Where the Sun Lies : Mounir Ayache imagine les futurs possibles du Maghreb
À Marrakech, Mounir Ayache transforme le patrimoine, la mémoire et les technologies contemporaines en matériaux pour penser autrement le futur. Avec Where the Sun Lies, sa première exposition personnelle à la MCC Gallery, l’artiste franco marocain imagine une science fiction ancrée dans les paysages et les imaginaires du Maghreb.
Kawtar Firdaous
Mounia Ayache expose Where the Sun Lies à partir du 16 octobre 2026 à la MCC Gallery à Marrakech .
À partir du 16 octobre 2026, la MCC Gallery à Marrakech ouvre sa nouvelle saison avec Where the Sun Lies, une exposition dans laquelle Mounir Ayache explore les liens entre mémoire, patrimoine, technologie et anticipation. Sculptures, images, artefacts, lumière et dispositifs numériques composent un univers où les frontières entre passé, présent et futur deviennent volontairement incertaines.
L’exposition part d’une question simple et vertigineuse : et si le futur pouvait s’écrire depuis le Maghreb ?
Pour y répondre, l’artiste construit un récit spéculatif dans lequel le patrimoine n’est plus considéré comme une trace figée du passé, mais comme une matière vivante, capable de produire de nouvelles formes et de nouveaux récits. La mémoire devient ainsi un territoire d’expérimentation.
Une science fiction depuis le Maghreb
Le récit imaginé par Mounir Ayache commence par une anomalie. Un vaisseau venu d’un futur hypothétique traverse une faille temporelle et apparaît dans notre présent. Son voyage suit une trajectoire symbolique, de l’Est, associé à la naissance de la lumière, jusqu’à une plage située à l’Ouest, là où le soleil disparaît à l’horizon.
Cette fiction permet à l’artiste de remettre en question notre perception linéaire du temps. Que se produit il lorsque les technologies les plus avancées rencontrent des formes héritées de plusieurs siècles d’histoire ? Où se situe désormais la frontière entre tradition et innovation, entre nature et machine, entre patrimoine et invention ?
Le vaisseau devient alors le symbole de cette rencontre. Futuriste dans sa conception, il est pourtant traversé de motifs et de formes qui semblent appartenir à une mémoire ancienne. Il ne représente pas un avenir venu d’ailleurs. Il matérialise au contraire la possibilité d’un futur qui aurait pu naître au cœur même du territoire.
Cette inversion constitue l’un des enjeux majeurs de la pratique de Mounir Ayache. La science fiction devient un outil critique permettant de déplacer les récits dominants et d’interroger ceux qui ont longtemps eu le pouvoir de représenter le futur.
Une question traverse ainsi l’exposition : sommes nous capables d’imaginer notre propre ligne temporelle ou continuons nous à habiter les futurs imaginés par les autres ?
Quand l’arabesque devient langage numérique
Chez Mounir Ayache, la technologie ne constitue jamais un simple effet visuel. Elle participe pleinement à l’écriture de l’œuvre.
Impression 3D, résine, fraisage numérique, données topographiques, images digitales et travail de la lumière sont mobilisés pour faire dialoguer des fragments du réel avec des formes issues de l’anticipation. Des scans de sites patrimoniaux peuvent ainsi être intégrés à de nouvelles géométries, tandis que des motifs anciens sont transformés par les outils numériques.
L’arabesque change alors de fonction. Elle n’est plus seulement un motif décoratif hérité de l’histoire. Elle devient structure, système et langage.
Ce déplacement permet à l’artiste de dépasser deux conceptions opposées. D’un côté, un patrimoine réduit à sa conservation et condamné à rester identique à lui même. De l’autre, une technologie pensée comme une rupture nécessaire avec le passé.
Dans Where the Sun Lies, ces deux dimensions se rencontrent. La technologie prolonge la mémoire tandis que la mémoire nourrit l’invention.
Le patrimoine cesse alors d’être uniquement ce que l’on reçoit. Il devient ce que l’on peut transformer.
Une mémoire en mouvement
Cette relation au patrimoine traverse l’ensemble de l’exposition. Les formes héritées ne sont jamais reproduites dans une logique nostalgique. Elles sont déplacées, recomposées et projetées dans d’autres temporalités.
La lumière joue ici un rôle central. Elle éclaire les formes, révèle les volumes et accompagne symboliquement le déplacement du soleil d’Est en Ouest. Mais elle devient aussi une métaphore du regard. Regarder autrement le territoire, c’est aussi reconsidérer les histoires que l’on choisit de conserver, de transmettre et de réinventer.
À travers cette approche, Mounir Ayache propose une conception active de la mémoire. Le passé n’est plus un espace clos. Il devient une réserve de possibilités.
Mounir Ayache, réinventer les images du futur
Né à Bordeaux en 1991 et installé à Marseille, Mounir Ayache développe une pratique située à la rencontre de l’art et des technologies contemporaines. Son travail s’intéresse notamment aux réalités politiques, sociales et culturelles de l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Ouest et de la région MENA.
L’artiste interroge les représentations de l’Autre et de l’Étranger produites par les imaginaires occidentaux. Les technologies émergentes deviennent dans son travail autant des outils de fabrication que des instruments de narration. Elles lui permettent de créer de nouvelles images et de brouiller les frontières entre art contemporain, culture populaire et divertissement.
Son travail a été présenté notamment à Manifesta 13, à la Villa Médicis, à l’Institut du monde arabe, au Jeu de Paume et au Musée d’Art Contemporain de Lyon. Il développe également une activité de recherche et de transmission à travers des conférences et des ateliers en France et à l’international.
Avec Where the Sun Lies, l’artiste ne cherche pas à prédire le futur. Il cherche plutôt à réouvrir la possibilité de l’imaginer.
