Ramakech, l’art grandeur nature au cœur de la Palmeraie

Sur près de cinq hectares, les œuvres apparaissent au fil d’un parcours ponctué de constructions insolites, de sculptures monumentales, d’animaux géants et de jardins imaginaires. Certaines se découvrent de loin, d’autres invitent à franchir leur seuil. Le visiteur est ainsi amené à entrer dans les œuvres, à les traverser et à les expérimenter physiquement.
Ramakech ne se visite donc pas comme un musée à ciel ouvert. Le parcours devient une expérience en soi, où la nature accompagne chaque découverte et où l’étonnement surgit au détour d’un chemin.
L’enfance comme territoire artistique
Né à Paris en 1964 et diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris, Jean François Fourtou vit et travaille à Marrakech depuis 1999. Son œuvre est profondément liée à la mémoire, aux souvenirs d’enfance et aux histoires familiales.

Depuis les années 1990, l’artiste construit un univers dans lequel les repères ordinaires sont volontairement déplacés. Les maisons deviennent trop grandes ou trop petites, les objets changent de dimension et les animaux prennent des proportions inattendues.
« J’avais l’impression que tout était géant ! Mon inspiration vient de l’enfance et mes installations invitent à ressentir des perceptions oubliées, mais communes », explique l’artiste.
Cette fascination pour l’enfance traverse son travail comme une manière de retrouver un regard débarrassé des habitudes. Le monde redevient alors plus vaste, plus étrange et plus mystérieux.
Entrer dans l’œuvre
À Ramakech, le spectateur n’est jamais complètement extérieur à ce qu’il regarde. L’expérience repose sur une relation directe avec les installations.
Au fil de la promenade se découvrent notamment La Maison tombée du ciel, Bistrot parisien, la Fourmilière géante et La Maison de Géant, mais aussi des sculptures animalières et les personnages hybrides de Ramakech Nanitos et Minitos.

Chaque œuvre semble appartenir à un récit plus vaste. Une maison peut évoquer un souvenir, une architecture semble surgir d’un rêve et un animal monumental transforme soudain le paysage familier.
Le jeu sur les proportions constitue l’un des principaux ressorts de l’artiste. En modifiant l’échelle des choses, Jean François Fourtou modifie également la position du visiteur. Ce qui semblait familier devient étrange. Ce qui paraissait ordinaire retrouve une dimension presque magique.
La Palmeraie comme écrin
La nature occupe une place essentielle dans cette expérience. Les œuvres ne sont pas isolées les unes des autres. Elles s’inscrivent dans un paysage vivant, entre palmiers, jardins et chemins, et apparaissent progressivement au cours de la promenade.

Cette relation entre art et nature invite à ralentir. Le parcours laisse le temps de regarder, de s’étonner et de découvrir les installations selon son propre rythme.
Ramakech s’adresse ainsi à un public large. Amateurs d’art contemporain, familles, visiteurs de passage ou simples curieux peuvent y trouver une expérience différente de celle proposée par les circuits culturels traditionnels de Marrakech.
Vingt années pour créer un monde
Ramakech est né d’une histoire longue de vingt ans. Au fil des années, Jean François Fourtou a développé sur le site de son atelier un ensemble d’installations inspirées par ses souvenirs, son imaginaire et son rapport aux espaces domestiques.
Après avoir vécu à Madrid et à New York, l’artiste s’est installé à Marrakech en 1999. La ville et son environnement sont depuis devenus un cadre essentiel de sa pratique.
Ses créations jouent avec les dimensions, les perceptions et la mémoire. Mais derrière l’humour et l’étrangeté de ses installations se dessine une réflexion plus intime sur notre manière d’habiter le monde et de regarder ce qui nous entoure.
Avec Ramakech, cet univers personnel s’ouvre désormais au public. Le parc devient à la fois un lieu d’exposition, un paysage artistique et une expérience immersive.
Une autre façon de découvrir Marrakech
À l’écart des itinéraires habituels, Ramakech propose une autre lecture de la ville. Ici, la découverte passe par la marche, la sensation et l’imaginaire.
Le visiteur avance dans un monde où les proportions ne sont plus celles du quotidien, où une maison peut sembler sortie d’un conte et où un animal géant peut surgir au milieu des palmiers.
Plus qu’un parc de sculptures, Ramakech est une invitation à retrouver un regard d’enfant. Celui qui accepte de croire, le temps d’une promenade, que le monde peut encore être beaucoup plus grand qu’il n’y paraît.
Ramakech en pratique
Ouvert au public depuis 2024, Ramakech s’étend sur près de cinq hectares dans la Palmeraie de Marrakech. Le parc rassemble vingt années d’installations de Jean François Fourtou.
La visite dure en moyenne une heure et se fait sur réservation en ligne. Ramakech est ouvert du mercredi au dimanche, de 10h à 17h, avec un dernier accès à 15h30.
