Cinema
Tétouan fait son cinéma : la Méditerranée en dix regards

Pour cette nouvelle édition, le festival invite à parcourir une Méditerranée multiple, traversée par les histoires intimes, les fractures politiques, les souvenirs, les exils et les transformations de nos sociétés. Entre œuvres contemporaines et regards portés sur le passé, la programmation privilégie des films capables de raconter le monde tout en laissant une place à la sensibilité et à l’émotion.
Dix films pour raconter une Méditerranée plurielle
La compétition officielle réunira dix longs métrages venus du Maroc, d’Espagne, d’Italie, du Portugal, de Turquie, de Tunisie, de France et de Palestine, auxquels s’ajoutent plusieurs coproductions internationales.
Le cinéma marocain sera notamment représenté par Mira de Nour Eddine Lakhmari, coproduction entre le Maroc et l’Arabie saoudite, ainsi que par Cinq regards de Karim Debbagh, réalisé avec la France.
La sélection fera également voyager le public à travers plusieurs univers cinématographiques avec Sale Sucia de Bàrbara Mestanza et Marc Pujolar, Dieu ne vous aidera pas de Hana Jušić, Ô mon cœur de Margherita Spampinato et La providence et la guitare de João Nicolau.
La compétition accueillera également Qui est encore en vie de Nicolas Wadimoff, Exile de Mehdi Hmili, Barrage de Yeşim Ustaoğlu et Jasmin Selen Heinz, ainsi que Les Survivants du Che de Christophe Dimitri Réveille.
À travers ces dix œuvres, le festival dessine une cartographie sensible de la Méditerranée. L’enfance, l’exil, la mémoire, les déplacements de populations, les héritages politiques et les rapports entre l’individu et la société deviennent autant de portes d’entrée vers des histoires singulières.
Six coups de cœur pour prolonger le voyage
En marge de la compétition, six films viendront enrichir cette traversée cinématographique. Le festival présentera Sorda d’Eva Libertad García, Palestine 36 d’Annemarie Jacir, My Father’s Scent de Mohamed Siam, Miss Mermaid de Pauline Brunner et Marion Verlé, Kanto d’Ensar Altay et Notre Salut d’Emmanuel Marre.

Réunis sous la bannière des coups de cœur, ces films témoignent de la volonté du festival de défendre des écritures singulières et des œuvres capables de déplacer les regards.
Quand le cinéma descend dans la rue
À Tétouan, le cinéma ne se limite pas aux salles obscures. Cette année encore, le festival investira le Feddan pour proposer des projections gratuites en plein air.
Dans cet espace emblématique de la ville, le public pourra redécouvrir trois œuvres du cinéma marocain : Le Mirage d’Ahmed Bouanani, Une porte sur le ciel de Farida Belyazid et Number One de Zakia Tahiri.
Une manière de faire sortir le cinéma de son écrin habituel et de le rendre accessible à un public plus large, tout en transformant le Feddan en lieu de rencontre et de partage.
Les enfants prennent place au premier rang
La transmission occupe également une place importante dans cette 31e édition. En coordination avec la Direction de l’Éducation Nationale, le festival proposera aux plus jeunes une sélection de films d’animation au cinéma Espagnol.
La Vie de château, mon enfance à Versailles de Clémence Madeleine Perdrillat et Nathaniel H’Limi, Le Secret des mésanges d’Antoine Lanciaux et Minuscule : La Vallée des fourmis perdues d’Hélène Giraud et Thomas Szabo inviteront les jeunes spectateurs à découvrir le cinéma à travers des univers où l’imaginaire, l’aventure et la poésie occupent une place centrale.
Le cinéma au-delà des murs
Le festival poursuivra également son travail auprès de publics éloignés des lieux traditionnels de culture. Une initiative sera organisée à la prison civile de Tétouan autour d’une projection et d’un atelier d’expression artistique destiné aux détenues.
L’atelier sera animé par Fatna El Bouih, avec la participation de Mohamed Berrada, membre de l’équipe du festival. Cette démarche prolonge la volonté de faire du cinéma un espace de dialogue, d’expression et de rencontre.
Une semaine pour faire vibrer la Méditerranée
À travers ses différentes propositions, la 31e édition du Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan affirme une nouvelle fois sa vocation : faire du cinéma un langage commun entre les cultures et les générations.
Pendant une semaine, Tétouan accueillera ainsi des histoires venues d’horizons différents, des regards qui se répondent et des œuvres qui interrogent notre époque. Dans les salles comme sous les étoiles du Feddan, le cinéma méditerranéen prendra le temps de raconter ses blessures, ses espoirs et ses métamorphoses.