Depuis Marrakech, le futur devient ainsi un territoire à reconquérir. Le patrimoine n’est plus une image arrêtée derrière nous, mais un langage en mouvement, capable de se transformer, de produire de nouveaux récits et d’ouvrir d’autres horizons.
À travers la lumière, la technologie et les formes de la mémoire, Mounir Ayache pose finalement une question essentielle : qui a le pouvoir d’imaginer le futur, et depuis quel territoire peut il être raconté ?
L’exposition part d’une question simple et vertigineuse : et si le futur pouvait s’écrire depuis le Maghreb ?
Pour y répondre, l’artiste construit un récit spéculatif dans lequel le patrimoine n’est plus considéré comme une trace figée du passé, mais comme une matière vivante, capable de produire de nouvelles formes et de nouveaux récits. La mémoire devient ainsi un territoire d’expérimentation.
Une science fiction depuis le Maghreb
Le récit imaginé par Mounir Ayache commence par une anomalie. Un vaisseau venu d’un futur hypothétique traverse une faille temporelle et apparaît dans notre présent. Son voyage suit une trajectoire symbolique, de l’Est, associé à la naissance de la lumière, jusqu’à une plage située à l’Ouest, là où le soleil disparaît à l’horizon.
Cette fiction permet à l’artiste de remettre en question notre perception linéaire du temps. Que se produit il lorsque les technologies les plus avancées rencontrent des formes héritées de plusieurs siècles d’histoire ? Où se situe désormais la frontière entre tradition et innovation, entre nature et machine, entre patrimoine et invention ?
Le vaisseau devient alors le symbole de cette rencontre. Futuriste dans sa conception, il est pourtant traversé de motifs et de formes qui semblent appartenir à une mémoire ancienne. Il ne représente pas un avenir venu d’ailleurs. Il matérialise au contraire la possibilité d’un futur qui aurait pu naître au cœur même du territoire.
Cette inversion constitue l’un des enjeux majeurs de la pratique de Mounir Ayache. La science fiction devient un outil critique permettant de déplacer les récits dominants et d’interroger ceux qui ont longtemps eu le pouvoir de représenter le futur.
Une question traverse ainsi l’exposition : sommes nous capables d’imaginer notre propre ligne temporelle ou continuons nous à habiter les futurs imaginés par les autres ?
Quand l’arabesque devient langage numérique
Chez Mounir Ayache, la technologie ne constitue jamais un simple effet visuel. Elle participe pleinement à l’écriture de l’œuvre.
Impression 3D, résine, fraisage numérique, données topographiques, images digitales et travail de la lumière sont mobilisés pour faire dialoguer des fragments du réel avec des formes issues de l’anticipation. Des scans de sites patrimoniaux peuvent ainsi être intégrés à de nouvelles géométries, tandis que des motifs anciens sont transformés par les outils numériques.
L’arabesque change alors de fonction. Elle n’est plus seulement un motif décoratif hérité de l’histoire. Elle devient structure, système et langage.
Ce déplacement permet à l’artiste de dépasser deux conceptions opposées. D’un côté, un patrimoine réduit à sa conservation et condamné à rester identique à lui même. De l’autre, une technologie pensée comme une rupture nécessaire avec le passé.
Dans Where the Sun Lies, ces deux dimensions se rencontrent. La technologie prolonge la mémoire tandis que la mémoire nourrit l’invention.
Le patrimoine cesse alors d’être uniquement ce que l’on reçoit. Il devient ce que l’on peut transformer.
Une mémoire en mouvement
Cette relation au patrimoine traverse l’ensemble de l’exposition. Les formes héritées ne sont jamais reproduites dans une logique nostalgique. Elles sont déplacées, recomposées et projetées dans d’autres temporalités.
La lumière joue ici un rôle central. Elle éclaire les formes, révèle les volumes et accompagne symboliquement le déplacement du soleil d’Est en Ouest. Mais elle devient aussi une métaphore du regard. Regarder autrement le territoire, c’est aussi reconsidérer les histoires que l’on choisit de conserver, de transmettre et de réinventer.
À travers cette approche, Mounir Ayache propose une conception active de la mémoire. Le passé n’est plus un espace clos. Il devient une réserve de possibilités.
Mounir Ayache, réinventer les images du futur
Né à Bordeaux en 1991 et installé à Marseille, Mounir Ayache développe une pratique située à la rencontre de l’art et des technologies contemporaines. Son travail s’intéresse notamment aux réalités politiques, sociales et culturelles de l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Ouest et de la région MENA.
L’artiste interroge les représentations de l’Autre et de l’Étranger produites par les imaginaires occidentaux. Les technologies émergentes deviennent dans son travail autant des outils de fabrication que des instruments de narration. Elles lui permettent de créer de nouvelles images et de brouiller les frontières entre art contemporain, culture populaire et divertissement.
Son travail a été présenté notamment à Manifesta 13, à la Villa Médicis, à l’Institut du monde arabe, au Jeu de Paume et au Musée d’Art Contemporain de Lyon. Il développe également une activité de recherche et de transmission à travers des conférences et des ateliers en France et à l’international.
Avec Where the Sun Lies, l’artiste ne cherche pas à prédire le futur. Il cherche plutôt à réouvrir la possibilité de l’imaginer.
Depuis Marrakech, le futur devient ainsi un territoire à reconquérir. Le patrimoine n’est plus une image arrêtée derrière nous, mais un langage en mouvement, capable de se transformer, de produire de nouveaux récits et d’ouvrir d’autres horizons.
À travers la lumière, la technologie et les formes de la mémoire, Mounir Ayache pose finalement une question essentielle : qui a le pouvoir d’imaginer le futur, et depuis quel territoire peut il être raconté ?
