ces faits se sont produits.
Le Conseil doit, selon elle, transmettre son rapport au parquet afin de contribuer aux procédures d’enquête. Amina Bouayach insiste par ailleurs sur l’importance de publier les résultats de ces investigations et de préciser les éventuelles mesures judiciaires prises afin de préserver la transparence du processus électoral.
Ces incidents restent, selon la présidente du CNDH, isolés au regard de l’ensemble des bureaux de vote. Le ministère de l’Intérieur a lui aussi indiqué que, hormis quelques cas très isolés concernant un nombre limité de bureaux, le scrutin s’était déroulé dans des conditions normales à l’échelle nationale.
Des pratiques pointées du doigt
Amina Bouayach revient également sur plusieurs éléments observés durant la campagne électorale. Elle évoque notamment « des récits divergents » portés par les partis de l’ancienne majorité, qui ont suscité différentes interrogations dans le débat public, tout en permettant, selon elle, aux citoyens de prendre connaissance de plusieurs décisions et mesures concernant leurs revendications et leurs besoins.
La présidente du CNDH pointe surtout l’utilisation de la religion, des symboles religieux et de lieux de culte par un parti politique à des fins électorales. Selon elle, cette pratique a contribué à installer une forme de polarisation entre des électeurs présentés comme favorables à un parti au nom de sa représentation de l’islam et d’autres formations considérées comme ne représentant pas cette référence.
Pour le CNDH, cette polarisation constitue un risque à la fois pour les principes de la Constitution et pour les équilibres sociaux et culturels de la société marocaine.
Autre constat avancé par Amina Bouayach : les mécanismes prévus par la loi organique pour encourager la candidature des jeunes de moins de 35 ans sur des listes indépendantes n’auraient pas été suffisamment mobilisés.
La présidente du CNDH relève néanmoins la présence de jeunes candidats sur plusieurs listes locales et régionales, signe, selon elle, d’une participation de la jeunesse au processus électoral malgré la faible utilisation de ces mécanismes spécifiques.
La participation, « un signal important »
La participation électorale constitue enfin l’un des principaux points soulevés par Amina Bouayach. Elle considère le niveau de participation comme « un signal important » pour les prochaines autorités législatives et exécutives.
Pour la présidente du CNDH, ce résultat doit être pris en compte dans la manière dont les futures institutions géreront les questions de société, élaboreront les politiques publiques et répondront aux attentes des citoyens. Le taux de participation national annoncé par le ministère de l’Intérieur s’est établi à 38,02% pour ces élections législatives.
Ce niveau de participation intervient dans un scrutin qui comptait 15.801.162 électeurs inscrits et pour lequel 7.288 candidatures avaient été enregistrées. Les déclarations d’Amina Bouayach interviennent dans le cadre d’un dispositif d’observation important. La commission spéciale d’accréditation présidée par la responsable du CNDH avait retenu 3.006 observateurs, dont 783 relevant du CNDH, 2.023 issus d’associations marocaines et environ 200 observateurs internationaux. Ces derniers représentaient différentes régions du monde et ont été déployés dans les douze régions du Royaume.
